La paix ne saurait être réduite à un titre de journal, à un cessez-le-feu ou à une date commémorative inscrite au calendrier international. Elle se construit, se protège et se renouvelle au quotidien. C’est la conviction défendue par Amy Banda, militante camerounaise de la paix et fondatrice de la plateforme Target Peace, à l’approche de la Journée internationale de la paix, célébrée le 21 septembre 2026.
À travers le thème « Investir dans la paix : pour tous, partout, chaque jour », Target Peace entend déplacer le centre de gravité du débat : il ne s’agit plus seulement d’intervenir lorsque la crise éclate, mais de financer, promouvoir et pratiquer les comportements qui empêchent la violence de s’enraciner. Quarante-cinq ambassadeurs de la paix venus de différents horizons participeront à cette conversation mondiale, destinée à interroger le coût de l’indifférence et les bénéfices d’un engagement constant en faveur de la concorde.


La paix comme placement collectif
Pour Amy Banda, investir dans la paix signifie reconnaître que la sécurité, la justice, la stabilité et le développement humain ne sont pas des acquis automatiques. Ils résultent d’efforts continus : dialogue, inclusion, éducation, médiation, protection des personnes vulnérables et renforcement des institutions. Le rendement de cet investissement ne se mesure pas uniquement en termes financiers ; il se traduit par des communautés plus sûres, des familles plus résilientes, des écoles plus accueillantes et des économies plus stables.
La rencontre posera une question centrale : « Un jour sans paix : que perdons-nous ? » Les échanges examineront les conséquences de la violence dans les quartiers, les établissements scolaires, les marchés, les lieux de travail et les espaces numériques. Les participants réfléchiront également à la possibilité de constituer de véritables « portefeuilles de paix », nourris par de petits gestes quotidiens : écouter avant de condamner, désamorcer un conflit, refuser les discours de haine, dialoguer sur les réseaux sociaux et soutenir les victimes.


Du local au global, l’inclusion comme exigence
La démarche de Target Peace accorde une place centrale aux femmes, aux jeunes et aux communautés souvent marginalisées dans les processus de paix. Les mères, les commerçantes, les enseignants, les conducteurs de mototaxis, les artistes, les sportifs et les leaders communautaires y sont présentés comme des investisseurs de première ligne, même lorsque leur contribution demeure invisible.
Les interventions annoncées, notamment celles de Lazare Etoundi, de Dr Karen Bruges, Béatrice Orji, Manka Edith Abumbi, Vivian Nguimeya, Arielle Noupaye Ornella et Anthony Nwana, exploreront des thématiques telles que la paix comme monnaie quotidienne, le retour sur investissement de la paix et le rôle de l’art, du sport et de l’école dans la prévention des conflits. La séance devrait être ouverte par S.E. Marquis Anthony C. Coleiro, consul honoraire de la République de Côte d’Ivoire à Malte.



Cette mobilisation s’inscrit dans un combat plus large contre les violences faites aux femmes.
Amy Banda participera notamment aux marches du mouvement Red Friday, prévues à Yaoundé le 19 septembre et à Douala le 26 septembre, contre les féminicides. Car il ne peut y avoir de paix durable lorsque les femmes et les personnes vulnérables vivent sous la menace.
En appelant les gouvernements à investir dans la justice, la diplomatie et la lutte contre la pauvreté, l’inégalité et l’exclusion, la militante rappelle toutefois que la responsabilité n’est pas exclusivement institutionnelle. La paix commence dans les familles, les écoles, les quartiers et les conversations numériques. Son message est limpide : il ne faut pas attendre que la paix arrive. Il faut l’investir, la bâtir et la protéger — chaque jour, partout et pour tous.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

