Dans les arcanes du processus électoral camerounais, un nouveau chapitre s’est ouvert, teinté d’interrogations et de controverses. Une missive officielle, émanant du Directeur Général des Élections (ELECAM), a scellé le sort de la candidature de Monsieur Maurice Kamto, figure emblématique de l’opposition, pour l’élection présidentielle du 12 octobre prochain. La candidature, portée par le Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM) d’Anicet Ekani, s’est heurtée à une fin de non-recevoir, motivée par une « pluralité d’investiture ».
La correspondance, lapidaire et sans appel, notifie :

« Monsieur,
En application des dispositions de l’article 125 alinéa 2 du code électoral,
J’ai l’honneur de vous notifier la résolution n°2025/013/R/ELECAM/CE du 26 juillet 2025 portant rejet des candidatures à l’élection du Président de la République du 12 octobre 2025, par laquelle le Conseil Électoral, après délibération, a rejeté votre candidature au motif ci-après:
➤ pluralité d’investiture par le MANIDEM.
Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma parfaite considération. /. »
Ce motif, en apparence technique, a déclenché une onde de choc dans le paysage politique camerounais. L’argument de la pluralité d’investiture, brandi par ELECAM, fait référence à la situation où un même parti politique investit plusieurs candidats à une élection. Or, comme le souligne le bordereau de déclaration des candidatures publié par ELECAM, cette situation semble concerner, au-delà du MANIDEM et de l’UPC (également frappé par cette décision), d’autres formations politiques, notamment le RDPC (parti au pouvoir) et le parti UNIVERS.


C’est précisément cette disparité de traitement qui alimente la controverse. L’application sélective du code électoral, dénoncée par de nombreux observateurs, laisse planer le spectre d’une justice à double vitesse, où certains partis politiques bénéficieraient d’une indulgence que d’autres ne sauraient espérer. Pourquoi le RDPC et le parti UNIVERS échappent-ils à cette rigueur, alors que le MANIDEM est sanctionné ? Cette question, brûlante et légitime, est sur toutes les lèvres.
Au-delà de l’aspect juridique, cette décision est perçue par beaucoup comme une manœuvre politique visant à écarter un adversaire jugé trop dangereux. Maurice Kamto, figure de proue de l’opposition, a incarné ces dernières années l’espoir d’une alternative crédible au régime en place. Son rejet, motivé par un argument que certains considèrent comme fallacieux, est interprété comme une tentative de briser cette dynamique et de neutraliser le principal challenger du pouvoir.

Cette affaire soulève des questions fondamentales sur l’équité du processus électoral et sur la capacité d’ELECAM à garantir un scrutin libre et transparent. L’impartialité de l’institution est mise à rude épreuve, et la crédibilité de la future élection présidentielle est compromise. Il est impératif qu’ELECAM apporte des clarifications objectives et convaincantes sur les raisons de ce rejet de certaines candidatures dites pluralisme d’investiture et pas d’autres, afin de dissiper les doutes et de rétablir la confiance des citoyens.
Au-delà des considérations politiques, ce rejet est un coup dur pour les millions de Camerounais qui placent leur espoir dans le changement. Maurice Kamto, au-delà de sa personne, symbolisait la possibilité d’une alternance démocratique, d’une gouvernance plus juste et plus transparente. Son exclusion du scrutin est ressentie comme une trahison, une négation des aspirations légitimes d’un peuple marginalisé depuis trop longtemps.

L’avenir politique du Cameroun s’annonce incertain. La réaction des partisans de Maurice Kamto, ainsi que celle des autres forces d’opposition, sera déterminante. Il est crucial que toutes les parties prenantes fassent preuve de responsabilité et de maturité politique, afin de préserver la paix et la stabilité du pays.
Ce rejet ne doit pas signifier la fin de l’espoir, mais plutôt un appel à la vigilance et à la mobilisation. La lutte pour la démocratie et la justice doit continuer, dans le respect des lois et des institutions. Il appartient aux Camerounais de se faire entendre, de faire valoir leurs droits et de construire un avenir meilleur pour leur pays. L’ombre d’une justice à double vitesse plane sur la présidentielle de 2025, mais la flamme de l’espoir, elle, ne doit pas s’éteindre.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

