La diaspora camerounaise, via le CCD et l’INTER-DIASPORA CAMEROUNAISE DES LIBERTES, a adressé un mémorandum poignant au Pape François, dépeignant une situation politique et sociale alarmante au Cameroun. Le décès récent du souverain pontife, survenu peu après la réception de cette lettre, ajoute une dimension particulière à cet appel désespéré.
Un climat de crise et d’incertitude plane sur le Cameroun, et la diaspora ne reste pas silencieuse. Le Conseil Camerounais de la Diaspora (CCD) et l’INTER-DIASPORA CAMEROUNAISE DES LIBERTES, regroupements de Camerounais de l’étranger, ont lancé un cri d’alarme en adressant un mémorandum au Pape François. Ce document, récemment rendu public et parvenu à notre rédaction, dépeint une situation politique et sociale jugée catastrophique sous la présidence de son excellence Paul Biya, et sollicite l’intervention urgente du Saint-Père. L’annonce récente du décès du Pape François, survenu peu de temps après la réception de ce mémorandum au Vatican, confère une résonance particulière à cet appel désespéré.

Un tableau sombre du Cameroun sous Biya
La lettre, au ton grave et urgent, dresse un bilan accablant du Cameroun sous la gouvernance de Paul Biya. Elle pointe du doigt une « stagnation et inactivité du pouvoir », imputant au chef de l’État une incapacité physique et intellectuelle à gouverner, menant à une « paralysie des institutions » et une gestion « par procuration ». L’âge avancé du président, bien que non directement mentionné dans la lettre, est implicitement mis en cause, suggérant un affaiblissement de ses capacités à exercer pleinement ses fonctions.
Le mémorandum dénonce également un « dysfonctionnement de l’État », illustré par l’absence de réunions statutaires importantes telles que les congrès du parti au pouvoir, les conseils des ministres et le Conseil supérieur de la magistrature. Cette situation, selon les auteurs, traduit un délitement généralisé de l’appareil étatique et une perte de contrôle de la part du pouvoir central.
La corruption endémique et la « débandade de la justice » sont également pointées du doigt. La corruption est présentée comme une gangrène qui ronge l’ensemble de la société camerounaise, tandis que la justice est décrite comme étant en « débandade », conséquence directe du manque de gouvernance et de l’impunité dont bénéficient certains responsables.
Le système électoral camerounais est également vivement critiqué. Les auteurs du mémorandum dénoncent un système « taillé à la mesure » de Biya, où les institutions sont inféodées au pouvoir et incapables de garantir une élection équitable. Cette situation, selon eux, hypothèque toute perspective de changement démocratique et perpétue le statu quo.

Une crainte : un huitième mandat
La perspective d’un huitième mandat de Paul Biya est perçue comme une catastrophe pour le Cameroun. Les auteurs du mémorandum craignent que cette prolongation du pouvoir ne fasse qu’aggraver une situation déjà jugée désespérée et ne conduise le pays à un point de non-retour.

Un appel au Pape : Persuasion et implication électorale
Face à cette situation alarmante, le CCD et l’INTER-DIASPORA CAMEROUNAISE DES LIBERTES se tournent vers le Pape François. Ils sollicitent son intervention personnelle auprès du Président Biya, en tant que figure d’autorité morale et guide spirituel. La demande principale est que le Pape utilise son influence pour persuader Paul Biya de renoncer à se présenter à un nouveau mandat, en lui rappelant des principes bibliques de sagesse et de retraite.
Dans l’hypothèse où Biya persisterait dans son ambition de se présenter à un huitième mandat, le mémorandum supplie le Pape de demander à l’Église catholique du Cameroun de s’impliquer activement dans l’observation et le contrôle du processus électoral d’octobre 2025 afin de garantir une élection libre et transparente. Cette demande témoigne d’une profonde méfiance envers les institutions camerounaises et d’un espoir que l’Église catholique puisse jouer un rôle de garant de la démocratie.

Un appel vibrant et une crise de confiance
Ce mémorandum est un cri d’alarme poignant, révélant une crise de confiance profonde envers le gouvernement camerounais et une inquiétude grandissante quant à l’avenir du pays. Il souligne le besoin urgent de changement et fait appel à une figure d’autorité morale, le Pape François, pour intervenir et aider à garantir un avenir plus démocratique et transparent pour le Cameroun.
Le décès récent du Pape François, survenu peu après la réception de ce mémorandum au Vatican, ajoute une dimension particulière à cet appel. Reste à savoir si le nouveau pontife reprendra le flambeau et répondra aux attentes de la diaspora camerounaise, soucieuse du sort de son pays d’origine. L’avenir du Cameroun, plus que jamais incertain, est suspendu à l’action des acteurs politiques et religieux, tant au niveau national qu’international. L’espoir d’une transition démocratique, et la nécessité d’une meilleure gouvernance, restent plus pressants que jamais.
Dr. Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique universelle
