L’ÉMERGENCE D’UNE LOGISTIQUE SOUVERAINE EN ZONE CEMAC : LE FORUM DE DOUALA POSE LES JALONS DU RENOUVEAU ÉCONOMIQUE.

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Réunis le 30 juillet 2026 au Krystal Palace de Douala, les décideurs diplomatiques, les experts économiques et les géants du transport maritime et terrestre ont tracé les contours d’une intégration sous-régionale renouvelée. Sous l’impulsion des hautes orientations du Chef de l’État camerounais, Son Excellence Paul Biya, la deuxième édition du Forum sous-régional des acteurs du fret a débouché sur un consensus historique : la compétitivité des corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui ne relève plus de la simple ingénierie routière, mais d’un impératif de souveraineté numérique et sécuritaire.

Présidée par Son Excellence Armando Kote Echuaca, Ambassadeur de Guinée Équatoriale et Doyen du Corps diplomatique, la rencontre a réuni la quintessence institutionnelle de l’Afrique centrale. De la représentation de la Commission de la CEMAC, portée par S.E. Pierre Guillaume Boum Bissai, aux hauts commandements de la sécurité et de la diplomatie (MINREX, SED, DGSN), les assises ont consacré l’urgence d’une transition structurelle à l’heure où se déploie la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).

Le diagnostic sans complaisance : déconstruire l’illusion de l’asphalte

Le cadre analytique posé par le Professeur Joseph Vincent Ntuda Ebode, Coordonnateur scientifique des travaux, a résumé l’ambition de ces journées : « Un corridor ne se réduit pas à une bande d’asphalte ; c’est une construction normative, sécuritaire et numérique. »

Les débats, répartis en cinq panels d’experts, ont dressé la radioscopie rigoureuse des goulets d’étranglement qui asphyxient l’économie sous-régionale. En premier lieu, la fragmentation numérique des plateformes portuaires — au premier rang desquelles le Port Autonome de Douala — alimente des retards coûteux. À cette rupture de charge technologique s’ajoutent des frictions administratives débilitantes : prolifération de contrôles non réglementaires, péages improductifs et tarifications informelles qui alourdissent le coût final des marchandises. Enfin, la vétusté de certains tronçons routiers et la vulnérabilité sociale des conducteurs complètent ce tableau de contraintes.

La feuille de route de Douala : une réponse globale et numérisée

Pour juguler ces dysfonctionnements, les acteurs sous-régionaux ont arrêté une doctrine d’action résolument moderne, articulée autour de dix-huit recommandations prioritaires :

  • Souveraineté numérique et interopérabilité : Le Forum préconise la généralisation de solutions unifiées, à l’instar du système LANDFREIGHTiS promu par le Bureau de Gestion du Fret Terrestre (BGFT), combinée à l’interconnexion systématique des guichets uniques douaniers en zone CEMAC.
  • Rationalisation sécuritaire : L’accent est mis sur la réduction drastique des barrages fixes au profit de patrouilles mobiles ciblées et l’institutionnalisation d’un dialogue civilo-militaire permanent.
  • Partenariats Public-Privé (PPP) et infrastructures : À l’image du cofinancement de l’extension du Port de Kribi avec le groupe AGL, la feuille de route encourage la mobilisation de capitaux privés pour bâtir des aires de repos sécurisées et des hubs logistiques de nouvelle génération.
  • Gouvernance institutionnelle : La création d’un Comité Interministériel de suivi-évaluation aura pour charge de veiller à l’application contraignante des normes communautaires.

En scellant ce pacte à Douala, les États membres et les opérateurs privés réaffirment que l’Afrique centrale entend cesser d’être un espace de transit subordonné pour devenir un pôle logistique africain de premier ordre.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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