_*La situation sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) s’aggrave de jour en jour. Les derniers commandos des Forces Armées de la RDC (FARDC), à court de munitions et de ravitaillement, ont cédé du terrain face à la progression fulgurante du Mouvement du 23 Mars (M23). L’aéroport de Goma, porte d’entrée vitale pour la région, est désormais assiégé par les rebelles, faisant craindre une prise de contrôle imminente de la ville.*_
Ces attaques, qualifiées de criminelles par les autorités congolaises, sont attribuées au M23, un groupe armé dont le soutien logistique et militaire par le Rwanda de Paul Kagamé ne fait plus aucun doute pour Kinshasa. Cette ingérence rwandaise est perçue comme une agression directe contre la souveraineté de la RDC et une violation flagrante du droit international.
Face à cette escalade de violence et à l’incapacité de la communauté internationale, des missions des Nations Unies (MONUSCO) et des puissances occidentales à apporter une réponse efficace, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, est contraint de se tourner vers d’autres alliances. Il a ainsi décidé d’effectuer une visite de 24 heures au Mali, une démarche qui marque un tournant dans la diplomatie régionale.
À Bamako, le président Tshisekedi sera accueilli par le Général d’Armée Assimi Goïta, président de la transition malienne et figure de proue de la Confédération des États du Sahel (AES). Cette organisation régionale, regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, est apparue comme un acteur majeur dans la lutte contre le terrorisme et pour la souveraineté de ses États membres. L’AES incarne une nouvelle forme de coopération Sud-Sud, basée sur des intérêts partagés et une volonté de s’affranchir des tutelles extérieures.
La rencontre entre Tshisekedi et Goïta aura pour principal objectif de solliciter le soutien militaire et politique de l’AES face à l’offensive du M23. Le président congolais espère pouvoir compter sur la solidarité régionale pour repousser les rebelles et restaurer la sécurité dans l’est de son pays. Les discussions porteront également sur la possibilité d’une coopération plus étroite en matière de renseignement et de formation militaire.
Cette démarche de Félix Tshisekedi souligne l’isolement de la RDC face à cette crise et son désenchantement vis-à-vis de l’efficacité des mécanismes internationaux. L’attitude ambiguë de certains pays occidentaux, souvent prompts à condamner les actes de violence mais moins réactifs quand il s’agit d’agir concrètement, a contribué à alimenter ce sentiment de délaissement.
La situation à Goma est critique et la population civile est la première victime de ces violences. Des milliers de personnes ont fui leur domicile pour échapper aux combats, aggravant une crise humanitaire déjà préoccupante. L’appel de la RDC à l’AES témoigne d’une nouvelle donne dans les relations internationales et de la nécessité pour les pays africains de trouver leurs propres solutions face aux défis sécuritaires qui les menacent. La rencontre entre Tshisekedi et Goïta sera donc scrutée de près, car elle pourrait marquer un tournant majeur dans la crise congolaise et dans les équilibres géopolitiques de la région.
Georges Martial Ngalieu

