Longtemps reléguée aux marges du débat public ou étouffée par les représentations stéréotypées, la santé mentale des adolescents et des jeunes s’impose aujourd’hui comme un enjeu de santé publique majeur et une priorité sociétale absolue. En milieu scolaire, l’exacerbation de la pression académique, l’angoisse de l’échec, la prolifération des addictions aux substances psychoactives et la résurgence dramatique des conduites suicidaires révèlent la profondeur des vulnérabilités psychiques des 12-25 ans. C’est pour apporter une réponse structurée et transversale à cette crise silencieuse que le Lions Club District 403B1, en partenariat stratégique avec la structure ÔKWA et Special Olympics Cameroon, a réuni un colloque pluridisciplinaire d’envergure. Cette initiative ambitionne d’opérer un glissement paradigmatique fondamental : passer d’une logique de gestion de crise, réactive et curative, à une véritable culture territoriale de la prévention et de l’accompagnement précoce.
Dans le cadre des travaux récents à Douala, le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, M. Mounouna Foutsou, a révélé des résultats probants du Programme Youth Connekt Cameroon, notamment la création de 1 043 emplois directs et de 2 500 emplois indirects. Cette présentation a marqué un tournant dans la promotion de l’employabilité des jeunes Camerounais, illustrant ainsi l’impact positif de cette initiative sur la jeunesse du pays.

Déconstruire le tabou pour bâtir une culture de la prévention
Les travaux du colloque ont souligné l’urgence d’intervenir en amont des ruptures psychologiques. L’objectif cardinal réside dans la détection précoce des signaux faibles de détresse psychique, en renforçant les capacités d’écoute, de repérage et d’orientation des corps enseignants, des familles et des acteurs sociaux. En déstigmatisant les troubles mentaux et en décryptant les facteurs de risque psychosociaux qui fragilisent le parcours scolaire, les participants ont jeté les bases d’une pédagogie du bien-être. Dans cette équation complexe, la pratique sportive — portée notamment par l’expertise de Special Olympics Cameroon — a été consacrée comme un levier thérapeutique et inclusif d’exception, capable de restaurer l’estime de soi, de canaliser l’anxiété et de favoriser la résilience émotionnelle des élèves.

Une coalition médicale, académique et institutionnelle de haut vol
Pour nourrir cette réflexion prospective, le colloque s’est appuyé sur un aéropage d’experts de premier plan. La grille d’analyse psychiatrique et clinique a été portée par le Professeur Félicien Ntone, Président du Conseil d’Administration de l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Douala (HGOPED), et le Dr Christian Eyoum, fondateur du centre « La Maison du Psy », aux côtés d’Amélie Mbah, psychologue clinicienne, psychopathologue et psychothérapeute EMDR. L’expertise sur le fléau des drogues a été étayée par l’infirmier addictologue Félix Mbebi, tandis que la prise en charge des urgences sanitaires a bénéficié des apports du Dr Jean-Marie Tuete, urgentiste et entrepreneur de santé. Enfin, la dimension d’inclusion territoriale et citoyenne a été incarnée par Olivier Priso Lobe, Maire de Njombé-Penja et administrateur de Special Olympics Cameroon. En fédérant cliniciens, décideurs publics, pédagogues et société civile, ce colloque pose les jalons d’un réseau de protection durable, sanctuarisant la santé mentale comme une responsabilité collective inaliénable.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

