« Aller à l’école dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest reste dangereux pour les enfants, ainsi que pour les enseignants, comme en témoigne la chaîne continue d’attaques violentes contre l’éducation depuis 2017 (HRP 2023). La crise dans les régions anglophones a eu un impact majeur sur le secteur de l’éducation. Les groupes armés non étatiques (GAANE) interdisent l’éducation administrée par le gouvernement depuis septembre 2017. En 2021, deux écoles sur trois ont été non opérationnelles, affectant plus de 800 000 élèves ».
C’est ce qui ressort de l’atelier ouvert ce 17 Aout 2023 à douala, sur l’élaboration de la feuille de route de la déclaration pour la sécurité dans les écoles au Cameroun. Ont pris part à cette rencontre placé sous la direction du Ministre de l’enseignement secondaire, le Groupe local de l’éducation (LEG), les partenaires de tous les autres ministères concernés, notamment le MINEDUB, le Ministère de la défense, le Ministère de la justice,… ; ainsi que les parties prenantes des organisations non gouvernementales locales et internationales Unicef, Plan International.

Il sera concrètement question lors de cet atelier qui va du 17 au 19 Aout, de trouver des stratégies, des activités qui vont permettre l’élaboration et validation d’une feuille de route contextualisée pour des activités scolaires sûres en 2023 pour une mise en œuvre au Cameroun afin de mieux implémenter la Safe School Declarationetd’assurer des environnements protecteurs sûrs pour l’apprentissage des enfants, en particulier dans les zones de forte insécurité et de conflit, pour rendre le système éducatif au Cameroun résilient a toutes les attaques.

Selon Dr SHEWA MADELIENNE, Directeur des examens, concours et de la certification au MINESEC, par ailleurs point focal UNICEF/MINESEC, représentant le Ministres des Enseignements Secondaire,Les attaques perpétrées contre l’éducation au Cameroun, se manifestent sous forme de crise. L’on peut citer entre autres l’insurrection de boko Haram dans l’extrême nord, le conflit armé entre les forces armées gouvernementales et des groupes armés non étatiques, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, L’insurrection des groupes rebelles centrafricains dans la région de l’Est. Toutes ces crises ont un impact sur le système éducatif …

« La thématique qui nous rassemble ici porte sur la résilience du système éducatif camerounais. En effet, quelles sont les actions que nous pouvons adopter pour protéger l’éducation contre les attaques de tout genre. il s’agit donc pour nous de continuer en tant que technicien des différentes administrations, l’élaboration d’une feuille de route d’implémentation réelle de la Safe School Declaration au Cameroun afin de garantir l’éducation et la protection des jeunes Camerounais », a indiquéDr SHEWA MADELIENNE, Directeur des examens, concours et de la certification au MINESEC, par ailleurs point focal UNICEF/MINESEC.
Avant d’ajouter, « Ces résultats sont pour le système éducatif camerounais. Parce que l’éducation est un droit fondamental et nous devons rendre le système éducatif résilient, de nos jours nous avons plusieurs attaques contre l’éducation, et cela compromet l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) », a précisé Dr SHEWA MADELIENNE.


Selon le rapport 2022 sur « L’éducation attaquée » de la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (GCPEA), plus de 55 incidents d’attaques contre des élèves et du personnel ont été signalés et plus de 65 incidents d’attaques contre des écoles, principalement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les attaques terroristes dans ces régions ont entraîné la fermeture d’environ 5018 écoles (2 912 publiques, 2 106 privées). Plus de 15 840 enseignants (10872 publics, 4 968 privés) et 322 687 élèves (240 313 publics, 82 374 privés) sont touchés, avec environ 31 871 élèves déplacés vers d’autres régions. Cela est dû aux menaces, à la torture violente, à l’enlèvement, aux abus sexuels ou à l’exploitation.
Pour le Colite du cluster éducation Plan International Cameroun, au niveau des zones en crises notamment du nord-ouest et du Sud-ouest, et qui œuvre ensemble avec des partenaires locaux, des associations locales pour essayer de voir comment on peut apporter des mesures fortes pour la résilience du système éducatif dans ces zones. L’organisme au côté de ces partenaires techniques et financiers, sont là pour accompagner le gouvernement du Cameroun dans la mise en œuvre de la sécurisation autour des écoles.

« plan international est un partenaire majeur qui est fortement implanté au niveau des communautés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, pour effectivement apporter cet appuis psychosocial au niveau des communautés, au niveau des enfants et au niveau des enseignants. Bref toute la chaîne éducative Camerounaise présente dans ces régions bénéficie l’appui de plan international en matière d’amélioration des conditions d’accès des enfants et de la qualité de l’éducation. Notamment en apportant auprès de ces populations affectées un appui en termes d’infrastructure scolaire dans les zones un peu plus sûres, à savoir les zones du Nord-ouest et du Sud-ouest », a précisé Célestin TETANG,Edication program Lead a plan Cameroun.


Même son de cloche pour Georges BISSIONGOL, Education Officer a Unicef. « les partenaires réunis ici autour du gouvernement accompagnent la mise en œuvre de cet engagement. Parce que le droit à l’éducation est un droit fondamental et nous accompagnons donc le gouvernement pour que ce droit même en situation de crise ou de conflit doit être garantie pour les enfants. Nous accompagnons le gouvernement a la formation des enseignants, à la formation du personnel non enseignant même à prendre en charge les enfants qui ont été victime de ces attaques-là », a-t-il indiqué.


Avant de poursuivre, « Il y a des actions qui sont menées, nous avons par exemple la formation du personnel enseignant notamment en appuis sco-social. Nous avons également ce que nous appelons la réduction de risques de catastrophes qui sont en réalité des plans que nous accompagnons le gouvernement dans leur mise en œuvre au niveau des écoles, afin de préparer les écoles, les élèves, les enseignants, le personnel d’encadrement à répondre en cas d’attaque. à savoir par exemple mettre sur pied des mécanismes d’alerte s’il y’a des attaques et comment répondre. mais également nous avons développé dans le cadre de la coopération nous les partenaires ont avec le gouvernement, des formes alternative d’éducation. Qui veut dire que nous avons par exemple des plateformes, nous avons des programmes éducatifs radio entre autres pour s’assurer qu’effectivement les enfants puissent continuer d’apprendre même s’il y’a des crises, même si les écoles sont victimes d’attaques », explique Georges BISSIONGOL, Education Officer a Unicef.


Pour rappel, la ‘’Safe School Declaration’’ est un engagement qui a été pris par le gouvernement camerounais depuis 2018, qui vise principalement à garantir la protection de l’éducation contre les attaques. Notamment quand il y a des conflits ou quand il y a des crises.
Georges Martial Ngalieu

