Une étude récente révèle l’étendue des risques climatiques qui pèsent sur la ville de Douala, mettant en évidence une vulnérabilité accrue face aux inondations et aux glissements de terrain. Les résultats, alarmants, soulignent l’urgence d’une action concertée pour intégrer la gestion des risques dans la planification urbaine et garantir un développement durable.
L’analyse révèle que les communes de Douala 4ème et Douala 2ème sont particulièrement exposées aux inondations, avec des proportions de risques atteignant respectivement 81% et 80%. Ces chiffres témoignent de l’ampleur du défi à relever pour protéger les populations et les infrastructures de ces zones.

L’étude révèle également que près de 186 530 bâtiments sont menacés par les inondations à travers la ville, répartis comme suit : Douala 1 (17 500 bâtiments), Douala 2ème (17 254 bâtiments), Douala 3ème (65 797 bâtiments), Douala 4ème (42 322 bâtiments), Douala 5ème (42 471 bâtiments) et Douala 6ème (1 731 bâtiments). Ces chiffres soulignent l’importance d’une approche globale et coordonnée pour faire face aux risques d’inondation à l’échelle de la ville.


Glissements de terrain : une menace localisée mais significative
En ce qui concerne les glissements de terrain, l’étude révèle que sur les 975 km² que couvre la ville de Douala, près de 35,9 km² sont exposés à ce type de risque, soit 3,7% de la superficie totale. Les zones les plus concernées sont Logbessou 1 et 2, PK13, 14, 15 et 16, Kolbong, Nyalla, Massoumbou-carrefour, Ndogbong, Kotto, Lendi, Bonanmoung, Bonawonda, etc.
Bien que la superficie concernée par les glissements de terrain soit moins étendue que celle menacée par les inondations, l’impact sur les populations et les infrastructures peut être dévastateur. L’étude indique que près de 4 573 bâtiments sont exposés aux risques de glissements dans les communes d’arrondissement de Douala 1er (278 bâtiments), Douala 3ème (2 133 bâtiments), Douala 4ème (79 bâtiments) et Douala 5ème (2 037 bâtiments).

Risques mixtes : une menace combinée
L’étude a également identifié des zones à risques mixtes, où les glissements de terrain et les inondations se conjuguent pour accroître la vulnérabilité des populations. Sur une superficie totale de 975 km², les zones à risques mixtes occupent 0,71 km², soit 0,14% de la surface à risque dans la ville. Bien que la superficie soit relativement faible, l’impact combiné des deux types de risques justifie une attention particulière.


Recommandations : agir pour un avenir plus sûr
Face à ces constats alarmants, l’étude formule des recommandations claires et précises pour réduire les risques climatiques et promouvoir un développement urbain durable à Douala.
• Intégration de la gestion des risques dans les politiques d’aménagement urbain : Il est impératif d’intégrer systématiquement la gestion des risques d’inondation et de glissement de terrain dans les politiques d’aménagement urbain, en tenant compte des données géospatiales et des projections climatiques.
• Mise en place d’un système d’alerte précoce : La mise en place d’un système d’alerte précoce performant est essentielle pour informer les populations à temps et permettre l’évacuation des zones menacées.
• Renforcement des infrastructures de drainage : L’amélioration et le renforcement des infrastructures de drainage sont indispensables pour réduire les risques d’inondation.
• Sensibilisation des populations : Il est crucial de sensibiliser les populations aux risques climatiques et de promouvoir une occupation responsable des sols.
• Politiques d’urbanisation strictes : La mise en œuvre de politiques d’urbanisation strictes, interdisant la construction dans les zones à risques, est une mesure essentielle pour prévenir les catastrophes.
L’étude souligne également la nécessité d’une prise en compte générale des changements climatiques dans tous les secteurs de développement (eau, énergie, transport, santé, agriculture, élevage, etc.). Le défi, selon les auteurs de l’étude, réside dans l’anticipation des risques et aléas climatiques (inondations et glissements de terrain).


une action urgente et coordonnée est nécessaire
Les résultats de cette étude sonnent comme un avertissement. Face aux risques climatiques qui menacent la ville de Douala, une action urgente et coordonnée est indispensable. En intégrant la gestion des risques dans la planification urbaine, en renforçant les infrastructures, en sensibilisant les populations et en mettant en place des politiques d’urbanisation strictes, il est possible de réduire la vulnérabilité de la ville et de garantir un développement durable pour les générations futures. L’avenir de Douala dépend de la capacité de tous les acteurs à se mobiliser et à agir ensemble pour faire face à ce défi majeur.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique universelle

