CAMEROUN : L’UDC PROPOSE UN « CONTRAT RÉPUBLICAIN » POUR STRUCTURER L’ALTERNANCE.

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Face à l’émiettement persistant de l’opposition camerounaise, l’Union démocratique du Cameroun (UDC) propose une nouvelle architecture de coopération politique. Présenté par sa présidente nationale, l’honorable Tomaino Ndam Njoya, le « Contrat républicain » entend transformer les alliances électorales conjoncturelles en une plateforme durable de mutualisation des forces du changement. Le dispositif s’appuierait sur une charte fixant les droits, les devoirs, les critères d’investiture et les sanctions applicables aux membres.

L’appel a été formulé dans un contexte marqué, selon l’UDC, par l’affaiblissement des institutions, la restriction de certaines libertés publiques, les crises sécuritaires et les tensions postélectorales. Dans son propos, la présidente nationale de l’UDC a insisté sur la nécessité de faire du Cameroun une véritable « République des droits », fondée sur le dialogue, la liberté d’expression, le droit de manifester, la dignité humaine et la participation citoyenne.

Du constat de crise à l’exigence de dialogue

La dirigeante politique a appelé à une révision participative de la Constitution du 18 janvier 1996, afin de l’adapter aux mutations politiques, économiques, sociales, culturelles et environnementales du pays. Elle a également plaidé pour une meilleure prise en compte des revendications syndicales, des mobilisations citoyennes et des aspirations de la jeunesse.

Son discours a évoqué plusieurs épisodes de l’histoire politique récente : les mouvements sociaux des années 1990, les crises postélectorales de 2018 et 2025, la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que les violences liées à Boko Haram. Pour l’UDC, ces événements démontrent les limites d’une gouvernance fondée sur la contrainte et soulignent l’urgence d’un dialogue politique franc, inclusif et durable.

La formation politique invite également les médias à renouer avec leur mission d’information, d’éducation et de modération du débat public. La presse, estime-t-elle, ne devrait pas contribuer à l’exacerbation des tensions, mais favoriser la compréhension mutuelle et la recherche de solutions.

Tirer les leçons des alliances inabouties

Le « Contrat républicain » se veut aussi une réponse aux échecs répétés des coalitions de l’opposition. L’UDC a fait référence à plusieurs expériences antérieures, notamment la Coordination nationale de 1991, l’Union pour le changement de 1992, la Coalition pour la transition nationale de 2004, le G7 de 2011 et la dynamique de candidature consensuelle de 2025.

Ces initiatives, selon l’UDC, ont souvent été fragilisées par l’absence de règles communes, les ambitions concurrentes, le déficit de confiance et le manque de mécanismes contraignants. Le nouveau contrat entend donc inscrire la coopération politique dans un cadre écrit, transparent et accepté à l’avance.

Le dispositif s’adresserait aux partis politiques, aux organisations de la société civile, aux syndicats, aux médias et aux personnalités indépendantes. Il concernerait les élections municipales, régionales, législatives, sénatoriales et présidentielle.

Des règles pour encadrer les candidatures communes

L’une des principales innovations annoncées réside dans la définition de critères communs d’investiture. Aucune candidature ne serait considérée comme un droit automatique. Les candidats devraient notamment justifier d’un ancrage local réel, d’une crédibilité personnelle, d’une moralité publique, d’une capacité de mobilisation, d’une représentativité et d’une expérience suffisante.

Le contrat prévoirait également la signature de conventions de mandat, destinées à encadrer le comportement des élus une fois investis. Des sanctions pourraient être appliquées en cas de défaillance ou de manquement aux engagements pris.

La gouvernance du dispositif serait confiée à un conseil des leaders, chargé d’assurer la coordination et le suivi du contrat. L’entrée en vigueur interviendrait après l’adoption et la signature du texte par les partis participants.

L’UDC propose enfin la constitution de listes communes dans certaines circonscriptions, sur la base de conventions spécifiques, ainsi qu’une candidature consensuelle de l’opposition à l’élection présidentielle. La surveillance des bureaux de vote, avant, pendant et après le scrutin, figure également parmi les engagements annoncés.

Au-delà de la portée électorale, le « Contrat républicain » se présente comme une tentative de refondation de la culture politique camerounaise. Sa crédibilité dépendra toutefois de la capacité des formations signataires à respecter la parole donnée, à accepter la discipline collective et à subordonner les ambitions individuelles à un projet national commun.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de Publication
Expert Consultant International en Stratégie Marketing et Communication manager et Politique

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