LITTÉRATURE : DANS L’ÉPREUVE DE LA CHAIR, SIMON GÉRARD MBONDO TRANSFORME LA DOULEUR EN FORCE DE VIVRE.

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Publié en 2026 sous le numéro ISBN 9798170112920, L’Épreuve de la chair, roman de Simon Gérard Mbondo, s’impose comme une œuvre de mémoire, de transmission et de résilience. Préfacé par Alain Roger Ndindjock III, PhD en linguistique, enseignant et chercheur en phonétique expérimentale et linguistique interculturelle, le livre se situe au croisement du récit autobiographique, de la fiction romanesque et de l’observation sociologique.

Son protagoniste, Nitrant Nguyssang, dit NG, est le quatrième enfant d’une fratrie de huit. Né dans un village bazam au bord de la Sanaga, il grandit dans le mouvement incessant des mutations professionnelles de son père. Déraciné, confronté au mépris et aux humiliations, notamment lorsqu’il est surnommé « Bazam-Bazam » et relégué au fond de la classe, le jeune homme apprend progressivement à convertir l’adversité en énergie intérieure. Son parcours scolaire, marqué par les impasses administratives, les escroqueries et les obstacles sociaux, le conduit de l’électrotechnique au génie électrique, puis vers les secteurs des énergies renouvelables, de la métallurgie et des télécommunications.

Mais l’épreuve la plus douloureuse demeure celle de l’amour et de la perte. Son mariage avec Dacia, sociologue originaire du Sud, se heurte aux préjugés familiaux et aux accusations de sorcellerie. Lorsque son épouse est atteinte d’un cancer de l’ovaire, NG engage tous ses biens pour la sauver. Sa disparition tragique dans un crash aérien précipite le héros dans une profonde dépression, aggravée par les conflits successoraux et les convoitises familiales.

L’écriture de Simon Gérard Mbondo alterne narration, dialogues vivants et commentaires analytiques. Le roman éclaire ainsi les défaillances du système éducatif, le coût des soins, les hiérarchies ethniques, les tensions successorales, la condition des veufs et des veuves, ainsi que les ambiguïtés de la solidarité familiale. Les paysages, les expressions locales et les métaphores du baobab, de la rivière et de la tempête enracinent le récit dans une réalité camerounaise profondément incarnée.

Au terme d’un itinéraire marqué par la désolation, NG retrouve une raison d’espérer grâce à ses proches, au Club des Veufs Anonymes, au journal intime de Dacia et à un projet entrepreneurial baptisé « Huile Dacia ». L’Épreuve de la chair rappelle alors que le deuil ne s’efface pas : il s’intègre. Et que, même après la nuit la plus longue, l’aube demeure possible.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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