À l’Assemblée générale du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), tenue ce mardi 03 novembre 2026 à son siège de Douala, une distinction honorifique a été remise à Maître Alice Mkom, en reconnaissance de son engagement en faveur des droits humains. À 81 ans, l’avocate a accueilli cet hommage comme un moment d’émotion, mais aussi comme un rappel : celui d’un combat collectif dont elle fut l’une des premières artisans.
« J’étais là, au début », a-t-elle rappelé, évoquant sa contribution à la création du réseau et son soutien à sa directrice exécutive, Maximilienne. Voir le REDHAC grandir et poursuivre ses activités malgré les difficultés lui procure, dit-elle, un « plaisir quotidien ». Dans son propos, la distinction dépasse ainsi la consécration personnelle : elle devient un hommage à celles et ceux qui ont bâti l’organisation et continuent de la faire vivre.

Un engagement revendiqué malgré les épreuves
Maître Mkom a également évoqué sa récente condamnation à un an d’emprisonnement avec sursis, à la suite d’une procédure liée à des propos qu’elle avait tenus au sujet d’une décision du ministre de l’Administration territoriale. Elle conteste cette décision et affirme qu’elle maintiendrait ses propos si l’occasion se représentait. Ces déclarations, qui relèvent de son appréciation des faits, ont donné à son intervention une tonalité particulièrement grave.
L’avocate a précisé que Maximilienne, également poursuivie dans cette affaire, avait été relaxée. Elle a présenté son propre rôle comme une forme de protection de la dirigeante et du réseau : « J’ai préféré prendre les balles à sa place », a-t-elle déclaré, dans une image qui résume sa conception du courage militant. Elle a aussi exprimé son inquiétude face à la pression et aux chocs émotionnels auxquels, selon elle, la directrice exécutive est exposée.

La relève, condition de continuité
Au-delà du témoignage, l’intervention de Maître Mkom a porté un message de transmission. Elle a appelé les responsables du REDHAC à préparer la relève afin que d’autres générations puissent prolonger le travail engagé. Une organisation de défense des droits, a-t-elle suggéré, ne saurait dépendre d’une seule personne : sa pérennité repose sur des équipes, des convictions partagées et des relais capables de poursuivre l’action.
« Les lianes plient, mais ne rompent jamais », a-t-elle lancé, revendiquant cette image pour décrire la résistance du réseau. La distinction reçue prend alors une portée plus large : elle célèbre une trajectoire, mais rappelle aussi le prix de l’engagement et la nécessité de protéger celles et ceux qui le portent. Pour Maître Alice Mkom, le combat demeure collectif — et l’hommage, au fond, appartient au REDHAC tout entier.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de Publication
Expert Consultant International en Stratégie Marketing et Communication manager et Politique

