Ce 26 juillet 2025 restera gravé dans la mémoire collective camerounaise comme un jour de désillusion. Lors d’une cérémonie officielle formelle et implacable, le Conseil Électoral a dévoilé la liste des candidats autorisés à briguer la magistrature suprême lors de l’élection présidentielle du 12 octobre prochain. Parmi les noms sélectionnés, une absence retentissante : celle du Professeur Maurice Kamto, figure de proue de l’opposition, porteur des espoirs de changement pour une nation avide de renouveau. Ce rejet de la candidature portée par le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM) d’Anicet Ekani, éteint, au le rêve que Kamto incarnait aux yeux de millions de Camerounais.
Sur près la soixantaine de dossiers enregistrés pour cette échéance cruciale, seuls treize ont été jugés conformes aux exigences légales par le conseil Électoral. Une sélection sévère qui, au-delà des critères formels, interroge sur la pluralité des voix autorisées à s’exprimer dans le débat démocratique. La liste des candidats retenus témoigne d’un paysage politique complexe, où se côtoient figures historiques et nouvelles ambitions :
1. Paul Biya – RDPC
2. Serge Espoir Matomba – PURS
3. Akere Muna – UNIVERS
4. Issa Tchiroma Bakary – FNSC
5. Pierre Kwemo – UMS
6. lodi Hiram Samuel – FDC
7. Jean Bougha Hagbe – MCNC
8. Hilaire Zipang – MP
9. Ateki Zeta Caxton – PAL
10. Bello Bouba Maigari – UNDP
11. Cabral Libii – PCRN
12. Joshua Osih – SDF
13. Tomaino Ndam Njoya – UDC
Si la présence de noms familiers ravive des souvenirs de scrutins passés, elle contraste avec l’absence de celui qui, ces dernières années, s’est imposé comme le principal challenger du pouvoir en place. Au-delà de la déception palpable parmi ses partisans, le rejet de la candidature de Maurice Kamto suscite un questionnement plus profond sur la santé de la démocratie camerounaise et sur les obstacles rencontrés par les forces d’opposition.
Les raisons de cette invalidation n’ont pas été explicitement détaillées par le Conseil Électoral, alimentant les spéculations et les inquiétudes. Le manque de transparence entourant cette décision ne fait qu’accroître le sentiment de frustration et d’incompréhension. Il est impératif que les motivations de ce rejet soient clarifiées afin de garantir la crédibilité du processus électoral et d’apaiser les tensions.
Au-delà de la figure de Maurice Kamto, c’est un pan entier de la société camerounaise qui se sent aujourd’hui frustré et marginalisé. Le rêve d’une alternance politique pacifique et démocratique, porté par les espoirs de plus de 40 millions de citoyens, semble s’éloigner. L’avenir politique du Cameroun s’inscrit désormais en pointillés, marqué par cette absence qui résonne comme un coup de tonnerre.
Quelle sera la réaction des partisans de Kamto ? Quel impact ce rejet aura-t-il sur la participation électorale ? Comment les autres candidats de l’opposition se positionneront-ils face à cette situation ? Autant de questions qui restent en suspens et qui détermineront la suite du processus électoral.
Dans ce contexte incertain, en attendant que le Manidem et KAMTO saisissent le Conseil Constitutionnel, il est crucial que toutes les parties prenantes fassent preuve de responsabilité et de retenue. Le gouvernement doit garantir un processus électoral transparent et équitable, où toutes les voix peuvent s’exprimer librement. L’opposition doit faire preuve d’unité et de détermination pour défendre les intérêts de ceux qui aspirent au changement. La société civile doit jouer son rôle de veille et d’alerte pour garantir le respect des principes démocratiques.
Le Cameroun se trouve à la croisée des chemins. La présidentielle de 2025 représente une opportunité unique de consolider la démocratie et de répondre aux aspirations légitimes de sa population. Le rejet de la candidature de Maurice Kamto ne doit pas être perçu comme un point de non-retour, mais comme un appel à la vigilance et à la mobilisation pour un avenir meilleur. Le rêve d’un Cameroun plus juste, plus démocratique et plus prospère ne doit pas être brisé. Il appartient à chaque citoyen, à chaque acteur politique, de faire en sorte que ce rêve puisse un jour devenir réalité.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

