CAMEROUN : L’IFC PRÉSIDE LE LANCEMENT DU CONSEIL DU SECTEUR PRIVÉ À DOUALA.

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Dans un contexte économique en pleine mutation, caractérisé par des réalignements globaux et une quête incessante de diversification, le Cameroun se dote d’un nouvel instrument de développement. La Société financière internationale (IFC), institution phare du Groupe de la Banque mondiale dédiée à l’accompagnement du secteur privé, a dévoilé son ambition de catalyser les investissements privés par le biais du lancement du Conseil du Secteur Privé à Douala. Cet événement, qui s’est tenu le 8 septembre 2026, marque une étape décisive dans l’ancrage de l’IFC au Cameroun et s’inscrit dans le Cadre de partenariat-pays (2025-2029).

La visite officielle de Monsieur Olivier Buyoya, Directeur de division pour l’Afrique centrale et le Nigéria, s’étendra du 7 au 12 septembre 2026. Nommé en juillet 2026 et fort d’une expérience probante à la tête des opérations de l’IFC en Afrique de l’Ouest, M. Buyoya est en première ligne pour piloter cette initiative. Sa présence au Cameroun témoigne de la volonté de l’IFC de consolider un portefeuille d’investissements à fort impact, tout en levant les contraintes aux flux de capitaux et en favorisant la création d’emplois durables dans le pays.

Ce nouveau conseil se positionne comme une plateforme stratégique, visant à influencer les politiques publiques et à orienter les investissements vers des chaînes de valeur présentant un potentiel élevé. À ce titre, les travaux inauguraux se sont structurés autour de quatre axes méthodologiques essentiels. En premier lieu, il s’agissait de valider une approche fonctionnelle et de définir des résultats opérationnels tangibles. Ensuite, le conseil a pour mission de prioriser les filières à fort potentiel méritant une mobilisation rapide de capitaux privés, en mettant en exergue des secteurs directionnels tels que l’agro-industrie, les infrastructures et l’énergie.

Troisièmement, une réévaluation des contraintes structurelles identifiées au début de l’année 2026 s’avérait nécessaire, afin de mesurer la persistance des obstacles entravant les investissements. Enfin, le conseil s’est engagé à élaborer une feuille de route strictement encadrée, accompagnée de la désignation de points focaux thématiques et d’un mécanisme de suivi-évaluation rigoureux.

Un aréopage des capitaines d’industrie : la coalition des champions locaux

Dans cette quête d’un nouveau pacte de croissance, l’IFC a su rassembler autour de sa table des figures emblématiques du tissu économique camerounais. Cet aréopage stratégique, constitué de leaders d’opinion et de professionnels aguerris, se démarque par la richesse de ses compétences et son potentiel d’impact.

Des leaders comme Célestin Tawamba, PDG de Cadyst Group, ou Kate Fotso, PDG de Telcar Cocoa, témoignent de la puissance de l’agro-industrie dans le pays. De même, Richard Lowe, à la tête du groupe Activa, représente les intérêts du secteur des assurances, tandis que Dieudonné Bougne du groupe Bocom, Khalil Farran de NOVIA Industries, et Bachir Kallas d’OPalm/Prometal incarne les aspirations de la métallurgie et de l’industrie manufacturière. Du secteur bancaire, Gwendoline Abunaw d’Ecobank et Ellis Asu d’Access Bank Cameroon sont de fervents soutiens à cette dynamique.

Également, Claire Gall, Directrice Générale de NHPC, apporte une expertise précieuse pour le pôle énergétique, tandis que Yanis Arnopoulos du Groupe Arno représente la grande distribution et fourniture d’énergie. Enfin, Gilbertine Wafeu, Directrice Générale de CMA CGM, met en avant les enjeux logistiques et maritimes nécessaires à l’essor des échanges commerciaux.

Un effet de levier financier mondial au service de l’émergence

Ce Conseil du Secteur Privé, grâce à l’engagement et à l’expertise conjuguée de l’IFC et de ces leaders économiques, se présente comme un levier crucial pour le développement économique du Cameroun. Il entend articuler les efforts nécessaires pour encourager les investissements dans des projets à fort impact, catalysant ainsi une industrialisation durable dans la sous-région.

En combinant l’expertise consultative internationale aux réalités opérationnelles et aux ambitions locales, l’IFC et le patronat camerounais engagent les transformations essentielles pour faire du Cameroun un modèle d’émergence en Afrique centrale. Cette initiative n’est pas seulement une réponse aux défis locaux ; elle s’inscrit également dans une dynamique de développement alignée sur les objectifs globaux de durabilité et de compétitivité internationale. En effet, en renforçant le dialogue entre le secteur public et le secteur privé, le Conseil vise à créer un environnement favorable aux affaires, propice à l’innovation et à une croissance économique inclusive.

Le rôle de l’IFC, en tant qu’entité mobilisatrice de capitaux privés, est déterminant. Avec un volume d’engagements record de 71,7 milliards de dollars pour l’exercice 2025, l’IFC démontre sa capacité à non seulement attirer des investissements directs, mais aussi à encourager la mise en place d’un écosystème d’affaires où les entreprises locales peuvent prospérer. Ce soutien financier, allié à des connaissances et des outils d’expertise, offre aux entrepreneurs camerounais l’opportunité de se développer dans un cadre structuré et sécurisé.

Les performances des secteurs stratégiques tels que l’agro-industrie, la manufacture et l’énergie seront particulièrement scrutées. S’appuyant sur les atouts naturels du pays, notamment dans la production agricole, l’IFC encouragera des initiatives qui visent à moderniser ces secteurs pour en accroître l’efficacité et la durabilité. Le maillon essentiel réside également dans le développement d’infrastructures robustes et durables, lesquelles sont fondamentales pour faciliter la circulation des biens et services, et attirer davantage d’investissements étrangers.

L’impact sur le développement durable

De plus, cette initiative ne peut négliger les enjeux de développement durable qui sont au cœur des préoccupations mondiales actuelles. En alignant les objectifs du Conseil du Secteur Privé sur les principes de durabilité et de responsabilité sociale des entreprises (RSE), l’IFC s’engage à promouvoir des pratiques qui respectent l’environnement tout en assurant un retour sur investissement économique. Les projets soutenus devront intégrer des stratégies d’atténuation des impacts environnementaux, contribuant ainsi aux objectifs de développement durable des Nations Unies.

Le lancement du Conseil du Secteur Privé à Douala représente une avancée significative vers la transformation économique souhaitée par le Cameroun. La synergie entre l’IFC et les acteurs du secteur privé local constitue un modèle à suivre pour les autres pays de la sous-région, appelés à renforcer leurs collaborations en matière d’investissements et de développement économique.

Cette initiative pourrait bien poser les jalons d’une nouvelle ère pour l’économie camerounaise, où la coopération entre le secteur public et privé se révèle cruciale pour relever les défis contemporains et préparer un avenir prometteur pour les générations à venir. En mobilisant des capitaux, en révisant les politiques publiques et en orientant les efforts vers des secteurs à fort potentiel, le Cameroun semble prêt à s’imposer comme un acteur incontournable dans le paysage économique africain, vibrant d’innovations et d’opportunités. Ce Conseil pourrait se révéler être, non seulement un tournant pour l’économie camerounaise, mais également un modèle d’engagement stratégique à l’échelle régionale, contribuant à la prospérité de toute l’Afrique centrale.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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