En consacrant la clôture solennelle de la 24ᵉ édition de la campagne « Vacances sans SIDA », ce mardi 1ᵉʳ septembre 2026 dans la salle polyvalente des Services du gouverneur du Littoral, les autorités sanitaires et administratives ont dressé un état des lieux à la fois encourageant et lucide de la réponse régionale aux défis épidémiologiques.
Organisée du 22 juillet au 1ᵉʳ septembre sous le thème explicite « Vacances responsables, jeunesse sans SIDA », cette opération de sensibilisation de grande ampleur a irrigué les quatre départements de la région. Présidée en présence du délégué régional du Minsanté, Charles Yopndoï, de la représentante du gouverneur, Françoise Bayiha, et de la coordonnatrice du Groupe technique régional de lutte contre le Sida (GTR-Sida), Dr Nicole Ntamack Yongui, la cérémonie a mis en lumière l’efficacité de la prévention de proximité tout en révélant les fragilités persistantes chez les jeunes.

Une approche intégrée et une performance de dépistage renforcée
Grâce au déploiement stratégique de 145 pairs éducateurs — enregistrant un taux de réalisation de 300 % par rapport aux objectifs initiaux de recrutement —, la campagne a permis d’accompagner directement près de 260 000 jeunes de la tranche prioritaire des 15-24 ans, tout en impactant plus de 10 millions de personnes via les relais médiatiques et numériques. L’innovation majeure de ce millésime 2026 a résidé dans la prise en charge holistique de la santé communautaire, associant au dépistage du VIH la recherche active de la tuberculose (1 649 personnes screenées pour 57 cas positifs), du paludisme (22 cas détectés) et, pour la première fois dans le Littoral, du mpox.
Sur le plan de l’infection à VIH, la campagne a révélé 67 tests positifs, dont 16 cas déjà enregistrés et 51 nouvelles infections. L’ensemble de ces 51 nouveaux patients a bénéficié d’une mise sous traitement antirétroviral immédiate, atteignant un taux de prise en charge de 100 % garanti par la gratuité des protocoles dans la région. Ce bilan s’inscrit dans une trajectoire baissière globale : selon les données CAMPHIA, le taux de séroprévalence régionale est passé de 3,3 % en 2017 à 2,2 % en 2025, pour une file active de plus de 72 800 personnes vivant avec le VIH actuellement sous traitement.


Vulnérabilité féminine et impératif d’innovation citoyenne
Toutefois, le décryptage des données statistiques met en exergue une asymétrie de genre préoccupante : sur les 51 nouvelles contaminations, 30 concernent des jeunes filles contre 21 garçons, confirmant que les adolescentes de cette tranche d’âge demeurent deux à trois fois plus exposées au risque d’infection. Cette vulnérabilité structurelle interpelle la puissance publique sur la nécessité d’adapter les leviers de protection, alors même que la distribution massive de préservatifs (plus de 56 000 unités et 8 000 lubrifiants, en hausse de 65 % par rapport à 2025) se heurte encore à une faible adoption du préservatif féminin.
Saluant la résilience et la mobilisation sans faille de ces pairs éducateurs — intervenus sous la pluie comme sous le soleil —, Françoise Bayiha a magnifié une jeunesse actrice de son destin, mettant notamment en exergue les innovations technologiques émergentes telles que la création d’applications numériques dédiées par certains jeunes. En remettant des attestations d’engagement aux 145 pairs éducateurs, la région du Littoral réaffirme que la responsabilisation des générations futures demeure le pilier fondamental de l’éradication des grandes endémies.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

