<< Nous faisons face à un mur dressé, car le clercs tueurs d’espoir des peuples ont conçu des lois scélérates qui dénient tout droit de recours aux citoyens lésés. Que ceux qui s’obstinent à concevoir des arsenaux pour baliser l’autoroute de la dynastie sachent qu’il y aura toujours des tchadiennes et des tchadiens qui continueront à se battre chaque jour contre les injustices et les inégalités >>
Dixit Ahmat Soubiane Hassaballah, porte-parole du Collectif des 10 recalés à l’élection présidentielle au Tchad, à l’occasion d’un point de presse qu’a donné le Collectif le 27 mars 2024 au siège du parti AL-WASSAT a N’Djamena. Il était question pour le collectif de dénoncer les irrégularités qui entachent le processus électoral dans ce pays de l’Afrique centrale.

Au Tchad, 10 candidats à l’élection présidentielle ont décidé de se réunir autour d’un Collectif pour rejeter la décision du Conseil constitutionnel et dénoncer ce qu’ils voient comme un coup de force du régime en place.
<< Le pouvoir de la transition nous a écartés de la course à la magistrature suprême, les uns après les autres sur des raisons fallacieuses >> indique le Collectif
Le Conseil constitutionnel a en effet invalidé pour des motifs divers 10 candidatures pour la présidentielle de mai 2024.
Selon Me. Jean Bernard Padare, président du Conseil constitutionnel, les motifs du rejet varient d’un dossier à l’autre. Certains candidats n’ont pas fourni les documents requis, tels que des extraits d’acte de naissance conformes aux dispositions légales. D’autres n’ont pas respecté les procédures nécessaires pour établir leurs candidatures, comme la production d’un acte attestant de la mise en disponibilité pour les membres actifs des forces de défense et de sécurité.


Des motifs que le Collectif considère non seulement de discriminatoires, mais également comme simples arguments fallacieux pour disqualifier les candidats qui ont plus d’atouts pour sortir le Tchad du bourbier.
<< La première remarque qui saute a l’œil nu est que, sur les 10 dossiers rejetés, 09 dossiers sont des ressortissants des communautés vivants dans la zone centre du pays. La deuxième remarque analytique fait apparaître 08 candidats sur 10, tous ressortissants de la zone méridionale, contre 02 seulement des autres parties du pays. A vous d’en déduire…>> Explique le Collectif dans son adresse a la presse.
Avant de poursuivre, << aujourd’hui on disqualifie fallacieusement des candidats qui ont le plus d’atouts pour sortir le Tchad du bourbier. Demain, ce qui attend le Tchad sera indescriptible. Nous lançons un appel vibrant à toutes les forces vives de la nation, de se mobiliser et faire usage de tous les moyens légaux pour sauver le pays de la dictature qui se dessine à l’horizon >>, a indiqué le Collectif.


Tout en qualifiant les candidatures validées sans difficulté par le conseil constitutionnel des tenants de la transition, la composition non consensuelle de l’Agence nationale de gestion des élections (l’ANGE), le Collectif a par la même occasion exigé la récusation du président du Conseil constitutionnel.
<< Nous récusons le président du Conseil constitutionnel et exigeons que le processus électoral soit repris pour garantir sa crédibilité. L’imposture du président du Conseil constitutionnel, qui est un condamné de justice et récemment Secrétaire général adjoint du mouvement Patriotique du salut (MPS), la composition de l’ANGE, etc… Sont des actes flagrants de transgression de lois et d’une navigation à vue >> a précisé le Collectif face a la presse


Il faut rappeler que parmi les personnes dont les candidatures ont été déclarées irrecevables figurent Abderahim Younous Ali, Ahmat Soubiane Hassaballah, Koumadji Mariam Ndjelar, Nassour Ibrahim Koursami, Mahamat Nour Moustabchir, Djimet Khamis Ahmat, Ibrahim Ahmed Koulamallah, Abderahim Mahamat Annour, Rakhis Ahmat Saleh et Djimet Clément Bagou.
Du côté de la mouvance présidentielle, on estime qu’il faut se fier au jugement du Conseil constitutionnel car il a traité tous les candidats de la même manière.
Georges Martial NGALIEU
