CAMEROUN 2025 : L’OPPOSITION SE DÉCHIRE, LE POUVOIR SE FELICITE

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À l’approche des échéances électorales de 2025, le paysage politique camerounais est marqué par une dynamique contrastée : l’opposition, minée par des dissensions internes, peine à se présenter comme une alternative crédible, tandis que le pouvoir, sous la houlette du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), semble se renforcer de cette division.

Depuis plusieurs mois, les partis d’opposition sont en proie à des querelles intestines, exacerbées par des ambitions personnelles et des divergences stratégiques. Les alliances se font et se défont au gré des intérêts particuliers, laissant un goût amer d’incohérence auprès de l’électorat. Les tentatives de rapprochement, souvent médiatisées, n’ont jusqu’à présent débouché sur aucune coalition solide et durable. Le manque de leadership charismatique et fédérateur est criant, chaque leader de parti semblant davantage soucieux de sa propre position que du bien commun.

Cette désunion de l’opposition n’est pas sans conséquence sur la perception que se fait l’opinion publique de leur capacité à gouverner. L’image d’une opposition fragmentée, incapable de s’entendre sur des objectifs communs, fragilise son discours et conforte le pouvoir en place. Les électeurs, lassés des luttes intestines et des promesses non tenues, semblent se tourner, par défaut, vers le RDPC, qui, malgré les critiques, continue de projeter une image de stabilité et de continuité.

Dans ce contexte, le pouvoir, qui observe avec satisfaction les divisions de ses adversaires, n’hésite pas à user de sa rhétorique habituelle pour se poser en rempart contre le chaos. Les messages du RDPC mettent en avant la nécessité de préserver la paix et la stabilité du pays, des arguments qui résonnent favorablement auprès d’une partie de la population, notamment celle qui se souvient des crises passées. L’accent est également mis sur les réalisations du gouvernement, aussi minimes soient-elles, et sur les promesses d’un avenir meilleur.

Pourtant, malgré cette façade de sérénité, des voix s’élèvent pour dénoncer les pratiques du pouvoir et appeler à une véritable alternance. Des organisations de la société civile et des personnalités indépendantes soulignent les carences en matière de démocratie et de justice sociale, ainsi que les problèmes de gouvernance et de corruption qui minent le pays. Cependant, ces critiques, bien que légitimes, peinent à se faire entendre dans le climat politique actuel, où l’opposition, affaiblie, semble avoir renoncé à jouer son rôle de contre-pouvoir.

À l’approche de 2025, le Cameroun se trouve donc face à une situation paradoxale : une opposition en crise, un pouvoir qui se conforte dans sa position et une société civile qui cherche à se faire entendre. L’issue du scrutin reste incertaine, mais il est fort à parier que la division de l’opposition continuera de profiter au RDPC, à moins d’un sursaut salvateur de dernière minute. La question cruciale reste de savoir si les Camerounais, lassés de cette situation de blocage, trouveront la force de choisir une autre voie.

Georges Martial Ngalieu

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