Réunis ce samedi 13 juin 2026 dans la capitale économique, les cadres du parti PSG ont officialisé l’installation de leur bureau régional. Entre ambition de refondation institutionnelle et rejet de l’immobilisme, le mouvement porté par Emmanuel Kueka entend transformer la dynamique politique du Littoral.

L’effervescence était palpable dans la salle de conférence d’un Hôtel situé dans le 5ème arrondissement de la ville de Douala. Sous l’égide de la coordination régionale, le Parti « Pacte Social pour la Gouvernance » (PSG) a franchi une étape décisive de son déploiement national. Accrédité par décision ministérielle depuis novembre 2023 (N°000461/D/MINAT…), le parti n’a pas seulement tenu une réunion de rentrée ; il a lancé un véritable manifeste politique sous un slogan qui résonne comme un défi au statu quo : « PSG : l’avenir du Cameroun repensé, PSG : le pouvoir par la base et pour la base ».

Un deuil sous le signe de la résilience
La cérémonie, marquée par une solennité empreinte d’émotions, a débuté par une séquence de recueillement nécessaire. Un moment de silence a été observé en hommage à la mémoire de Monsieur Awanqué, trésorier national du mouvement, dont la disparition laisse un vide au sein de l’appareil organique du parti. Ce passage obligé a rappelé l’engagement, parfois sacrificiel, de ceux qui aspirent à renouveler la classe politique camerounaise.
Après les allocutions de bienvenue de Dessap Lapah Barnabas, coordonnateur départemental, et de Thierry Pette, coordonnateur régional, la parole a été donnée à Balkissou Hamadou, présidente nationale des jeunes. Cette montée en puissance des instances dirigeantes a culminé avec l’intervention de l’architecte du mouvement, Emmanuel Kueka, Président National du PSG.

Le projet de rupture : vers un « État fédéral unitaire »
Dans un discours de circonstance d’une densité idéologique remarquable, Emmanuel Kueka a défini l’ADN du PSG : une formation de gauche, ancrée dans la social-démocratie. Pour le leader, le parti se veut la réponse structurelle à une trilogie systémique qui paralyse le Cameroun : l’échec de l’alternance démocratique, la prévalence de la mauvaise gouvernance et l’asymétrie criante de la redistribution des richesses.
Le programme présenté dessine les contours d’une refondation profonde de l’architecture de l’État. Le PSG prône la transition vers un « État fédéral unitaire », un concept audacieux visant à concilier l’unité nationale et une participation équitable de toutes les composantes sociopolitiques à l’édification du pays. Cette vision s’accompagne d’une exigence de séparation stricte des pouvoirs pour garantir un véritable État de droit.
Au cœur de cette réforme, la décentralisation est érigée en dogme de gestion. Le parti exige un transfert d’autonomie totale de gestion aux collectivités territoriales (Régions et Communes). L’objectif est clair : briser la centralisation étouffante pour favoriser l’émergence de compétences locales et une redistribution équitable des ressources au plus près des populations.


Éducation et mérite : les leviers de la transformation sociale
Au-delà des réformes institutionnelles, le PSG investit le champ de la sociologie du développement. Le parti identifie l’éducation comme le levier primordial de la lutte contre la précarité. Le programme prévoit une professionnalisation accrue de l’enseignement secondaire afin de rompre le cycle du chômage des jeunes diplômés, tout en réinstaurant le mérite comme unique boussole de l’ascension socio-professionnelle.
Pour le mouvement, la reconstruction du citoyen doit commencer dès le berceau : un renforcement de l’éducation civique, morale et du patriotisme est préconisé dès la maternelle, afin de forger une conscience nationale capable de résister aux dérives de la corruption et des détournements de deniers publics.

L’installation d’une machine de combat régionale
La rencontre s’est achevée par un acte administratif et politique majeur : l’installation officielle du bureau régional du Littoral. En structurant ses sections, ses coordonnateurs départementaux et communaux, le PSG se dote d’une armature opérationnelle dans une région qui demeure le poumon économique et un laboratoire politique stratégique du pays.
En quittant la tribune, Emmanuel Kueka et ses lieutenants ont laissé entendre que le Littoral ne serait plus seulement un observateur, mais le moteur d’une dynamique de changement portée par la base. Le défi est désormais de traduire cette densité idéologique en ancrage électoral.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

