Douala, Le paysage de la réparation des dommages corporels au Cameroun s’apprête à connaître une inflexion majeure. Alors que l’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation, d’erreurs médicales ou de sinistres professionnels est souvent entachée d’une imprévisibilité juridique et de délais de traitement excessifs, une nouvelle force structurante émerge : L’AREDOCAM.

L’Aredocam impulse une mutation systémique
Face à l’hétérogénéité des pratiques d’indemnisation et aux lacunes des référentiels actuels, l’Association pour l’étude de la Réparation du dommage corporel au Cameroun (l’Aredocam) entend professionnaliser le secteur. En prélude à son colloque de Douala, l’organisation pose les jalons d’une approche scientifique et harmonisée de l’intégrité physique.
Lors d’une rencontre avec la presse ce vendredi 5 juin 2026, le bureau exécutif de l’association, sous l’égide de sa présidente, le Docteur Patricia Kom, a dévoilé les ambitions d’une organisation qui, bien que jeune — créée en juillet 2025 —, aspire à devenir l’arbitre technique et scientifique de la réparation du préjudice physique dans l’espace CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances).

Un impératif de convergence pluridisciplinaire
Le diagnostic dressé par l’Aredocam est sans appel : l’absence de référentiels communs génère une insécurité tant pour les victimes que pour les acteurs du secteur (assureurs, experts, magistrats). Cette fragmentation des méthodes d’évaluation de l’atteinte à l’intégrité physique fragilise l’équité de la réparation.
Pour pallier cette défaillance, l’Aredocam se positionne comme un carrefour de concertation transdisciplinaire. En réunissant médecins légistes, experts judiciaires, juristes et assureurs, l’association ambitionne de créer une synergie entre la science médicale et la norme juridique. L’objectif est de transformer une pratique souvent empirique en une discipline rigoureuse, fondée sur des données probantes.


Les deux piliers de la stratégie : Recherche et Expertise
La feuille de route de l’Aredocam s’articule autour d’un binôme stratégique destiné à professionnaliser l’ensemble de la chaîne de valeur de l’indemnisation.
Le premier axe, celui de la recherche scientifique, vise à combler un vide documentaire critique. Le Cameroun pâtit d’un déficit d’ouvrages de référence traitant spécifiquement du droit et de la médecine de la réparation. La Redocam entend produire des guides et des études qui serviront de socle aux décisions de justice et aux règlements transactionnels.
Le second axe, axé sur le renforcement des compétences, cible l’accréditation et la formation des intervenants. En optimisant la qualité de l’expertise médicale et technique, l’association entend réduire drastiquement les délais de traitement des dossiers, facteur clé de la crédibilité du système assurantiel et de la restauration de la dignité des victimes.

Un rendez-vous décisif à Douala
L’aboutissement de cette phase de structuration sera marqué par un colloque de haut niveau le 11 juin 2026 à Douala. Placé sous le thème : « L’expertise au cœur du processus d’indemnisation du préjudice corporel au Cameroun : Enjeux et perspectives », cet événement scientifique doit acter le lancement opérationnel des chantiers de recherche et de formation.
À moins d’un an de sa création, l’Aredocam ne se contente pas de proposer une réforme technique ; elle porte une ambition sociétale. En plaçant l’humain et la rigueur scientifique au centre de la réparation, l’association s’impose déjà comme l’acteur incontournable pour mettre fin à l’ère de l’arbitraire et instaurer une culture de la responsabilité et de l’équité au Cameroun.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique


