Dans l’effervescence de la capitale économique du Cameroun Douala, là où le tumulte urbain semble ne jamais s’apaiser, une parenthèse de grâce et de solennité s’est ouverte ce mercredi 4 février sur l’esplanade de l’Hôtel de ville de Douala IIIᵉ. Sous un ciel clément, trente et un couples, portés par l’émotion et le devoir, ont franchi d’un pas assuré le seuil de la légalité matrimoniale. Cette cérémonie de mariages collectifs, loin d’être un simple apparat, s’est muée en un véritable manifeste pour la stabilité sociale et la protection de la cellule familiale.

Une liturgie civile sous l’exégèse de la Loi
La cérémonie, présidée par le maire Valentin Epoupa Bossambo, entouré de ses adjoints, s’est tenue sous le regard bienveillant des représentants du Bureau National de l’État Civil (BUNEC) et du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille. L’office a débuté par une lecture solennelle des articles 212 à 215 du Code civil camerounais, rappelant aux futurs époux que le mariage est avant tout un contrat de droits et d’obligations.
Si la loi consacre le mari comme chef de famille investi de la protection des intérêts communs, elle souligne avec une modernité nécessaire la suppléance de l’épouse en cas d’incapacité de ce dernier. Pour l’édile de Douala IIIᵉ, cet ancrage juridique constitue le socle d’une société harmonieuse, transmutant des sentiments privés en une institution reconnue et protégée par l’État.

Sortir de l’union libre pour sécuriser l’avenir
Le véritable enjeu de cette célébration réside dans la volonté politique de la commune d’encourager les populations à délaisser le concubinage au profit du mariage civil. Si l’union libre demeure une pratique ancrée, les autorités municipales ont fermement insisté sur son caractère précaire. En effet, seule l’alliance officielle offre les garanties juridiques indispensables, notamment en matière de reconnaissance de la responsabilité parentale et de protection des droits des enfants.
En formalisant ces 31 unions, la mairie de Douala III n’a pas seulement célébré l’affection ; elle a érigé un rempart contre la précarité successorale. C’est une œuvre de salubrité sociale qui vise à ancrer durablement la culture de la légalité au sein des foyers, garantissant ainsi une sécurité juridique pleine et entière aux descendants.

Février, mois de l’engagement et de la gratuité
Le choix du calendrier n’est point anodin. En ce mois de février, traditionnellement dédié à la célébration de l’amour, la municipalité a souhaité intensifier sa pédagogie matrimoniale. Une seconde vague de célébrations est d’ores et déjà annoncée, incluant cette fois une dimension religieuse en partenariat avec l’Église catholique, pour laquelle le passage devant l’officier d’état civil est un préalable non négociable. Les projections font état d’une participation record, témoignant de l’adhésion des populations à cette dynamique.
Face à l’assemblée, Valentin Epoupa Bossambo a tenu à rappeler une vérité essentielle : le mariage civil est gratuit au Cameroun. Exhortant ses administrés à s’éloigner des intermédiaires véreux, il a invité les couples à s’adresser directement aux institutions. Cette simplification des procédures est le levier choisi par la commune pour bâtir une cité où chaque foyer est une sentinelle de la stabilité nationale.

Le triomphe d’un engagement citoyen
La cérémonie s’est achevée dans une atmosphère de liesse populaire, ponctuée par les applaudissements nourris des familles et des proches. L’échange des consentements, moment d’une rare intensité, a scellé le passage de ces 31 couples vers un nouveau statut de citoyens « socialement responsables ».
En refermant ce chapitre nuptial, Douala III réaffirme que la famille demeure la clef de voûte de l’équilibre de la cité. Ces nouveaux époux repartent avec bien plus qu’un livret de famille : ils emportent la dignité d’un engagement reconnu par la République, posant ainsi une pierre supplémentaire à l’édification d’un Cameroun plus fort, fondé sur la solidité des cœurs et la force de la Loi.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

