FLUIDITÉ PORTUAIRE ET SOUVERAINETÉ : Le Port Autonome de Douala-Bonaberi Réaffirme son Leadership face aux Inquiétudes Patronales.

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Dans un communiqué officiel publié ce 13 février 2026, l’Autorité Portuaire de Douala rompt le silence. En réponse aux griefs exprimés par le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) concernant le dispositif de scanning des marchandises, le PAD défend une stratégie alliant rigueur sécuritaire, conformité aux directives gouvernementales et compétitivité économique. Entre mise au point technique et appel au dialogue, le top management du port rétablit les faits.

La place portuaire de Douala-Bonabéri est-elle le théâtre d’un malentendu entre l’Autorité Portuaire et ses partenaires économiques ? C’est ce que laisse suggérer la sortie médiatique musclée du Port Autonome de Douala (PAD) ce vendredi. Réagissant à un communiqué du GECAM diffusé la veille sur les réseaux sociaux, le PAD, par la plume de Simplice Raoul Minlo, Chef de la Division de la Communication et des Relations Publiques, exprime un « étonnement » teinté d’amertume.

L’étonnement d’un partenaire méconnu

Le premier grief du PAD est d’ordre déontologique. Membre actif du GECAM, l’Autorité Portuaire regrette que le groupement patronal ait délaissé les canaux de concertation habituels au profit d’une dénonciation publique sur les plateformes numériques. Pour le PAD, cette rupture de la « démarche prudentielle de consultation » prive les acteurs d’une compréhension fine des enjeux techniques liés au scanning des marchandises.

Le Port rappelle avec fermeté que sa mission cardinale ne saurait souffrir d’aucune ambiguïté : garantir la sûreté des navires et des flux, tout en veillant à l’attractivité de la place portuaire. « L’offre de services publics portuaires de qualité à des tarifs compétitifs » demeure la boussole de l’institution pour soutenir la croissance nationale et sous-régionale.

Le scanning : une directive républicaine non négociable

Au cœur du débat se trouve la réorganisation du dispositif de contrôle non-intrusif (scanning 100 %) des flux imports/exports. Le PAD précise sans détour que ces mesures ne sont pas le fruit d’une fantaisie administrative, mais l’exécution directe des prescriptions de Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Sur la question épineuse des tarifs, l’Autorité Portuaire apporte une clarification juridique majeure : aucun tarif n’est appliqué de manière arbitraire. Chaque coût facturé aux usagers est le résultat d’un processus d’homologation rigoureux mené par l’Autorité Portuaire Nationale (APN), après consultation de la Communauté Portuaire elle-même. Le PAD souligne que les tarifs en vigueur depuis 2019, ainsi que ceux des opérateurs privés autorisés, respectent scrupuleusement ce cadre légal.

Un risque systémique mal identifié ?

L’un des points les plus saillants du communiqué réside dans l’identification de la source de blocage. Pour le PAD, le véritable « risque systémique » pour l’économie ne provient pas du scanning intégral des marchandises, mais de la décision unilatérale de l’Administration des Douanes de cesser la liquidation des déclarations. En déplaçant le curseur de la responsabilité, le PAD pointe du doigt une paralysie procédurale qui dépasse le simple cadre technique de l’inspection des conteneurs.

Le dialogue comme seul horizon

Malgré la fermeté des précisions, le Port Autonome de Douala se refuse à toute escalade conflictuelle. Invoquant le décret de 1999 organisant le Comité Consultatif d’Orientation (CCO PAD)  instance où siègent d’ailleurs les membres du GECAM, l’Autorité Portuaire invite à un retour à la table des négociations.

« Le PAD reste persuadé qu’aucune circonstance ne devrait conduire à la perturbation des procédures de passage portuaire », conclut le communiqué. Dans un contexte de concurrence régionale accrue, notamment avec la montée en puissance de la plateforme de Kribi, Douala-Bonabéri joue sa crédibilité. L’appel est lancé : seul un dialogue constructif entre les acteurs de la chaîne logistique permettra de préserver l’intérêt supérieur du commerce extérieur camerounais.

L’heure est donc à la cohésion, car dans le tumulte des échanges globaux, la stabilité d’un port reste le premier gage de sa prospérité.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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