Longkana Agno Simon, connu sous son nom d’artiste Longuè Longuè, est au cœur d’un scandale qui secoue le Cameroun. Une vidéo, datant d’il y a cinq ans, vient de refaire surface sur les réseaux sociaux, montrant le musicien camerounais torturé de manière sauvage par des individus qui se présentent comme des agents de sécurité.
La vidéo, qui a fait le tour du monde, montre Longuè Longuè menotté, les jambes coincées sous une chaise, frappé avec une machette et suppliant ses bourreaux de le laisser vivre.
La diffusion de ces images a déclenché un torrent de réactions. Des personnalités politiques, des organisations de défense des droits humains et des citoyens ordinaires ont exprimé leur indignation face à cette barbarie. Le ministre chargé de la défense, Joseph Beti Assomo, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur cette affaire et identifier les auteurs de ces actes.


Me Alice Nkom, présidente du Réseau de Défense des Droits de l’Homme en Afrique Centrale (REDHAC), a déclaré que cette affaire est d’une importance capitale et qu’elle mobilise l’attention du monde entier. Le REDHAC a d’ailleurs annoncé qu’une plainte serait déposée contre le gouvernement camerounais et une lettre serait adressée au président de la commission africaine des droits de l’homme et au rapporteur spécial sur les actes de tortures.
Longkana Agno Simon, actuellement en exil, s’est exprimé dans une interview accordée à la chaîne de télévision internationale TV5 Monde. Il a confirmé l’authenticité de la vidéo et a déclaré avoir été victime de sévices de la part d’agents de sécurité camerounais sous les ordres d’Emile Bamkoui Julien.

Selon Longuè Longuè, ses bourreaux, parmi lesquels Ben Tambala, ancien commandant de la sécurité militaire, et d’autres militaires qu’il peut identifier sur la vidéo, l’ont torturé parce qu’il avait osé exprimer son opinion après l’élection présidentielle de 2018, affirmant que Maurice Kamto avait gagné. « Ce ne sont pas des démocrates mais des dictateurs », a-t-il déclaré, expliquant que les personnes qui l’ont torturé ne veulent tolérer aucune opinion divergente.
Les images de la torture de Longkana Agno Simon ont choqué les Camerounais. Les réseaux sociaux sont inondés de messages de soutien au musicien et de condamnation des actes de barbarie commis par les agents de sécurité.
De nombreux Camerounais font le lien avec l’affaire Martinez Zogo, un journaliste retrouvé mort en janvier 2023 après avoir été torturé et disparu. Ces deux affaires illustrent un climat de peur et d’impunité qui règne au Cameroun, où les critiques du pouvoir sont souvent victimes de sévices et d’intimidations.

L’enquête ouverte par le gouvernement camerounais est attendue avec impatience. Les citoyens exigent justice pour Longkana Agno Simon et demandent que les responsables de cette torture sauvage soient punis.
Cette affaire soulève également des questions sur les pratiques de la sécurité camerounaise et sur la liberté d’expression dans le pays. Le Cameroun doit faire face à ses démons et s’engager véritablement sur la voie de la justice et de l’état de droit.
Nina NGONO

