DOUALA 2ème FACE AU MIROIR DE LA TRANSPARENCE : Entre Lucidité Budgétaire et  Résilience Patrimoniale.

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Le 29 avril 2026, la salle de formation de la Maison de la Jeune Fille Chantal BIYA a été le théâtre d’un exercice démocratique de haute volée. La Commune de Douala 2ème y a tenu la séance plénière de clôture de sa session ordinaire, une rencontre cruciale consacrée à l’examen et à l’adoption du Compte Administratif de l’exercice 2025. En présence de Monsieur le Préfet du Département du Wouri et de Monsieur le Sous-préfet, cette session n’a pas été traitée comme une simple formalité administrative, mais bien comme un « moment de vérité ». L’objectif était clair : confronter la gestion municipale à la réalité des chiffres pour honorer l’engagement de transparence envers les citoyens.

Le rendez-vous de la redevabilité

À l’aube de l’année 2026, Douala 2e, une commune emblématique du Cameroun, se positionne comme un modèle de dynamisme et d’initiative. Sous l’impulsion de l’exécutif communal chapeauté par la cheffe de l’exécutif Maître Denise Fampou, des projets ambitieux se dessinent, témoignant d’une volonté manifeste d’améliorer la qualité de vie des habitants. Les récents chiffres suscitent l’intérêt et démontrent l’impact tangible de ces projets sur la communauté.

L’anatomie d’un budget en mutation

L’exercice 2025 a présenté une architecture financière complexe. Partant d’un budget initial de 4 676 000 000 FCFA, la commune a su intégrer un résultat positif substantiel de l’année précédente (1 344 881 781 FCFA) ainsi que des crédits transférés, portant l’enveloppe globale à 6 055 982 505 FCFA. Bien que ce montant soit inférieur aux 6 835 037 574 FCFA de 2024, il témoigne d’une volonté de consolidation des capacités d’action malgré un environnement économique national et local exigeant.

Au terme de l’année, les recettes effectivement recouvrées se sont élevées à 3 163 364 877 FCFA sur des émissions de 3 441 833 598 FCFA, affichant un taux de réalisation de 52,23 %.

La vérité des chiffres face à la crise de la fiscalité locale

L’analyse du compte administratif révèle une réalité nuancée. Si la tendance historique de la commune est à la croissance — les recouvrements étant passés de 1,7 milliard de FCFA en 2020 à un pic de 4,2 milliards en 2024 — l’année 2025 marque une rupture avec une baisse de 31,81 % (soit un recul de 848 442 316 FCFA).

Loin de pratiquer la politique de l’autruche, l’exécutif municipal a identifié avec précision la cause de ce fléchissement : la transition vers la nouvelle loi portant fiscalité locale. L’appropriation de ce nouveau cadre par les services de l’État, les agents de recouvrement et les opérateurs économiques s’est avérée plus laborieuse que prévu, entraînant une désorganisation de la chaîne fiscale. Les impacts sont sans appel sur certains postes stratégiques :

– Recettes fiscales : Une chute de 52,68 %, avec seulement 341 704 488 FCFA collectés sur un objectif de 1 035 000 000 FCFA.

– Taxe d’hygiène : Un effondrement vertigineux de 99,35 %, passant de 109 491 000 FCFA en 2024 à seulement 702 500 FCFA.

– Droits de place sur les marchés : Une baisse de 93,30 %, tombant à 15 697 500 FCFA.

– Centimes additionnels communaux : Un recul de 24,95 %, s’établissant à 539 005 681 FCFA.

Le réveil de l’ingéniosité municipale

Cependant, ce tableau comptable ne saurait être complet sans souligner la vitalité des ressources dont la maîtrise est directement assurée par la municipalité. Là où la fiscalité de l’État vacille, l’action locale démontre sa force et sa capacité d’innovation.

La gestion du patrimoine communal a produit des résultats prodigieux. Les loyers d’immeubles, par exemple, ont enregistré une hausse spectaculaire de +5 498 %, passant de 4 500 000 FCFA en 2024 à 251 924 000 FCFA en 2025. Parallèlement, les droits de fourrière ont doublé, progressant de +96,81 % pour atteindre 28 720 920 FCFA.

Ces performances probantes illustrent une stratégie de résilience : face aux aléas de la fiscalité exogène, la commune de Douala 2ème mise sur une valorisation volontariste de ses propres actifs. Cette session se clôt ainsi sur une note de détermination, affirmant que si les défis structurels sont réels, la capacité de gestion et d’optimisation des ressources locales demeure le moteur essentiel du développement de la cité.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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