CAMEROUN/SECTEUR HALIEUTIQUE : Le pari de la professionnalisation pour transformer la pêche en moteur de croissance a Douala.

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Le Ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), le Dr Taïga, a lancé ce vendredi 12 juin 2026, au débarcadère de Youpwe, un programme ambitieux de professionnalisation de la capture et de la collecte. Entre impératifs de qualité et structuration de l’interprofession, le gouvernement entend transformer un secteur de subsistance en un véritable levier de croissance économique.

En lançant, ce vendredi 12 juin 2026 à Douala, le programme de professionnalisation de la capture et de la collecte, le Dr Taïga, Ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales, a tracé la feuille de route d’une ambition nationale : convertir le potentiel halieutique du pays en une industrie structurée, exportatrice et à haute valeur ajoutée.

Le décor est celui du débarcadère de Youpwe, poumon de l’activité halieutique de la capitale économique. Mais l’ambiance, elle, est celle d’un tournant stratégique. Ce vendredi, le lancement du programme de professionnalisation de la pêche artisanale et semi-industrielle ne s’est pas limité à une simple cérémonie protocolaire. Il a marqué l’acte de naissance d’une « approche de résultats », selon les termes du Dr Taïga, Ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA).

De l’informel à l’interprofession

Le constat de départ est pragmatique : le Cameroun dispose d’atouts naturels indéniables, mais son secteur de la pêche de capture peine encore à peser de manière significative dans l’équation du Produit Intérieur Brut (PIB). Pour le gouvernement, l’enjeu est de passer d’une économie de subsistance à une économie de performance.

Le pivot de cette transformation réside dans un concept clé : la professionnalisation. Ce terme, répété avec insistance par le Ministre, n’est pas un vain mot. Il s’agit de l’opérationnalisation concrète de la loi sur l’interprofession adoptée il y a quelques années. En fédérant les acteurs — des pêcheurs de terrain aux collecteurs, jusqu’aux transformateurs — l’État cherche à créer une cohésion structurelle capable de stabiliser les rendements et de rationaliser les flux.

« Le facteur essentiel, ce sont les acteurs », a souligné le Dr Taïga. Cette reconnaissance de l’humain comme moteur de la chaîne de valeur vise à intégrer les pêcheurs artisanaux dans un écosystème moderne, capable de répondre aux exigences de la pêche semi-industrielle.

La conquête des marchés internationaux par la qualité

L’un des volets les plus critiques de cette stratégie est la conquête de la dimension qualitative. Dans un marché mondial de plus en plus exigeant, la capacité du Cameroun à exporter dépendra de sa maîtrise des normes sanitaires. À cet égard, la filière de la crevette, véritable pépite économique et l’un des rares produits halieutiques camerounais à fort potentiel d’exportation, est en ligne de mire.

Pour sécuriser ces débouchés, l’arsenal technique est déjà déployé. Le Ministre a tenu à rassurer les opérateurs sur la disponibilité d’infrastructures de pointe : des laboratoires de haut niveau sont opérationnels pour garantir la conformité des captures. Cette infrastructure de contrôle, couplée à un cadre réglementaire renforcé par de récents décrets sur l’industrie halieutique et la co-culture, constitue le socle de la crédibilité du « Label Cameroun » sur les marchés internationaux.

Le capital humain : le socle de la pérennité

Toutefois, la technologie et la réglementation resteraient stériles sans une main-d’œuvre qualifiée. Le Dr Taïga a ainsi mis en exergue la dimension pédagogique de cette réforme. Le gouvernement engage une relance massive de la formation technique pour doter le secteur de professionnels compétents.

Le maillage institutionnel est déjà en place : des Arts et Métiers Nautiques de Limbé aux centres de formation vétérinaire de Foumban, en passant par les écoles de maîtres pêcheurs, l’État mobilise ses structures pour assurer le transfert de compétences. L’objectif est clair : transformer le métier de pêcheur en une véritable carrière technique, maîtrisant aussi bien les arts de la capture que les impératifs de la gestion durable des ressources.

En alignant politiques publiques, infrastructures de contrôle et formation académique, le Cameroun ne se contente pas de réformer sa pêche ; il bâtit une véritable industrie halieutique, prête à affronter les défis de la sécurité alimentaire et de la croissance économique.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

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