MAÎTRE MAFETGO CLÉMENCE : Le Sacerdoce de la Robe face aux Défis de l’État de Droit.

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Dans un contexte sociopolitique marqué par des turbulences persistantes, Maître Mafetgo Clémence s’érige en vigie des libertés fondamentales au Cameroun. À travers un plaidoyer d’une rare densité, cette avocate émérite dénonce les dérives de l’arbitraire, appelle à une refondation éthique des forces de l’ordre et plaide pour une reconnaissance institutionnelle de sa profession, qu’elle considère comme le dernier rempart de la dignité humaine.

Le droit n’est pas une matière inerte ; il est un organisme vivant qui exige, de la part de ceux qui le servent, une vigilance de chaque instant. Pour Maître Mafetgo Clémence, l’exercice de l’avocature ne saurait se réduire à la simple maîtrise des codes. C’est d’abord et avant tout une exigence d’érudition continue. Dans un monde où les normes évoluent au gré des mutations globales, elle considère la formation permanente comme un impératif catégorique. Ce dévouement à l’éducation juridique, qu’elle transmet avec une rigueur quasi professorale aux jeunes avocats qui l’entourent, est la condition sine qua non d’une défense efficace. Pour elle, un avocat qui cesse d’apprendre est un soldat qui dépose les armes en plein champ de bataille.

Le crépuscule des libertés : un constat sans concession

L’actualité camerounaise, vue à travers le prisme des droits de l’homme, offre un spectacle que Maître Mafetgo qualifie de préoccupant. Au lendemain des joutes électorales, le pays semble s’être enfoncé dans une spirale où l’arrestation devient un mode de gouvernance et la détention une réponse à l’expression politique. L’instabilité, exacerbée par des rivalités partisanes, a engendré une atmosphère de suspicion généralisée.

Le regard de Maître Mafetgo est particulièrement acéré lorsqu’elle évoque ces citoyens ordinaires, étrangers aux manifestations de rue, qui se retrouvent broyés par l’appareil répressif. Elle cite, avec une émotion contenue par la pudeur du droit, le cas de cette femme interpellée brutalement alors qu’elle portait son enfant sur le chemin de l’école. Cet exemple n’est pas une simple anecdote ; il est le symptôme d’une pathologie institutionnelle grave où la force ne cherche plus à protéger, mais à sidérer.

Pour un recentrage républicain des forces de l’ordre

Le diagnostic de l’avocate est sans appel : les forces de sécurité se sont éloignées de leur sacerdoce originel. Censées être les gardiennes de la paix et les protectrices des droits des citoyens, elles semblent parfois s’être muées en instruments de coercition aveugle. Maître Mafetgo appelle à une prise de conscience urgente et à un recentrage des institutions sécuritaires. Pour que la loi reprenne son empire, il est impératif que ceux qui portent l’uniforme se souviennent qu’ils sont au service de la République, et non de factions ou de peurs passagères. Le rétablissement de la confiance entre le citoyen et l’agent de l’État est, selon elle, la clé de voûte de toute stabilité durable.

L’horizon politique comme promesse de restauration

Face à ce tableau sombre, Maître Mafetgo ne cède pas au pessimisme. Elle entrevoit dans les transitions politiques à venir — et notamment la perspective d’un changement au sommet de l’État — une opportunité historique de restauration. Il ne s’agit pas seulement d’un changement d’hommes, mais d’un changement de paradigme. Elle évoque avec force la nécessité pour le Cameroun de redorer son blason sur la scène internationale. La crédibilité d’une nation ne se mesure pas seulement à ses indicateurs économiques, mais à sa capacité à garantir la sécurité juridique et la dignité de ses fils. Une bonne gouvernance, ancrée dans le respect des droits humains, est le seul chemin pour que le pays retrouve son rang et son honneur dans le concert des nations démocratiques.

L’Avocat : un acteur social au cœur de la cité

Au cœur de cette lutte, la figure de l’avocat revêt une dimension quasi prophétique. Pour Maître Mafetgo Clémence, l’avocat n’est pas un simple technicien du droit mandaté pour défendre des intérêts privés. Il est un acteur social majeur, une voix qui s’élève contre l’injustice et un bouclier pour les opprimés. Sa mission est de dénoncer les abus de pouvoir, de rappeler sans cesse les limites que la loi impose à l’arbitraire et de porter la parole de ceux que le système tente de réduire au silence.

Pourtant, elle déplore le manque de reconnaissance dont souffre sa profession au Cameroun. Dressant un parallèle avec les démocraties anglo-saxonnes, notamment les États-Unis, elle souligne que dans ces sociétés, l’avocat est un pilier central des institutions gouvernementales. Là-bas, la compétence juridique est valorisée comme l’instrument suprême de la régulation sociale. Au Cameroun, il est temps que la profession sorte de la périphérie pour occuper la place centrale qui lui revient dans la construction d’une société libre et juste.

Un appel à l’engagement collectif

Les propos de Maître Mafetgo Clémence est un cri du cœur doublé d’une analyse rigoureuse. Il nous rappelle que le droit, la gouvernance et les droits de l’homme sont les trois fils d’une même trame. Son expérience, forgée dans les prétoires et au contact des réalités les plus dures, fait d’elle une voix incontournable pour quiconque souhaite comprendre les enjeux du Cameroun contemporain.

Son appel est un message d’espoir mais aussi de responsabilité. Elle exhorte à un engagement collectif pour restaurer la dignité humaine. Car, au-delà des lois et des décrets, c’est la conscience des hommes qui doit se lever pour que la justice ne soit plus un idéal lointain, mais une réalité tangible pour chaque citoyen camerounais. Maître Mafetgo Clémence ne porte pas seulement une robe noire ; elle porte l’espérance d’un peuple en quête de lumière juridique.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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