Dans l’inconscient collectif des usagers des grands complexes hospitaliers publics, l’épreuve de l’accès aux soins a trop longtemps été assimilée à un parcours du combattant, marqué par l’indifférence bureaucratique et la froideur administrative. C’est à rebours de cette déshumanisation institutionnelle que s’inscrit la vision managériale impulsée à la tête de l’Hôpital Laquintinie de Douala.
À l’occasion d’une interview exclusive accordée aux antennes de la CRTV Littoral et conduite par le chef de station Olivier Kingue Molli, le Directeur de cette prestigieuse formation sanitaire, le Dr Marie Solange Ndom Ebongue Manga, a exposé avec force les fondements doctrinaux d’une refonte axée sur la dignité du malade.
La rupture avec la réification du malade
Au cœur de cette prise de parole se déploie une critique lucide de la technicisation excessive de la médecine moderne au détriment du colloque singulier. « Le patient n’est pas un numéro, ni un dossier médical », a martelé l’édile sanitaire, dénonçant une approche clinique qui tend à réduire la souffrance humaine à des considérations statistiques ou pathologiques. Pour le Dr Marie Solange Ndom Ebongue Manga, la réhabilitation du système de santé public exige en amont un sursaut éthique : réhabiliter la personne soignée dans son identité fondamentale, ses angoisses et son droit inaliénable à la considération.
Le portail hospitalier, nouvelle frontière de l’efficacité clinique
Cette reconquête de l’empathie ne relève pas d’une posture purement incantatoire ; elle s’incarne dans une refonte globale de la chaîne d’accueil au sein de l’établissement centenaire. « À l’Hôpital Laquintinie, aujourd’hui, le soin commence au portail, avant le stéthoscope, par les vigiles et les hôtesses attentionnés. Le bon accueil est le premier acte d’humanisation des soins », a-t-elle explicité au micro de la radio nationale. En intégrant le personnel de sécurité et les agents de filtrage dans le protocole thérapeutique élargi, la direction hospitalière désamorce dès l’entrée l’angoisse inhérente à l’hospitalisation. Cette bienveillance liminaire devient ainsi le garant d’une meilleure adhésion des usagers aux démarches diagnostiques et curatives ultérieures.
En érigeant l’écoute et l’hospitalité en standards managériaux opposables à l’ensemble du personnel, l’Hôpital Laquintinie opère une véritable révolution culturelle. Face aux micros de la CRTV, le Dr Marie Solange Ndom Ebongue Manga a réaffirmé que l’excellence d’un hôpital de référence ne se mesure pas exclusivement à la modernité de son plateau technique, mais à sa capacité d’insuffler de la tendresse humaine au chevet de la douleur.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

