Le Mercredi 25 Juin 2025, l’Hôtel Sawa de Douala a été le théâtre d’un événement crucial : l’atelier de validation d’une étude menée par l’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC) sur la spatialisation des zones à risques climatiques (inondations et glissements de terrain) dans la ville de Douala. Cette étude, réalisée en 2024, révèle une situation préoccupante et souligne l’urgence d’une action coordonnée pour protéger la population et les infrastructures de la capitale économique camerounaise.
L’atelier a rassemblé des experts, des représentants des autorités locales et des acteurs de la société civile, tous conscients des enjeux climatiques auxquels est confrontée la ville de Douala. La présentation des résultats de l’étude a suscité de vives discussions et a mis en lumière la nécessité d’une planification urbaine plus résiliente et d’une gestion des risques climatiques plus efficace.

Un contexte climatique préoccupant
Le Cameroun, à l’instar de nombreux pays africains, est de plus en plus affecté par les changements climatiques. La variabilité spatiale et temporelle des paramètres climatiques, ainsi que la recrudescence des situations extrêmes, constituent une menace sérieuse pour les populations et les secteurs de développement socio-économiques. La ville de Douala, située dans une zone côtière, est particulièrement vulnérable aux aléas climatiques, notamment les inondations et les glissements de terrain.
Face à cette réalité, l’ONACC a entrepris cette étude cruciale, avec l’appui exceptionnel du Ministère des Finances. L’objectif était d’identifier et de dimensionner les enjeux liés aux risques climatiques, afin de proposer des mesures d’adaptation et de renforcer la résilience de la ville. La géomatique, en tant que science, s’est avérée être un outil essentiel pour une approche intégrée de la gestion des risques, permettant d’identifier et de cartographier les zones à risque, ainsi que de soutenir la planification et la prise de décision.

Cartographier les risques pour mieux les anticiper
L’objectif principal de l’étude était de cartographier et d’analyser les risques climatiques, en particulier les inondations et les glissements de terrain, dans la ville de Douala. Il s’agissait de mieux comprendre leur distribution géographique, d’anticiper leurs impacts futurs et de proposer des mesures de prévention et d’adaptation pour renforcer la résilience de la ville face aux effets du changement climatique.
Pour ce faire, les experts de l’ONACC ont analysé les situations ponctuelles, en utilisant des cartes d’occupation du sol produites à partir d’images satellitaires (2017 à 2023), ainsi que des points GPS collectés sur le terrain. Cette approche a permis de dresser un tableau précis des zones les plus exposées aux risques climatiques.

Des résultats alarmants
Les résultats de l’étude sont préoccupants. Sur près de 975 km² qu’occupe la ville de Douala, environ 500 km² sont exposés aux risques de glissements de terrain et d’inondations, soit plus de 50% de la superficie de la ville.
Concernant les inondations, les résultats révèlent que près de 470,1 km² sont exposés à ce risque, soit 48,2% de la superficie totale de Douala. Les quartiers les plus touchés sont : Koumassi, Bonadoumbe, Bonadouma, Bonewanda, Congo, New Bell, Bonadiwolo, Youpwe, Bois des singes, Ancien Aéroport, Logbessous, Ngodi Bakoko, Bonadiwolo, Dibamba, Mbanga Bakoko, Ndogpassi, Djébalė, Bonandalè 1 et 2, Bonanmikano, Bonjongo, Lobé, Minkwélé, Makèpė, Rond-point bon fils, Bepanda et Kotto.
Ces chiffres alarmants soulignent la vulnérabilité de la ville de Douala face aux aléas climatiques et la nécessité d’une action urgente pour protéger les populations et les infrastructures.

Prochaines étapes et recommandations
L’atelier de validation a permis de recueillir les observations et les recommandations des différents acteurs, qui seront intégrées dans la version finale de l’étude. Cette étude servira de base pour la planification urbaine et la mise en œuvre de mesures d’adaptation aux changements climatiques.
Parmi les recommandations formulées, on peut citer :
• Le renforcement des systèmes d’alerte précoce pour les inondations et les glissements de terrain.
• L’amélioration du drainage urbain et de la gestion des eaux pluviales.
• La promotion de pratiques agricoles durables pour réduire l’érosion des sols.
• La sensibilisation des populations aux risques climatiques et aux mesures de prévention.
• L’élaboration de plans d’urgence pour faire face aux catastrophes naturelles.

L’étude de l’ONACC constitue un outil précieux pour aider la ville de Douala à mieux se préparer aux défis climatiques. Il est désormais essentiel que les autorités locales, les acteurs de la société civile et les populations se mobilisent pour mettre en œuvre les recommandations de l’étude et renforcer la résilience de la ville face aux effets du changement climatique. L’avenir de Douala en dépend.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique universelle

