VISITE PAPALE AU CAMEROUN : Le C.O.R.E.C déchire le voile de l’hypocrisie.

0
219

Le Collectif des Organisations des Enseignants du Cameroun est monté au créneau pour adresser une lettre au Pape Léon XIV en visite au Cameroun du 15 au 18 avril 2026 avec pour objet: « l’économie qui tue dans les écoles de l’église. Le Paradoxe d’une visite en terre d’exploitation ».

Le C.O.R.E.C. Dans une exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, adresse une lettre à Sa Sainteté le Pape Léon XIV en visite au Cameroun. Dans cette correspondance, il est clairement mentionné un cri lancé par son illustre prédécesseur, le Pape François : « _Non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale.
Cette économie tue_ ».
Aujourd’hui, alors que, le Pape Léon XIV s’apprête à fouler le sol du Cameroun, les enseignants du secteur
privé catholique déclarent être  les victimes directes de cette « économie qui tue ». Leur bourreau porte
la soutane.  » _Comment l’Église du Cameroun peut-elle organiser des messes grandioses en votre
honneur tout en commettant ce que l’Église elle-même a qualifié de péché mortel : l’exploitation des
travailleurs ? En ma qualité de Secrétaire à la coordination du C.OR.E.C, je me lève aujourd’hui pour
déchirer le voile de cette hypocrisie.
Voici l’aberration historique, arithmétique et morale que l’on tentera de vous cacher derrière  les chœurs et l’encens, a-t-on noté. 

Le péché originel du système

Dans cette correspondance adressée au Pape Léon XIV, les enseignants dénoncent l’esclavage depuis les indépendances. « C’est  le péché originel de notre système. Depuis
l’indépendance de notre pays, voilà plus de soixante ans, les enseignants du privé évoluent dans
un vide juridique absolu, sans aucune Convention Collective. L’Église a toléré et entretenu ce non-droit pendant plus d’un demi-siècle, maintenant des générations d’éducateurs dans une
précarité systémique.
Le minorant de la honte : En l’absence de convention, l’Église catholique applique
illégalement une grille salariale datant de juillet 1985, alors que l’État a fixé le SMIG à 60 000 FCFA. Sur cette grille de la misère, un enseignant débute sa carrière avec la somme avilissante de 23 080 FCFA (environ 35 euros) par mois », ont-ils dénoncé.  Avant de poursuivre : « Le majorant du mépris : L’humiliation du savoir y atteint son apogée. Pour l’élite intellectuelle
de notre nation, un enseignant titulaire d’un Doctorat (Ph.D.), le plafond absolu et indépassable en
toute fin de carrière culmine à 141 870 FCFA (environ 216 euros). Plafonner l’excellence académique d’une vie entière à 141 870 FCFA, tout en rémunérant la base à 23 080 FCFA sans aucun cadre légal depuis 60 ans, n’est pas une erreur administrative. C’est une doctrine d’asservissement. Nos vacataires, quant à eux, sont jetés à la rue sans solde pendant les congés ». Au regard de ce qui précède, le sang des enseignants camerounais finance les fastes de cette visite. La dignité ne s’enseigne pas avec le ventre vide. « Nous exposons aujourd’hui cette réalité au monde, afin que votre autorité morale force la signature immédiate de notre Convention
Collective. Humblement, mais fermement debout », ont-ils conclu.

Catherine Aimée Biloa

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici