Le théâtre de l’indignité s’est joué ce 31 janvier 2025 à Dokayo, sous le regard impuissant de citoyens réduits au rôle de victimes. L’inspecteur de police de 1er grade, ADA ESSOMBA, s’est illustré par un mépris flagrant des ordres et un appétit vorace pour l’argent, laissant une fois de plus des plaies béantes sur le tissu social camerounais.*_
Avec un cynisme déconcertant, ADA ESSOMBA a proclamé sa loi, celle du terrain, celle où « les patrons décident pour eux à Yaoundé, et nous décidons pour nous sur le terrain ». Ces propos, d’une arrogance insoutenable, témoignent d’une dérive inquiétante au sein des forces de l’ordre, d’une fracture profonde entre une hiérarchie légitime et des agents dévoyés. La décision du Délégué Général à la Sûreté Nationale, Martin Mbarga Nguele, interdisant toute pénalisation des citoyens en possession de récépissés ou de CNI expirées, a été littéralement foulée aux pieds.
ADA ESSOMBA, tel un prédateur, a continué d’extorquer de l’argent aux voyageurs, hommes et femmes, dont le seul tort était de ne pas avoir leurs documents d’identité à jour. Le Directeur de Publication du journal La Voix de l’Afrique fut le témoin de ces scènes d’un autre âge, révélant une fois de plus la corruption qui ronge nos institutions. Cette attitude est un crachat au visage de la volonté du Chef de l’État qui ne cesse d’appeler au respect des citoyens, à la consolidation de la paix et du vivre-ensemble.
Mais ce qui rend cette situation encore plus navrante, c’est que cet acte d’insubordination ne s’est pas fait dans le silence. L’inspecteur de police principal BITA OWONA a tenté de rappeler l’inspecteur véreux à l’ordre. En vain. Avec une désinvolture ahurissante, ADA ESSOMBA a balayé d’un revers de la main le rappel à l’ordre de son supérieur, et a exigé, dans son jargon, « un kilo » par personne, soit une somme d’argent dont la valeur est un mystère, un prix à payer pour tout détenteur de CNI ou récépissé expiré. C’est a la suite de la saisine du commissaire Mouapi, chef d’unité, qui a permis de faire fléchir cette soif d’argent qui a aveuglé le jeune inspecteur.
Des passagers, déjà débarqués du bus par l’agent corrompu, ont vu leurs projets de voyage mis en péril, victimes collatérales d’un abus de pouvoir. Cette histoire n’est pas juste la désobéissance d’un agent. C’est l’illustration d’une gangrène qui se propage dans les rangs de la police et, plus généralement, de l’administration. Une gangrène qui, si elle n’est pas éradiquée, finira par détruire les fondations de notre république.
Les questions fusent, douloureuses et légitimes : comment les citoyens peuvent-ils faire confiance à des forces de l’ordre qui agissent comme des bandits ? Comment peuvent-ils croire en une hiérarchie qui tolère de tels agissements ? Cet événement souligne l’urgence d’une réforme en profondeur, d’une justice impartiale et rigoureuse, d’une action forte et déterminée contre tous ceux qui souillent l’honneur de la République.
Il est impératif que l’inspecteur ADA ESSOMBA soit puni avec la plus grande sévérité. Il faut que la hiérarchie prenne ses responsabilités et agisse avec fermeté. Ce n’est qu’à ce prix que le Cameroun pourra espérer restaurer la confiance entre le peuple et ses institutions.
Georges Martial Ngalieu

