L’ÉLIXIR DU SÉRAIL : QUAND LA COMPLICITÉ À ETOUDI DÉJOUE LE MYTHE DE LA GUERRE DES CLANS.

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Une poignée de mains appuyée, des visages radieux et un éclat de rire partagé dans les dorures du Palais de l’Unité : l’image captée ce vendredi entre Ferdinand Ngoh Ngoh et Oswald Baboke a immédiatement alimenté les conversations de la chancellerie. Au-delà du faste protocolaire, ce moment de connivence affichée entre le Secrétaire Général de la Présidence et le Directeur adjoint du Cabinet civil offre une leçon de sémiotique politique. Elle rappelle que sous les frictions apparentes du pouvoir, la sociologie des terroirs conserve toute sa primauté.

L’image possède la puissance d’un manifeste. Dans l’agora feutrée d’Etoudi, voir le Ministre d’État, Secrétaire Général de la Présidence de la République (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, converser à belles dents avec le Directeur adjoint du Cabinet civil (DCCA), Oswald Baboke, relève pour certains de l’inédit. Pour la chronique politique locale, prompte à cartographier le sommet de l’État selon des lignes de fracture irréconciliables, ces deux figures maîtresses du dispositif présidentiel incarnaient jusqu’ici des pôles d’influence rivaux.

L’illusion des clivages et la réalité du sérail

La grille de lecture analytique du pouvoir camerounais s’alimente fréquemment des récits d’oppositions intestines. Dans cette prospective, Ngoh Ngoh et Baboke étaient systématiquement dépeints comme les protagonistes d’une guerre de tranchées pour le contrôle de l’accès au Chef de l’État. Or, la scénographie de ce vendredi est venue porter un coup d’arrêt à ces spéculations. En affichant une détente manifeste devant l’objectif, les deux hauts commis de l’État ont rappelé une maxime fondamentale du sérail : la complexité des relations humaines à ce niveau d’exigence transcende les schémas manichéens.

La Haute-Sanaga : matrice géopolitique et sociologique

Pour saisir la portée réelle de ce rapprochement, il convient de déplacer le regard du champ administratif vers la géographie des alliances traditionnelles. Les deux hommes partagent en effet une matrice commune : le département de la Haute-Sanaga. Cet ancrage territorial n’est pas un simple détail biographique, mais un déterminant majeur de la sociologie politique camerounaise.

Ce réseau d’interconnexions se densifie lorsqu’on examine les alliances matrimoniales et familiales qui irriguent la région. Antoine Félix Samba, ancien Directeur du Budget et figure éminente de la zone de Minta, entretient avec le Ministre d’État Ferdinand Ngoh Ngoh une fraternité de terroir quasi filiale. Or, cette même figure tutélaire n’est autre que le géniteur de Crescence Awapira, l’épouse du DCCA Oswald Baboke.

Une dialectique d’équilibre au sommet

Ainsi s’éclaire la scène du Palais de l’Unité. Derrière les postures institutionnelles et les batailles d’attribution que l’opinion publique leur prête, Ferdinand Ngoh Ngoh et Oswald Baboke sont unis par un maillage d’intérêts et de parentés qui préexiste à leurs fonctions actuelles.

Ce rire partagé au sommet de la République n’est donc pas une simple parenthèse diplomatique.

Il témoigne de la capacité des élites politiques du Cameroun à préserver les passerelles communautaires et familiales au-dessus des turbulences de la gestion quotidienne des affaires de l’État. Une démonstration de maturité politique qui rappelle que dans les arcanes du pouvoir, l’ancrage régional reste le ciment le plus solide de la stabilité.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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