Dans son traditionnel message de fin d’année, le Président de la République s’est adressé à ses compatriotes avec la force d’un mandat renouvelé. Entre fermeté politique, bilan d’infrastructures et annonce d’un tournant historique dans le secteur de l’énergie, Paul Biya a défini 2026 comme l’année du décollage définitif vers l’émergence.
Le message était attendu. Le premier discours de fin d’année du nouveau septennat a tenu ses promesses, tant sur la forme que sur le fond. S’exprimant deux mois après sa réélection éclatante du 12 octobre 2025, le Chef de l’État, Paul Biya, est apparu comme le garant d’une « mission sacrée » : celle de conduire le Cameroun vers la prospérité dans la stabilité.
Le sacre de la maturité démocratique
D’entrée de jeu, le Président a tenu à placer son action sous le signe de la légitimité populaire. En qualifiant sa victoire d’octobre dernier de « témoignage de satisfaction » pour le travail accompli, il a lié son destin à celui de la nation. « J’entends, comme par le passé, continuer à consacrer tout mon temps et toute mon énergie » à cette mission, a-t-il déclaré, réaffirmant son contrat de confiance avec le peuple.
Toutefois, ce tableau d’une démocratie enracinée n’a pas occulté les tensions post-électorales. Paul Biya a fustigé, avec une fermeté notable, l’attitude de « certains leaders politiques irresponsables » ayant tenté de déstabiliser le pays après le scrutin. En saluant la « maturité » des Camerounais face à ces soubresauts, il a rappelé que l’unité nationale reste le socle non négociable de son magistère.
Souveraineté énergétique : le coup d’éclat « ENEO »
C’est sans doute l’annonce la plus forte de ce discours : la reprise de la société ENEO par l’État. Pour de nombreux analystes, il s’agit d’un virage stratégique majeur. Paul Biya a instruit cette reprise pour restaurer la « souveraineté énergétique » du Cameroun. Ce secteur névralgique, qui nécessite des investissements massifs, ne peut plus souffrir d’aléas de gestion privée au moment où le pays accélère son industrialisation.
Le bilan énergétique présenté est d’ailleurs éloquent. Avec l’entrée en service du barrage de Nachtigal et la multiplication des centrales solaires dans les régions septentrionales, l’offre d’électricité connaît une progression réelle. « L’achèvement de ces chantiers permettra de mieux desservir les industries et les ménages », a-t-il assuré, promettant une fin prochaine aux désagréments liés à la distribution électrique.
Résilience économique et investissements massifs
Malgré un contexte international complexe, marqué par l’inflation et l’instabilité des marchés, le Président a dressé un bilan économique robuste. Grâce aux réformes structurelles menées avec les partenaires internationaux, les finances publiques ont été assainies et le budget d’investissement a connu une hausse significative.
Cette solidité financière se traduit par une volonté de maîtriser l’inflation tout en boostant la production locale. L’objectif est double : répondre aux besoins immédiats des populations tout en préparant le terrain pour une croissance durable. Les progrès notés dans l’approvisionnement en eau potable, tant en milieu urbain que rural, s’inscrivent dans cette dynamique d’amélioration concrète du bien-être citoyen.
La paix, condition sine qua non du progrès
Sur le plan sécuritaire, le ton est resté martial mais reconnaissant. Paul Biya n’a cessé de louer le « professionnalisme » des forces de défense et de sécurité. Engagées sur plusieurs fronts contre le terrorisme et la criminalité, ces troupes restent le rempart nécessaire à la mise en œuvre des grands projets de développement. Le message est clair : aucun développement n’est possible sans la paix, et l’État ne faiblira pas dans sa mission de protection des biens et des personnes.
2026 : l’appel à l’ingéniosité nationale
Pour conclure, le Chef de l’État a lancé un appel vibrant à la mobilisation générale. « Si nous restons unis, rien ne nous sera impossible », a-t-il martelé, invoquant le courage et l’ingéniosité des Camerounais. Ce discours de fin d’année n’était pas qu’une simple formalité protocolaire ; c’était une feuille de route pour 2026.
En plaçant son nouveau septennat sous le signe de la détermination et de la vérité, Paul Biya semble vouloir accélérer le rythme. Entre la reprise en main de l’énergie, l’intensification des infrastructures routières (évoquée comme priorité pour l’année qui commence) et la promotion de l’emploi des jeunes, le Chef de l’État a posé les jalons d’un Cameroun qui refuse la fatalité.
2026 s’ouvre donc sous le signe d’un optimisme tempéré par la vigilance, avec un leadership qui revendique sa légitimité pour transformer les défis en victoires.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

