Nous sommes à un jour historique. Dans l’histoire politique de notre pays, où il a été posé la question au peuple tchadien sur une constitution qui va soit consacrée à travers son vote « Oui » la forme unitaire de l’État, à travers son rejet par le vote « Non ». Ça va consacrer un État fédéral au Tchad.
Nous sommes donc le cadre national de concertation des partis politiques, je voudrais particulièrement m’adresser à mes collègues chefs de parti. Et à toutes les parties prenantes à ce scrutin référendaire, que la campagne a pris fin il y a 24 heures, aujourd’hui marque donc le jour du vote. J’en appelle à prise de conscience de chacun et de chacune de tous ceux qui se sont engagés, parce qu’après ce référendum, le Tchad restera toujours le Tchad. Que ça soit l’État unitaire, que ça soit la fédération, le Tchad restera dans ces 1 284 000 Km². Donc il ne faut pas qu’on se laisse emporter. Mais ayons la tête lucide et continuons à nous donner les mains à travailler à nous concerter pour que la paix définitive puisse revenir dans notre nation, pour son développement.
Vous savez que le Tchad a connu un grand retard dans le développement, dans son vivre ensemble, dans son unité nationale. Donc j’exhorte chacun à prendre conscience, bannir la guerre, bannir le rejet des uns et des autres, mais travaillons main dans la main en tant que tchadien. Quel que soit la forme de l’État qui va l’emporter, pour que notre pays amorce enfin son développement et que dieu bénisse notre nation.
Que reprochez-vous a ce texte qui est censé être la continuité de constitution…???
Je ne reproche absolument rien à cette constitution-là, pour être honnête. Mais le choix que j’ai opéré en tant que dirigeant du parti » un nouveau jour » est un choix de principe parce que lorsque nous participions au dialogue national inclusif, mon parti s’est affirmé pour la fédérale du Tchad. Donc lorsque le moment est arrivé pour ce référendum-là, nous sommes restés logique tout simplement dans notre choix. Pourquoi ce choix…? Parce-que nous estimons que le Tchad après plusieurs de soixante ans d’indépendance est resté tel qu’il est. Il y’a toujours eu la guerre dans notre pays et lorsque vous regardez cette guerre-là, c’est une guerre de leadership, parce qu’il n’y a pas de partage de pouvoir. Lorsqu’un régime arrive à la tête du pays, que ça soit par un coup d’état, que ça soit par élections, celui qui arrive à la tête concentre tous les pouvoirs. Il y’a pas de partage du pouvoir entre les administrations au niveau déconcentrés. C’est pour cela que nous estimons qu’en votant pour la fédération, il y aura une meilleure répartition des pouvoirs depuis la base jusqu’au sommet et que cela favorisera aussi la prise en main de la population pour donc s’engager dans les activités, par exemple de développement, le commerce sera beaucoup plus libéralisé et que chaque Etat se prendra en charge et cela va désengorger un tant soit peu même la fonction publique pourquoi pas…
Est-ce que dans votre posture, il y’a pas une pensée régionaliste…???
Il n’y aucune arrière-pensée régionaliste parce que aujourd’hui, la fédération n’est pas une affaire d’une région, d’une ethnie, d’une religion ou d’un groupe de partis politiques donné. Mais c’est une affaire de la population. C’est pour ça qu’on interroge la population, sur la forme qu’elle veut adopter pour son développement. Donc ce n’est pas une idée régionaliste. Aujourd’hui le parti » un nouveau jour » que je dirige existe partout au Nord, comme au Sud. Les campagnes sont en train d’être battus. Donc il y’a pas cette question-là. Mais là je voudrais préciser que je suis ici en tant que coordonnateur du CNCP.

Vous êtes allés sur le terrain, que revendiquent les tchadiens…??? Que souhaitent-ils…??? Le « Oui » ou le « Non »…???
Il y’a pas une majorité observer sur le terrain. Maintenant ce qu’on a observé sur le terrain, si c’est des partis politiques qui battent campagne, on va dire qu’il y a plusieurs partis politiques qui se sont engagés pour le « Oui ». Pourquoi, on ne le sait pas. Il y a d’autres partis qui se sont engagés pour le « Non ». Il y a aussi une grande partie de la société civile qui a battu campagne sur le terrain également pour le « Non ». Maintenant, dire que la majorité ou soit tous les tchadiens optent pour le « Oui » ou pour le « Non », ça sera prétentieux… Parce-que c’est vote. Attendons à partir de 17h, lorsque le dépouillement sera effectué, chacun se fera une idée sur le comportement ou le choix du peuple tchadien.
Sur 08 millions d’électeurs, pensez-vous qu’ils vont voter massivement…???
Aujourd’hui par exemple, le vote va être massif je le crois, parce que les tchadiens ont compris que boycotter une élection n’a jamais, jamais été une solution pour quoi que ce soit dans notre pays. Donc les tchadiens sur le terrain nous avons fait le tour beaucoup ont dit que nous allons sortir pour aller voté. Donc ce message du boycott je crois n’a pas été entendu comme il se le doit par le peuple tchadien qui est déterminé à se prononcer ou à répondre à la question qui lui a été posée.
Vous venez de voter pour le fédéralisme… Est-ce que vous pensez que le « Non » du fédéralisme l’emportera…???
Le vote étant secret, je ne peux pas présager donc de l’issue pour dire que le fédéralisme va l’emporter, ou c’est l’État unitaire qui va l’emporter. Laissons le peuple tchadien s’exprimer et le moment venu on saura quel est la tendance qui majoritaire.
Vous n’êtes optimiste président…???
Non beh… En tant que celui qui a battu campagne pour le « Non » je demeure optimiste pour mon choix… Puisque j’ai été à la rencontre du peuple tchadien. Le peuple est sorti, le peuple tchadien s’est exprimé. Donc je demeure optimiste. Mais je sais que nous sommes face à un vote. Donc a l’heure où je suis, je ne peux pas déjà dire que c’est mon Camp qui a gagné, ou c’est l’autre Camp qui a gagné. Mais le résultat officiel sera proclamer et tout monde saura qui a gagné et qui a perdu.
Georges Martial Ngalieu
