Face à l’urgence d’une flambée épidémique qui frappe durement le pays, le Cameroun muscle sa riposte sanitaire. Ce mercredi 14 octobre 2026, le Centre de Santé Intégré de Bonanjo, dans l’arrondissement de Douala 1er, a servi de cadre au lancement officiel de la Campagne nationale de vaccination de suivi contre la rougeole et la rubéole pour la région du Littoral. Sous la houlette des autorités administratives et sanitaires, cette mobilisation de cinq jours vise à ériger un bouclier immunitaire autour des enfants de 9 à 59 mois.

Un lancement de terrain sous haute tension épidémique
Donné en présence de l’adjoint au sous-préfet de Douala 1er, du Dr Nelé Jembe Christian, chef de district de santé de Deïdo, de la responsable du CSI de Bonanjo et des équipes de vaccination, le coup d’envoi de cette campagne marque l’aboutissement d’une préparation minutieuse. Quelques jours plus tôt, le 9 octobre, un briefing stratégique présidé par le Dr Charles Yopndoi, Délégué Régional de la Santé Publique du Littoral, avait fixé le cap aux acteurs de terrain et aux médias pour endiguer l’avancée du virus.
La situation nationale impose en effet une vigilance absolue. Selon les données officielles partagées par les ministères de tutelle, le pays comptabilise déjà près de 9 800 cas suspects et 18 décès imputables à ces pathologies évitables, tandis que 116 districts de santé sont touchés à l’échelle nationale.

Briser la chaîne de transmission : l’impératif de la cible 9-59 mois
Le Dr Nelé Jembe Christian n’a pas mâché ses mots lors du lancement à Bonanjo : « Depuis janvier 2026, nous avons enregistré beaucoup de cas et de décès. Il est urgent de renforcer l’immunité de ces enfants qui ne sont pas couverts. »
La campagne cible spécifiquement la tranche d’âge de 9 à 59 mois, population la plus vulnérable face aux complications mortelles de la rougeole. L’objectif opérationnel affiché est sans ambiguïté : atteindre un taux de couverture de 100 % pour éliminer les poches de vulnérabilité. Lorsque l’immunité collective atteint ce seuil, le virus perd sa capacité de propagation au sein de la communauté.

L’appel pressant aux parents et l’exigence de la prévention
Malgré la gratuité et l’efficacité des doses administrées, les équipes de santé font face à des défis persistants d’hésitation vaccinale.
Les autorités sanitaires appellent donc les familles à ouvrir leurs portes aux agents vaccinateurs mobiles et à se rendre spontanément dans les formations sanitaires en cas de doute.

« Chaque enfant que l’on perd, c’est un Camerounais qui aurait pu être un leader de demain », a rappelé avec émotion le chef de district de Deïdo. Du 14 au 18 octobre 2026, la réussite de cette campagne dans le Littoral dépendra de la mobilisation civique de chaque parent pour préserver la santé et l’avenir de la jeunesse camerounaise.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

