« À la faveur d’un entretien mardi dernier avec la Voix de l’Afrique, le révérend Pierre-Martial OLOMO EVINA présente les réalités et les enjeux du carême ».


- Le 14 février a marqué le début du carême. Pour mener à bien cette période, dites-nous, qu’est-ce que le carême ?
Je le défini tout simplement comme un temps liturgique et de pénitence. Dans ce mot on retrouve deux notions essentielles, la prière et la pénitence. C’est donc le moment d’attirer l’attention de Dieu sur les souffrances que nous traversons chaque jour. Cette attirance se fait à travers les jeûnes, la purification et de façon facultative les offrandes.
2- Que devons-nous comprendre par la purification et le jeûne, est-ce l’utilisation des huiles bénite ou alors la restriction de nourriture ?
Les chrétiens du 21e siècle ont basé le jeûne sur la nourriture. Jeûner c’est se priver de ce que l’on aime le plus. Faire souffrir son esprit par rapport à sa demande. Cela prouve à Dieu à quel point notre problème nous touche mais également que rien sur cette terre ne peut nous rendre infidèle à lui. Alors loin de là à dire que c’est la nourriture qui est le sacrifice ultime. Vous ne pouvez pas demander à quelqu’un qui passe 2 jours sans manger de jeûner de nourriture, ce serait se moquer de Dieu. Quant à un saoulard, son sacrifice serait de laisser l’alcool pendant son temps de jeûne car c’est ce à quoi il tient réellement. En ce qui concerne la purification, Il s’agit de forcer son esprit à devenir aussi saint que l’âme d’un bébé. C’est à dire sans rancœur, sans jalousie, sans méchanceté, sans convoitise. Parce que ces tous ces vices et bien d’autres qui rendent notre âme impure.


- Pourquoi 40 jours de pénitence ?
Ces 40 jours ne sont pas choisis au hasard. Ils représentent les 40 jours que Jésus a passé au désert à jeûner et les 40 années que le peuple d’Israël a passé à traverser le désert. Cette décision de carême remonte au 4e siècle. Les anciens d’église se sont rassemblés et ont trouvé anormal de traverser la fête Pasquale comme une simple célébration. Selon eux, ce qui est tout à fait logique, cette fête devrait être traversé dans un état de pureté.
- Est-ce que le carême est uniquement réservé aux chrétiens catholiques ou alors les autres obédiences y sont invitées ?
Le problème se situe au niveau des obédiences. Nous avons des églises qui ne reconnaissent pas la valeur ou la nécessité de cette pratique. Par exemple comme les églises protestantes qui estime qu’il n’est pas nécessaire d’effectuer une pénitence pour attendre ce que l’on souhaite de Dieu. Néanmoins, tout pasteurs d’âme et tout chrétiens confondu peuvent faire le carême car c’est une histoire de foi.


- Est-ce que cette étape de purification se poursuit après le carême ?
Je tiens d’abord à préciser que durant le carême vous serez persécuté car le diable ne veut pas que vous atteigniez votre objectif sinon cela signifie que vous l’avez vaincu. Maintenant pour celui qui a réussi à tenir tout au long du carême, Jésus lui-même dit « prier sans cesse ». L’homme ne doit jamais s’arrêter de prier. Même après le carême il faut rester dans ce même état de prière, d’ailleurs pour celui qui juge que son carême ne s’est pas bien passé, il peut décider de recommencer. La décision revient à tout un chacun, la foi est personnelle. L’église catholique est là pour accompagner les chrétiens à retrouver une paix et une discipline mais le choix final revient au croyant.
Nina NGONO (stagiaire)
