À l’orée de l’année scolaire 2025-2026, le Professeur Nalova Lyonga, Ministre de l’Enseignement Secondaire, a tenu une assemblée capitale à Douala, réunissant les principaux acteurs du secteur privé. Cette rencontre, suscitée par des préoccupations persistantes, s’est focalisée sur l’expansion anarchique d’établissements scolaires clandestins dans la région.

Madame Thamar EBOA née NDENGUE MBONGO, Déléguée Régionale de l’Enseignement Secondaire pour le Littoral, a brossé un tableau alarmant de la situation éducative. Bien que les institutions privées représentent une part non négligeable du paysage scolaire régional (390 sur 598) et contribuent significativement aux résultats honorables enregistrés lors des examens officiels, le secteur demeure miné par des dysfonctionnements systémiques. Madame Eboa a pointé du doigt une gestion administrative et financière déficiente, un manquement aux obligations relatives à la plateforme gouvernementale « SchoolMap », ainsi que la pratique insidieuse de la « sous-traitance », par laquelle des écoles dûment autorisées cautionnent, en toute illégalité, des structures non agréées.

La Déléguée a révélé que la région du Littoral détient le triste record national, avec 70 établissements figurant sur la récente liste des fermetures prononcées par le ministère pour non-conformité aux normes. Elle a illustré cette situation par un exemple flagrant : le Collège Ngueson Charles à Bonaberi, qui dispense un enseignement général et technique complet à plus de 500 élèves, sans être titulaire du permis requis. Elle a souligné que ces opérations illégales sont souvent le fait d’établissements caractérisés par de faibles taux de scolarisation et une gestion approximative, qui détournent les codes d’examen d’écoles ayant cessé leurs activités.

Par ailleurs, dans une allocution empreinte de gravité, la Ministre Lyonga n’a pas usé d’euphémismes, qualifiant le secteur de l’enseignement privé à la fois de « domaine d’ambition d’une importance capitale » et de « secteur d’ambition le plus gangrené par la corruption ». Elle a instamment prié les propriétaires d’établissements de se considérer comme des partenaires de l’État, rappelant qu’ils pallient une carence que ce dernier ne saurait combler à lui seul. Madame Lyonga a stigmatisé les administrateurs scolaires qui envisagent l’éducation comme une simple source de revenus, déplorant que certains anciens fonctionnaires aient même détourné des biens scolaires, tels que des équipements informatiques. Elle a imploré les acteurs clés de conduire leurs institutions avec probité, en les considérant comme un legs précieux pour les générations futures.


Un point central de la réunion a été la présentation de la nouvelle plateforme numérique et du numéro d’immatriculation unique obligatoire pour tous les élèves, un projet inauguré lors de l’année scolaire 2024-2025. Ce code alphanumérique, constitué de neuf caractères, sera généré automatiquement par la plateforme accessible à l’adresse www.pagescolaire.cn. Son objectif est de formaliser l’identification des élèves, de combattre la fraude et de fournir des données centralisées permettant une prise de décision stratégique plus éclairée. La Ministre a insisté sur le fait que ce numéro devra impérativement figurer sur tous les documents officiels des élèves, notamment les bordereaux d’inscription aux examens, les bulletins de notes et les dossiers médicaux. Elle a également précisé que ce code suivra l’élève tout au long de sa scolarité, indépendamment de ses changements d’établissement.

Un des participants, M. Muma Zofunyui John, propriétaire de la « Memory Bilingual Comprehensive Security School » à Bonaberi, a exprimé son point de vue : « Cet événement revêt une importance cruciale, car, en tant qu’acteurs du secteur depuis plus de trois décennies, nous constatons avec effroi l’essor fulgurant des établissements scolaires illégaux. La réglementation stipule qu’une distance minimale d’un kilomètre doit séparer chaque établissement, ce qui est loin d’être respecté sur le terrain. Ces écoles qui prolifèrent ne bénéficient d’aucune autorisation. La venue de Madame la Ministre constitue, à mon sens, une première dans l’histoire du secteur éducatif du Littoral. Elle est venue prendre la mesure des préoccupations des promoteurs, nous honorant du titre de ‘promoteurs privilégiés’. Nous attendions une telle initiative depuis longtemps. Si elle se concrétise, elle permettra de mettre un terme définitif à ces pratiques illégales, à ces irrégularités et à ces transferts d’élèves d’un établissement à l’autre. En tant que promoteurs, nous ne pouvons que nous réjouir de cette perspective. J’ai toujours veillé à ce que mon établissement respecte les règles, car l’éducation est un domaine noble qui doit être préservé de toute forme de corruption. »
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

