L’affaire prend des allures de polar. La société BMFORT-COMMERCE GENERAL, dirigée par Abdel Naser POUAMOUN, crie à l’injustice et à la spoliation. Un conteneur de 40 pieds, contenant des marchandises d’une valeur estimée à 70 millions de francs CFA, s’est volatilisé du Port Autonome de Douala (PAD) dans des circonstances pour le moins obscures.
Dans une correspondance datée du 14 avril 2025, adressée au Directeur Général du PAD, le PDG de BMFORT-COMMERCE GENERAL exprime sa stupéfaction et son indignation. Abdel Naser POUAMOUN affirme n’avoir jamais été notifié d’une quelconque vente aux enchères concernant le conteneur portant le numéro TCKU7525753, dont il est l’importateur officiel.
« Alors que nous venions de réunir les fonds nécessaires pour procéder au paiement des surestaries de l’armateur MAERSK ainsi qu’aux droits de douane, nous avons été surpris de constater que ledit conteneur ne se trouvait plus au port, au moment où nous nous apprêtions à engager les démarches de dédouanement, » écrit POUAMOUN dans sa lettre, dont une copie a fuité dans la presse locale.

Des Soupçons de Vente Illégale et des Zones d’Ombre
L’absence de notification de vente aux enchères et la disparition soudaine du conteneur suscitent de vives interrogations et alimentent les soupçons d’une vente illégale. Comment un conteneur de cette valeur peut-il disparaître sans laisser de traces ? Qui a pris la décision de le mettre en vente, et sur quelles bases légales ?
Le PDG de BMFORT-COMMERCE GENERAL n’hésite pas à exprimer ses « doutes quant à la régularité des circonstances ayant conduit à la mise en vente de ce conteneur » et demande instamment au Directeur Général du PAD de « diligenter les mesures appropriées afin de clarifier cette situation ».
Le PAD Sous Pression : Transparence et Enquête Exigées
Cette affaire met le Port Autonome de Douala sous pression. L’institution est désormais sommée de faire la lumière sur cette disparition et de dissiper les soupçons de pratiques frauduleuses. La transparence est de mise. Une enquête approfondie est exigée pour déterminer les responsabilités et punir les coupables, si faute il y a.
Plusieurs questions demeurent sans réponse :
• Le conteneur a-t-il réellement été mis en vente aux enchères ? Si oui, quelles sont les preuves de la notification à l’importateur ?
• Qui a bénéficié de la vente ? Le produit de la vente a-t-il été consigné conformément à la réglementation ?
• Quelles sont les procédures de sécurité en vigueur au PAD pour éviter de telles disparitions ? Sont-elles suffisamment efficaces ?

Un Signal d’Alarme pour le Climat des Affaires au Cameroun ?
Au-delà du préjudice subi par BMFORT-COMMERCE GENERAL, cette affaire soulève des inquiétudes quant au climat des affaires au Cameroun. La disparition d’un conteneur de cette valeur au sein d’une infrastructure portuaire soulève des interrogations sur la sécurité des biens et la fiabilité des procédures.
Cet incident pourrait dissuader les investisseurs étrangers et nuire à l’attractivité du Cameroun en tant que destination d’investissement. Il est donc crucial que les autorités prennent cette affaire au sérieux et mettent tout en œuvre pour rétablir la confiance des opérateurs économiques.
En Attente de Réponse du PAD
L’affaire est désormais entre les mains du Directeur Général du Port Autonome de Douala. La rapidité et la transparence de sa réponse seront déterminantes pour apaiser les tensions et rétablir la confiance. L’opinion publique attend avec impatience les résultats de l’enquête et les sanctions qui seront prises, le cas échéant. En attendant, le mystère du conteneur volatilisé continue de planer sur le port de Douala.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
DBA en stratégie _Marketing et communication politique universelle

