La décision courageuse de quitter la CEDEAO, l’affirmation d’une identité commune, et la promesse d’une intégration réussie au sein de l’AES.
Ce 6 janvier 2025, le Général Assimi Goïta, président de la Transition malienne, a marqué une étape historique dans le processus de consolidation de l’autonomie et de la coopération régionale. Sa déclaration, claire et sans ambiguïté, a confirmé le retrait du Mali de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une décision mûrement réfléchie et motivée par la volonté de construire un avenir plus solide et plus indépendant. « Ceux qui ne croient pas doivent croire, nous sommes sortis de la CEDEAO », a-t-il affirmé avec conviction, soulignant la détermination de son pays à tracer sa propre voie.
Au-delà de la décision de quitter la CEDEAO, le président Goïta a mis en lumière les raisons profondes qui ont conduit à ce choix. Il a dénoncé l’embargo imposé au Mali par l’organisation, une mesure qui, selon lui, a eu des conséquences néfastes sur la population. Il a comparé les actions de la CEDEAO à celles des groupes terroristes, une comparaison forte pour illustrer l’impact négatif de l’embargo sur la vie des Maliens. Cette analogie, bien que percutante, doit être comprise comme une manière de souligner le manque de solidarité et les entraves au développement imposées par la CEDEAO.
Mais au-delà des reproches adressés à la CEDEAO, le discours du président Goïta a surtout été une célébration de la solidarité et de la détermination des États membres de la Confédération des États du Sahel (AES). Il a salué la capacité de ces pays à résister aux tentatives de déstabilisation, affirmant ainsi leur force et leur unité. La création de l’AES apparaît donc comme une réponse à la volonté de ces pays de s’affranchir des pressions extérieures et de construire un modèle d’intégration régionale basé sur des valeurs communes.
L’engagement de l’AES se traduit par des actions concrètes, notamment l’arrivée prochaine d’un passeport unique, qui facilitera la mobilité des citoyens entre les États membres. C’est un symbole fort d’une intégration régionale qui place les peuples au centre de ses préoccupations. Le passeport AES n’est pas seulement un document de voyage, mais aussi une expression de l’identité commune et de la volonté de construire un espace de liberté et de solidarité.
La création d’une banque d’investissement commune est une autre initiative phare qui témoigne de la vision de l’AES. Cette banque permettra de financer des projets de développement d’envergure et de renforcer la coopération économique entre les États membres. C’est une preuve que l’AES ne se contente pas de discours, mais qu’elle met en place les outils nécessaires pour construire une économie prospère et solidaire.
UN MODÈLE POUR L’AFRIQUE
La décision du Mali et l’engagement des pays de l’AES ouvrent une nouvelle voie pour l’intégration régionale en Afrique. Ils montrent qu’il est possible de construire des alliances basées sur le respect mutuel, la solidarité, et la défense des intérêts communs. Ce modèle pourrait inspirer d’autres régions du continent, qui aspirent à une plus grande autonomie et à un développement endogène.
Ceux qui pourraient voir dans le départ du Mali de la CEDEAO un échec de l’intégration régionale devraient plutôt y voir une opportunité pour repenser les mécanismes de coopération et d’intégration. Le départ du Mali est un signal d’alarme pour les organisations régionales, qui doivent adapter leurs actions aux réalités et aux aspirations des peuples.
L’avenir de l’AES est porteur d’espoir. La solidarité entre ses membres, leur volonté de construire une région forte et autonome, et les actions concrètes qu’ils mettent en place, sont autant de signes positifs qui annoncent un avenir meilleur. La vision portée par le président Goïta et l’ensemble des dirigeants de l’AES est celle d’une Afrique qui prend son destin en main, qui ne se laisse pas imposer des modèles extérieurs, et qui construit son propre chemin vers le développement et la prospérité.
L’on peut dire que l’avenir de cette intégration régionale s’annonce prometteur et riche de perspectives.
Georges Martial Ngalieu

