PARCOURS VITA DE DOUALA / QUAND LE MAIRE DE LA VILLE OUTRE PASSE CES PRÉROGATIVES : UNE COMÉDIE ADMINISTRATIVE OU UN JEU D’EN HAUT.

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Dans le domaine complexe et souvent tumultueux de la gestion municipale, l’affaire des suspensions qui secoue le Parcours Vita de Douala prend des allures de farce tragique. Le Maire, Roger Mbassa Ndine, a bravement défié l’autorité ministérielle en prenant une décision pour le moins contestable, qui ne laisse pas d’interroger – tant sur ses compétences que sur sa vision du leadership.

Il ressort qu’en date du 6 décembre 2025, le Maire a pris la décision audacieuse de suspendre Valentin Njoh, le Directeur du Parcours Vita, pourtant nommé par le ministre des Sports, un certain 20 août 2024. Qui aurait cru que le Maire, à l’instar d’un héros tragique, serait en mesure de prendre une telle initiative sans un regard en arrière ? Il semblerait, cependant, que la réalité s’est vite chargée de faire éclater cette bulle d’arrogance administrative.

Le préfet Mvongo Sylyac Marie est intervenu dans ce drame en brandissant un arrêté préfectoral, daté du 23 décembre 2025, qui ne laisse guère de place au doute sur l’incompétence du Maire. « La nullité absolue de la décision municipale », énonce le texte, est non seulement un rappel à l’ordre mais également un acte d’autorité déconcertant pour celui qui s’était cruellement surpassé dans l’exercice de ses prérogatives. Une décision pleine de panache, somme toute, mais qui frôle le ridicule.

Les termes choisis par le préfet sont sans appel : le Maire de Douala a outrepassé ses prérogatives. « Il est constaté », insiste le préfet, « la nullité de l’acte de suspension, dû à l’incompétence manifeste de son auteur. » La conséquence immédiate ? Le préfet ordonne que les scellés, illustrant la prise de contrôle illégale du bureau du Directeur, soient levés au plus vite. Quel spectacle que celui de l’administration, qui semble jouer d’un acteur à l’autre, sans véritable cohésion !

Précisons que cet arrêt préfectoral ne se limite pas à une simple mise en lumière des erreurs du Maire. En effet, il souligne le cadre légal qui entoure le fonctionnement des Parcours Vita, énoncé dans des arrêtés antérieurs – des règlements clairs que le Maire a choisi d’ignorer. À plusieurs reprises, le préfet rappelle la légitimité des nominations effectuées par le ministère, défiant ainsi la capacité du Maire à agir comme un cavalier solitaire dans ce paysage institutionnel déjà bien dense.

Dans une comédie où l’absurde rencontre la tragédie, la réaction de la Communauté Urbaine de Douala (CUD) met également en relief le contraste entre les forces en présence. Le ton employé sur les canaux de communication officiels n’hésite pas à évoquer une détermination sans faille à défendre ses prérogatives. “Nous irons jusqu’au bout,” proclame l’exécutif, renforçant ainsi l’idée que tout est à portée de main, surtout lorsque l’autorité peut sembler vacillante.

Au sein de ce récit, une question demeure : où sont les gardiens de la légalité lorsque des décisions aussi incohérentes sont prises, et comment peut-on permettre à une figure administrative de franchir ainsi les limites de sa compétence sans en subir les conséquences ? Avec un soupçon de sarcasme, on pourrait dire que ceci n’est qu’une autre représentation de ce qu’on appelle communément le « fonctionnement » de l’administration. Les comédies s’enchaînent, le public reste perplexe, et le Maire tente de garder la face – mais à quel prix ?

Ce scénario, bien qu’agrémenté d’une touche de théâtre, fait écho à une problématique sérieuse : l’énigme de l’autorité et des responsabilités au sein de l’administration. Alors que les décisions s’envolent et les compétences se diluent, le citoyen se demande avec légitimité qui tirera les ficelles et dans quel sens se dirige la barque municipale. En attendant, les ploufs de cette pièce absurde résonnent lourdement dans les couloirs de l’administration doualaise.

Dr Georges Martial Ngalieu

Journaliste – Écrivain

Directeur de publication

Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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