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ENTRETIEN AVEC DJIMET CLEMENT BAGAOU

Le président du Parti Démocratique du Peuple Tchadien (PDPT), DJIMET clément BAGAOU : « la lutte doit continuer ».

Q : Investi le 9 mars dernier par votre parti à la présidentielle de mai 2024, votre candidature a été invalidée le 24 courant par le Conseil constitutionnel. Comment avez-vous reçu cette décision ?

R : L’invalidation de ma candidature est une surprise pour moi.  C’est étonnant parce que ce n’est pas la première fois que je suis candidat à l’élection au Tchad et c’est toujours devant le Conseil constitutionnel que nous enregistrons nos déclarations de candidature et qui ont toujours été validées par ce même Conseil. C’est dans les mêmes pièces et dans de mêmes conditions que ça a été fait. Malheureusement je vois mes dossiers rejetés pour des raisons qui en réalité ne tiennent pas.

Q : La raison évoquée par ce rejet, votre acte de naissance. Comment expliquer cela quand on sait que vous avez par le passé été candidat en 2011 et en 2017 ?

R : J’ai été candidat avec les mêmes pièces d’identité. Quand on me surprend aujourd’hui pour dire que le jugement supplétif n’est pas joint à l’acte de naissance, c’est vraiment du non-dit parce que quand on parle d’un jugement supplétif, c’est l’acte que vous devez vous faire délivré au niveau de la justice par le tribunal et c’est cet acte qui sert à l’officier d’état civil à établir l’acte de naissance. Donc c’est un document qui reste dans les archives de la mairie et de la justice mais ce n’est pas un document qu’on remet à l’intéressé pour qu’il traine avec et joigne aux éventuelles demandes d’emploi ou bien aux candidatures à une élection. Ce qui prouve à suffisance qu’au Tchad on ne respecte pas la justice. Ccelle-ci dépend des individus.  On n’applique la loi quand on veut, comme l’on veut. Sinon comment peut-on arriver à dire qu’une décision de justice et qui a permis d’établir un acte soit remise en cause, ce n’est pas admissible.

Q : Votre déclaration lors de la plénière du 18 mars relative à la résolution spéciale de soutien au président de la transition sur les évènements des 27 et 28 février 2024, et qui vous aurait fait prendre en chasse au sortir du Conseil national, ne serait-elle l’une des causes du rejet de votre candidature ?

R : Effectivement c’est l’une des causes du rejet de ma candidature, parce qu’ils se disent que je deviens une personne menaçante vis-à-vis de leurs pouvoir. Ils ont l’intention de confisquer le gouvernement et les gens qui leur tiennent tête sont écartés. Donc voilà l’une des principales raisons. Par ailleurs ils savent l’engouement autour de ma candidature aujourd’hui par le peuple. J’ai pris une mise en disponibilité en bonne et due forme depuis 2008. Ce qui m’a permis de créer le parti politique. Je me suis donc désengagé de toutes ces responsabilités militaires et depuis lors, j’exerce comme homme politique. Sur mes pièces d’identité je ne suis plus militaire mais je suis plutôt ancien chef. Je n’ai rien débuté aujourd’hui et ce n’est pas après 15ans qu’on me dira que je redeviens militaire. Quand je parle d’ex colonel c’est parce que je ne suis plus en exercice mais ce titre reste et dans mon CV. Ils vont dire que j’étais sur la liste des candidats retenus, mais c’est le président de la transition qui lui-même aurait donné des instructions pour absolument me dégager. Le président du Conseil constitutionnel ne sachant quoi faire serait obligé de tâtonner pour trouver des raisons de refuser ma candidature tout en sachant qu’il ne peut pas avoir recours, cela n’a pas été prévu pour la loi. Donc pour lui c’est une façon de me barrer la route. Comme ça, on perdra le temps à crier, dénoncer et les élections vont se tenir. Mais nous aujourd’hui faisons ce qu’il faut dans la logique qui est le boycotte. Nous demandons à l’ensemble de la population tchadienne de boycotter cette élection afin de mettre un terme à cette dictature qui est entrain de s’insérer.

Q : Un recours au conseil constitutionnel peut-il prospérer et vous faire réhabiliter ?

R : Non ! Nous nous sommes renseignés auprès des membres du Conseil constitutionnel mais ils disent qu’il n’y a pas de recours que ça n’a pas été prévu. Et ce n’est inscrit nulle part qu’il y a voie de recours. Cest insinué mais ils disent qu’ils ne savent pas dans quel texte.

Q : Le Conseil constitutionnel et l’Agence National de Gestion des Elections seraientils des organes de fraudes comme pense, une certaine opinion ?

R : Certainement. Quand vous voyez la composition de l’Agence chargée des élections, elle est pratiquement composé des militants d’un même bord. Le Conseil constitutionnel c’est pareil. Ils sont là simplement au service du président Mahamat Idris Deby, pour faire sa volonté. Ce ne sont pas des organes pour une élection crédible, libre et transparente. C’est juste pour jeter de l’huile sur le feu, voir le Tchad aller en ébullition.

Q : Vous êtes donc de ceux qui pensent que le Conseil constitutionnel aux ordres a roulé et roule pour le régime en place pour écarter les poids lourds de l’opposition ?

R : Vu ce qui s’est passé le 24, ça confirme qu’effectivement ils sont au service du régime en place et ils veulent faire croire qu’il y a eu une élection, présenter au Tchad ce qu’ils veulent en réglant le compte aux poids lourds politiques existant dans le pays. Pourtant, selon ce qu’on voit sur le terrain, le climat politique n’est pas en faveur de ce régime.

Q : Les candidats retenus ne sont-ils donc que de simples faire-valoir qui accompagneront le général Mahamat idriss deby itno à la victoire finale ?

R : Nous nous disons que ces candidats qui sont là, sont ceux qui ont un lien avec le général Idriss deby, ont signé des pactes pour lui permettre de rester au pouvoir et ils sont là pour l’accompagner. Je vous assure que c’est pas des candidats indépendants mais c’est la suite logique de la candidature du général Mahamat.

Q : Pourquoi appelez-vous à boycotter cette élection ?

R : Ce que nous appelons boycotte et nous réitérons notre position pour le boycotte, nous demandons au peuple tchadien de se tenir comme un seul et de boycotter cette élection. Nous utiliserons tous les moyens légaux pour que cette élection soit boycottée parce que ça ne vaut pas la peine qu’on organise un simulacre d’élection pour que le président de transition Mahamat puisse prendre un décret et se déclarer.      

Q : Sous quelle forme envisagez-vous ce boycotte ?

R : Nous ne demanderons pas aux tchadiens ou aux militants de voter la liste de Mahamat Idriss Deby Itno. C’est sa liste et non la liste des candidats, c’est une seule liste.

Q : Votre message aux militants de PDPT et à tout le peuple tchadien.

R : La lutte doit continuer et nous autres, notre vie est quotidiennement menacée. Moi par exemple, des gens m’ont trahi. Un voisin m’a prévenu que des militaires sont venu chez moi patrouiller quelques instants avant de partir. Vous voyez que nous sommes quotidiennement menacés mais ce qu’on demande au peuple tchadien c’est de tenir et de résister aux intimidations et à quelques menaces quelques soit le nombre de gens qu’ils vont emprisonner ou tuer ; le peuple tchadien finira toujours par vaincre. 

                                                                                                                                  Par Georges Martial NGALIEU

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