La lutte contre la faim et la malnutrition en Afrique centrale prend un nouvel élan grâce à une formation sous-régionale de haut niveau qui s’est tenue à Brazzaville, en République du Congo, du 23 au 25 avril 2025 dernier. Cet événement, orchestré par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avec le soutien précieux de la Coopération espagnole, a réuni des parlementaires, des représentants d’organisations internationales, des universitaires et des acteurs de la société civile, dans une synergie d’efforts visant à trouver des solutions durables à ces défis cruciaux.
Placée sous le thème central du droit à l’alimentation et de l’agriculture sensible à la nutrition, cette formation a permis aux participants d’approfondir leur compréhension des enjeux et de renforcer leurs compétences en matière de formulation de politiques publiques efficaces. L’objectif affiché était clair : doter les parlementaires et autres acteurs multisectoriels des outils nécessaires pour intégrer pleinement la dimension nutritionnelle dans les stratégies de sécurité alimentaire, tant au niveau national que sous-régional.
Pendant trois jours intensifs, les échanges ont mis en lumière l’importance cruciale de la nutrition dans la sécurité alimentaire, ainsi que le rôle clé de l’agriculture sensible à la nutrition pour garantir le droit fondamental à une alimentation adéquate pour tous. La FAO a insisté sur le fait que le droit à l’alimentation doit constituer une boussole pour les États dans l’élaboration de leurs politiques et stratégies, tant au niveau national que sous-régional.

*Le Droit à l’Alimentation : Un Impératif Éthique et Juridique*
La FAO a rappelé avec force que le droit à l’alimentation est un droit humain fondamental, reconnu par la Déclaration universelle des droits de l’homme et d’autres instruments juridiques internationaux. Ce droit implique pour les États l’obligation de garantir à tous, en tout temps, l’accès physique et économique à une alimentation suffisante, nutritive et culturellement acceptable.
Les gouvernements et les parties prenantes sont donc appelés à agir avec détermination pour transformer les systèmes alimentaires, en plaçant le droit à l’alimentation au cœur de leurs actions. Cette approche implique une vision holistique qui prend en compte l’ensemble des étapes, de la production à la consommation, en intégrant les dimensions humaine, institutionnelle et environnementale.
Transformer les systèmes alimentaires implique également d’améliorer les institutions, les infrastructures, les règlements et les marchés qui les structurent. Les ressources investies doivent être optimisées pour rendre ces systèmes plus équitables, durables et résilients. Ces transformations doivent bénéficier à tous les acteurs de la chaîne alimentaire, des producteurs aux consommateurs, en passant par les travailleurs qui tirent leurs moyens de subsistance de ces systèmes.

*Agriculture Sensible à la Nutrition : Une Approche Innovante*
La formation de Brazzaville a également permis d’approfondir la compréhension des principes de l’agriculture sensible à la nutrition. Cette approche novatrice consiste à concevoir des systèmes agricoles qui contribuent à améliorer la nutrition et la santé des populations, en tenant compte de leurs besoins spécifiques.
Cela implique une meilleure organisation des États et des parties prenantes pour formuler des politiques d’intervention dans le cadre du Réseau des Alliances parlementaires d’Afrique centrale pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (RAPACSAN). Ce réseau constitue une plateforme essentielle pour le dialogue, l’échange d’informations et la coordination des actions entre les parlementaires de la région.
L’agriculture sensible à la nutrition encourage notamment la valorisation des cultures locales riches en nutriments, la diversification des productions agricoles, l’amélioration des pratiques agricoles et la promotion de régimes alimentaires équilibrés.

*Un Tableau Sombre qui Exige une Action Urgente*
Les statistiques alarmantes présentées par la FAO lors de la formation de Brazzaville témoignent de l’urgence d’agir. Près de 40% des enfants de moins de cinq ans en Afrique centrale souffrent de malnutrition chronique, et 60% de la population de cette sous-région vit sous le seuil de pauvreté. Ces chiffres sont inacceptables et soulignent la nécessité de mettre en œuvre des solutions efficaces et concertées.
La formation de Brazzaville a offert aux participants l’opportunité de renforcer leurs connaissances sur plusieurs thématiques essentielles, notamment la concrétisation du droit humain à l’alimentation, tel qu’inscrit dans des textes fondamentaux comme la Déclaration universelle des droits de l’homme. De plus, elle a mis en lumière l’importance de l’agriculture sensible à la nutrition en tant que levier de transformation, en intégrant des approches novatrices comme la valorisation des cultures locales riches en nutriments. Enfin, elle a souligné le rôle primordial des parlementaires dans la conception de politiques agricoles et nutritionnelles inclusives.
Cette formation sous-régionale de Brazzaville marque une étape importante dans la lutte contre la faim et la malnutrition en Afrique centrale. Elle a permis de renforcer les compétences des parlementaires et des acteurs de la société civile, et de les mobiliser autour d’une vision commune : celle d’un avenir où tous les habitants de la région auront accès à une alimentation adéquate, nutritive et durable. La balle est désormais dans le camp des États, qui doivent traduire ces engagements en actions concrètes.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique universelle

