Au Cameroun, comme sur l’ensemble du continent africain, un phénomène alarmant émerge des établissements scolaires : la violence. Frappes physiques, harcèlement, incivilités et attaques verbales sont désormais monnaie courante dans les salles de classe, un environnement censé être propice à l’apprentissage et à l’épanouissement. Face à cette situation préoccupante, Peace Bus Association s’érige en champions de la paix, adoptant une stratégie fondée non pas sur la répression mais sur l’éducation aux droits humains et à la paix. À l’occasion de la dédicace du guide pratique de Mme Viviane Clémence Nguimeya Demefack, intitulé Éducation à la paix et aux droits de l’homme en milieu scolaire : Guide des méthodes et activités, l’association a convoqué les journalistes pour un échange stratégique déterminant.

Une Ambition Ancrée dans la Réalité
Peace Bus Association ne se contente pas de proférer des discours. Son ambition est claire : transformer les familles et les écoles en véritables espaces de dialogue, de paix et de respect des droits fondamentaux. Dans un contexte où les violences scolaires prospèrent, l’association mise sur la proactivité éducative. Le guide de Mme Nguimeya Demefack constitue un outil pragmatique, proposant des méthodes simples et applicables, telles que les « 5 minutes de la paix », la discipline sans violence, et la gestion pacifique des conflits. Ces pratiques visent à donner aux enfants les clefs d’une coexistence harmonieuse dans un milieu scolaire de plus en plus conflictuel.
Cependant, la simple existence d’un guide, si prometteur soit-il, ne garantit pas son impact. Il doit être activement promu et intégré dans la culture scolaire. C’est ici qu’intervient le rôle vital des médias.

Le Rôle Primordial de la Presse
Peace Bus Association a compris une vérité essentielle : il n’y a pas de paix sans éducation à la paix, et il n’existe pas d’éducation à la paix sans relais médiatique. Historiquement, le traitement médiatique des violences scolaires s’est largement limité à des faits divers tragiques. Cette approche sensationnaliste, plutôt que de prévenir, alimente la peur et la fatalité.
Ainsi, l’association propose un changement de paradigme : transformer l’information en un vecteur de prévention et de sensibilisation. Il est crucial que les journalistes apprennent à analyser les problèmes sous-jacents, valoriser les initiatives positives et diffuser des solutions qui portent leurs fruits. Chaque support médiatique a un rôle crucial à jouer. Par exemple, la radio peut véhiculer des messages en langues locales pour toucher la communauté, tandis que la télévision peut illustrer des exemples d’écoles ayant réussi à implanter des pratiques de médiation entre élèves. La presse écrite et en ligne peut, quant à elle, publier des chroniques sur le rôle des parents et des éducateurs dans la promotion d’une culture pacifiste.
En rassemblant les journalistes, Peace Bus Association ne cherche pas seulement un soutien ponctuel. L’objectif est de construire un réseau durable de professionnels engagés pour l’éducation à la paix. Ce réseau implique une coordination adéquate, un canal de communication pour le partage d’informations, un calendrier prévisionnel des productions, ainsi qu’un mécanisme pour évaluer les engagements pris durant cette concertation.

Une Initiative à Portée Africaine
La portée de cette concertation dépasse les frontières du Cameroun et interpelle l’ensemble du continent africain. La problématique scolaire n’est pas unique à une région ; elle est révélatrice de tensions sociales plus larges. Le chômage des jeunes, la crise de l’autorité parentale, la montée des discours de haine sur les réseaux sociaux, et la normalisation de la violence comme mode de résolution de conflits touchent tous les pays africains.
Ainsi, Peace Bus Association, en mobilisant les journalistes vers une mission collective, pose les bases d’une réflexion nécessaire sur l’éducation à la paix. Il s’agit d’ériger les médias en partenaires actifs de la paix, leur conférant le pouvoir d’éduquer, de sensibiliser et de proposer des solutions durables face à la crise de la violence scolaire.

L’avenir des générations futures, unis par la culture de la paix, dépend de l’engagement de la presse à transformer cette vision en réalité. L’éducation à la paix est plus qu’un concept, elle est l’avenir que nous pouvons bâtir ensemble, une voix à la fois.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de Publication
Expert Consultant International en Stratégie Marketing et Communication manager et Politique

