La capitale économique du Cameroun Douala est, ce jour ce 27 janvier 2026, le théâtre d’une réunion stratégique majeure pour l’avenir social et économique de la nation. Du 27 au 31 janvier 2026, experts gouvernementaux et partenaires internationaux se penchent sur la revue à mi-parcours du Projet Filets Sociaux Adaptatifs et d’Inclusion Économique. Ce vaste programme, doté de plus de 85 milliards de FCFA et soutenu par la Banque mondiale, vise à extraire plus de deux millions de Camerounais de la précarité chronique d’ici mars 2028, ancrant fermement le dispositif dans la vision d’inclusion sociale du Chef de l’État, Paul Biya.

Une Ambition Nationale Ancrée dans la Réalité
C’est Yvan Abena Afanda, Chef de la Division de la police et de l’organisation administrative aux Services régionaux du Littoral, qui a officiellement ouvert les travaux, en insistant sur l’importance cruciale de ce projet pour la politique nationale. Déployé sur 180 communes du territoire, le programme succède à une première phase (2013-2022) et s’articule autour de deux volets complémentaires, comme l’a détaillé Michelin Njoh, coordonnateur national : « un volet filets sociaux pour les ménages défavorisés, et un volet entrepreneuriat pour les jeunes de 18 à 35 ans. » Cette architecture bicéphale témoigne d’une volonté de ne pas seulement assister, mais aussi d’autonomiser les populations les plus vulnérables.


Des Résultats Palpables et Encourageants
À mi-parcours, le bilan est porteur d’optimisme. Plus de 90 000 ménages ont déjà bénéficié des transferts monétaires des filets sociaux. Dans le volet inclusion économique, 14 000 jeunes ont intégré des programmes d’accompagnement à l’entrepreneuriat, avec des fonds d’amorçage pouvant atteindre 275 000 francs CFA pour les initiatives du secteur informel.
Le concours « plan d’affaires », destiné aux entreprises existantes et à fort potentiel, a soutenu 1 000 structures, avec des appuis financiers allant jusqu’à 11 millions de francs CFA. Un fait marquant est que 754 de ces 1 000 bénéficiaires ont pu, grâce au projet, passer du statut informel à la formalisation, injectant une nouvelle dynamique dans le tissu économique local. Emma Wadie Hobson, responsable du projet à la Banque mondiale, a par ailleurs souligné l’orientation inclusive majeure du programme, avec plus de 60 % des bénéficiaires étant des femmes, ainsi qu’une attention particulière portée aux déplacés internes.


Défis et Perspectives d’Ajustement
Malgré ces succès, le chemin vers l’objectif de deux millions de Camerounais sortis de la pauvreté n’est pas sans embûches. L’absence de carte nationale d’identité chez de nombreux bénéficiaires constitue un frein majeur au déploiement du paiement électronique, pourtant essentiel pour la transparence et l’efficacité des transferts.
Par ailleurs, les défis sécuritaires dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest limitent encore l’étendue des activités, même si un plan de gestion de sécurité est en place pour un déploiement prudent dès début février. M. Njoh insiste sur la nécessité d’accélérer le rythme d’implémentation, notamment pour le volet entrepreneuriat.

Les tournées de terrain, menées à Yaoundé et Douala, ont confirmé l’utilisation conforme des fonds, avec des jeunes entrepreneurs investissant dans l’habillement, la coiffure, l’agriculture et l’agro-industrie, témoignant de la vitalité de l’ingéniosité locale. Cet atelier de Douala est donc une étape cruciale pour transformer ces constats en stratégies d’ajustement concrètes. Il s’agit de capitaliser sur les acquis, de surmonter les obstacles et d’assurer que, d’ici 2028, le Projet Filets Sociaux Adaptatifs et d’Inclusion Économique tienne pleinement sa promesse : faire de la jeunesse camerounaise le véritable moteur d’une économie plus juste et plus prospère.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

