À la croisée des chemins entre l’expertise académique internationale et un engagement indéfectible pour la santé publique de son pays, le Docteur Monkam Audrey s’impose comme une figure incontournable de la médecine contemporaine. Cardiologue, spécialiste de la nutrition et pionnière dans l’étude du sommeil, elle déploie un sillage de compétence et de leadership qui redessine les contours de la pratique médicale en Afrique centrale.
Il est des trajectoires qui semblent tracées par une boussole orientée vers l’excellence. Celle du Docteur Monkam Audrey, née sous les cieux d’Abidjan un 29 novembre 1984, appartient à cette catégorie d’itinéraires où la curiosité intellectuelle se conjugue à une discipline de fer. Praticienne polyvalente, elle incarne aujourd’hui cette génération de médecins africains dont le savoir, affiné dans les plus grands creusets du continent et d’Europe, vient féconder la terre natale.
Un itinéraire académique au-delà des frontières
Le parcours du Docteur Monkam est une ode au panafricanisme scientifique. C’est à Dakar, ville-carrefour de l’intelligence ouest-africaine, qu’elle jette les bases de sa formation médicale. Mais la cardiologie, cette science de la pompe vitale, exige une immersion plus profonde encore. Elle s’envole alors pour Paris, où elle se confronte à la complexité de la cardiopédiatrie, une discipline où l’infinie petitesse des cœurs d’enfants requiert une précision d’orfèvre.
Pourtant, la quête de savoir ne s’arrête jamais pour cette clinicienne assoiffée de progrès. Entre ses obligations professionnelles, elle retourne aux sources sénégalaises pour se spécialiser dans une pathologie longtemps restée dans l’ombre des manuels : l’apnée du sommeil. En intégrant la médecine du travail et la nutrition tropicale africaine à son arc, elle ne se contente pas d’être une spécialiste d’organes ; elle devient une praticienne de l’homme total, capable d’analyser le cœur à la lumière de l’assiette et de l’environnement professionnel.
L’épreuve du terrain : de La Quintinie au front de la Covid-19
Depuis huit ans, le Docteur Monkam Audrey a mis son expertise au service du Cameroun. Son immersion au sein de l’Hôpital La Quintinie de Douala, institution mythique s’il en est, a forgé son expérience clinique face aux réalités parfois rudes du terrain. Mais c’est sans doute lors de la crise sanitaire mondiale de la Covid-19 que sa stature de leader a éclaté au grand jour. Nommée Chef de service de médecine interne à l’Hôpital Gynéco-Obstétrique, elle a navigué au cœur de la tempête, coordonnant les soins avec une abnégation qui a forcé l’admiration de ses pairs.
Cette période de haute tension n’a pas seulement éprouvé ses compétences médicales ; elle a révélé une capacité managériale hors pair. Aujourd’hui, après avoir servi l’État avec dévouement, elle dirige sa propre structure privée. Un espace de soins où elle continue d’accueillir une patientèle diversifiée, maintenant un pont indéfectible avec le secteur public, notamment pour le suivi des jeunes patients cardiaques.
Le mentorat et l’héritage : une filiation de femmes leaders
Nul ne saurait comprendre le succès du Docteur Monkam sans évoquer la reconnaissance qu’elle porte à ses aînées. Dans un milieu où la hiérarchie est souvent rigide, elle évoque avec une émotion contenue l’influence décisive des docteurs Marie Solange Ndom Ebongue Manga, Directeur Général (DG) de l’Hôpital Laquintinie de Douala et Dr Armelle. Pour elle, ces sommités de la cardiologie camerounaise ne furent pas seulement des collègues, mais des phares.
« L’action n’est pas la même dans tous les pays », confie-t-elle, soulignant l’importance capitale du mentorat pour adapter les connaissances universelles aux spécificités locales. En saluant leur ascension méritée, elle s’inscrit elle-même dans cette lignée de femmes leaders qui, par leur rigueur, brisent les plafonds de verre et inspirent les jeunes filles aspirant à la carrière médicale. Épouse et mère de deux enfants, elle démontre avec une sérénité désarmante que l’épanouissement familial peut être le socle, et non le frein, d’une ambition professionnelle démesurée.

Le cœur et le sommeil : les nouveaux défis de la modernité
Dans le secret de son cabinet, le quotidien du Docteur Monkam est tout sauf monotone. La cardiologie pédiatrique, avec ses malformations congénitales et ses défis techniques, côtoie la cardiologie adulte, marquée par le sceau des maladies de civilisation. Mais son nouveau cheval de bataille reste l’apnée du sommeil. À une époque où le ronflement est encore trop souvent perçu comme un signe de sommeil profond — alors qu’il masque parfois une détresse respiratoire sévère —, elle s’attache à sensibiliser une population de plus en plus attentive à sa qualité de vie.
Le constat qu’elle dresse sur la santé publique camerounaise est pourtant empreint d’une gravité certaine. Avec environ 35 % de prévalence de l’hypertension artérielle et une ignorance massive de la population quant à son propre statut, l’urgence est là. Face à cette « tueuse silencieuse », le Cameroun ne compte qu’une centaine de cardiologues. Le déséquilibre est abyssal.
Un plaidoyer pour une hygiène de vie retrouvée
Pour le Docteur Monkam, la médecine ne doit pas seulement être curative ; elle doit être une pédagogie. Elle pointe du doigt, avec la précision du médecin du travail, la dérive de nos modes de vie. L’invasion du sel, le diktat du sucre et l’omniprésence des graisses saturées ont transformé nos tables en foyers de risques cardiovasculaires.
Sa mission dépasse désormais le cadre de la prescription. Elle se fait l’apôtre d’une nutrition tropicale raisonnée et d’une vigilance de chaque instant. En rendant la pratique médicale « moins ennuyeuse » et plus proche des préoccupations citoyennes, elle redonne à sa profession sa mission première : être une sentinelle.
Le Docteur Monkam Audrey n’est pas seulement une cardiologue émérite ; elle est une bâtisseuse de systèmes de santé, une voix qui s’élève pour que chaque battement de cœur des Camerounais soit le signe d’une vie préservée, éduquée et, enfin, entendue. En 2026, alors que la médecine de précision devient la norme mondiale, elle s’assure que son pays ne manque pas ce rendez-vous crucial avec la modernité.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

