TOKOMBERE : LES POPULATIONS EXPOSENT L’INJUSTICE ET L’INACTION DU RÉGIME BIYA AUTOUR DU PONT DE SERAWA

0
247

À Tokombéré, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, la colère gronde. Cinq ans après la promesse de réhabilitation du pont de Serawa, les habitants de cette localité expriment leur indignation face à l’inaction du gouvernement de Paul Biya. Ce pont, vital pour la mobilité et le développement de la région, est devenu le symbole d’une promesse non tenue, d’un abandon et d’une injustice flagrante.

En 2019, sous l’effet de pluies diluviennes, le pont de Serawa s’est effondré, isolant des populations et entravant la vie socio-économique de Tokombéré. Une mission ministérielle avait été dépêchée sur les lieux, et 1,5 milliard de francs CFA avait été débloqué pour reconstruire cet ouvrage, ainsi que celui de Mizao à Maroua. Mais tandis que le pont de Mizao a été réhabilité, celui de Serawa demeure un trou béant, une plaie ouverte dans le cœur de la communauté.

« Nous avons été trahis », témoigne un habitant de Tokombéré, exprimant un sentiment largement partagé. « On nous avait promis un pont, mais on n’a eu que des paroles. Cinq ans après, on se demande où est passé l’argent et pourquoi on nous a abandonnés. » Cette frustration est palpable, elle émane d’une population qui se sent délaissée, ignorée par le pouvoir central.

Le pont de Serawa n’est pas une simple infrastructure ; c’est un élément essentiel de la vie quotidienne à Tokombéré. Il relie le lycée à l’hôpital de la ville, il permet aux agriculteurs de transporter leurs produits vers les marchés, il facilite l’accès aux services de base. Son absence entrave tous ces aspects, plongeant la population dans une situation précaire et d’isolement.

Les habitants de Tokombéré ne comprennent pas l’inertie du gouvernement. Ils dénoncent un manque de considération, une négligence qui a des conséquences directes sur leur vie. Ils se demandent où est passé l’argent alloué à la réhabilitation de ce pont et pourquoi leurs appels à l’aide restent sans réponse.

Cette situation a renforcé un sentiment d’injustice et d’amertume au sein de la population. Certains soupçonnent des détournements de fonds, d’autres dénoncent l’indifférence du régime de Paul Biya envers les populations de l’Extrême-Nord. Le pont de Serawa est devenu un symbole de la déconnexion entre le pouvoir et les citoyens.

À l’approche des prochaines échéances électorales, les habitants de Tokombéré entendent faire entendre leur voix. Ils sont déterminés à ne pas oublier cette injustice et à faire payer politiquement ceux qui ont bafoué leurs promesses. Ils veulent un pont, mais aussi la reconnaissance de leur dignité et de leur droit à un développement équitable.

Le journal Voix de l’Afrique continue de suivre de près cette situation et tiendra ses lecteurs informés de l’évolution de ce dossier. La population de Tokombéré a décidé de ne plus se taire et de se battre pour ses droits. Leur voix mérite d’être entendue.

Georges Martial Ngalieu

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici