POLIOMYÉLITE : LE LITTORAL EN VIGILANCE RENFORCÉE FACE À LA RÉSURGENCE DU POLIOVIRUS VARIANT, INFORMER, RASSURER ET PROTÉGER LES ENFANTS.

0
215

Du 29 mai au 1er juin, une vaste campagne de vaccination sera déployée dans la région du Littoral, en parfaite synchronisation avec les autres pays de la sous-région. L’objectif est clair : atteindre au moins 95% des parents pour garantir une couverture vaccinale optimale des enfants, en particulier ceux de la maternelle et du primaire. La communication a été faite au cours d’un briefing Médias ce 23 mai 2025 a Douala.

Malgré l’acquisition, en 2020, du statut de pays libre de poliovirus sauvage, le Cameroun reste confronté à une menace persistante : la poliomyélite due au poliovirus variant. Depuis novembre 2024, de nouveaux cas ont été détectés dans les districts de santé de Deido, Kousseri et Vélé, plaçant le pays en situation d’urgence sanitaire. Cette recrudescence, sur fond de circulation accrue du poliovirus variant dans la sous-région, notamment au Nigeria, au Tchad et en Centrafrique, rappelle la nécessité de maintenir une vigilance constante et de poursuivre activement la vaccination.

Lors de ce briefing Médias tenu à Douala ce jour, Léonard Ewane Coordinateur du Programme Élargi de Vaccination dans le Littoral (PEV-LT), en partenariat avec l’UNICEF et d’autres acteurs de santé, a insisté sur la nécessité de ce deuxième tour de riposte vaccinale, couplé à la Semaine d’Action de Santé et de Nutrition Infantile et Maternelle (SASNIM), synchronisée avec les pays du bassin du Lac Tchad. « Les interventions majeures de cette campagne sont l’administration du vaccin polio oral aux enfants de 0 à 59 mois, la supplémentation en vitamine A pour les enfants de 12 à 59 mois, et le traitement préventif intermittent contre le paludisme pour les femmes enceintes à partir de la 13e semaine de grossesse », a-t-il précisé.

La poliomyélite, maladie très contagieuse provoquée par le poliovirus, se transmet principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Elle peut entraîner une paralysie irréversible, voire la mort. Pour Léonard Ewane, « il n’y a aucun danger à faire vacciner un enfant plusieurs fois. Bien au contraire, plus l’enfant est vacciné, mieux il est protégé. En cas d’épidémie, il est recommandé de vacciner tous les enfants à chaque campagne, quel que soit leur statut vaccinal ».

La campagne s’accompagne aussi de la distribution de vitamine A, essentielle pour renforcer l’immunité, améliorer la vision, favoriser la croissance et réduire la mortalité infantile. « La dose administrée s’épuise au bout de six mois, il est donc crucial de renouveler la supplémentation pour éviter les carences », rappelle le coordinateur régional.

Léonard Ewane a également souligné l’importance de la surveillance active des maladies évitables par la vaccination : « Nous allons renforcer la recherche de cas de paralysie flasque aiguë pour la polio, mais aussi des cas suspects de rougeole, de fièvre jaune ou de tétanos néonatal. »

Une mobilisation multisites et adaptée

La campagne s’appuiera sur plusieurs stratégies pour toucher toutes les cibles :

– Postes fixes dans les formations sanitaires,

– Postes fixes temporaires dans les chefferies, églises, écoles, marchés et autres lieux de rassemblement,

– Stratégies spéciales adaptées aux réalités locales, notamment dans les zones rurales où les familles se déplacent dans les champs. Les équipes de vaccination ajusteront leurs horaires pour ne laisser aucun enfant de côté.

Il est à noter que certaines écoles, en raison du calendrier scolaire, organiseront des séances de vaccination supplémentaires dans les jours suivant la campagne officielle afin de permettre à tous les enfants d’être protégés.

Informer et rassurer, une mission collective

La réussite de cette campagne dépend aussi de l’engagement des médias et de chaque citoyen. Les journalistes sont invités à relayer l’information, à commencer par leur entourage immédiat, puis via tous les canaux disponibles. Il est essentiel de rappeler que le vaccin est gratuit, sans danger et que les cas constaté des effets secondaires sont rares et mineurs.

Le message est clair : prévenir vaut mieux que guérir. Les parents sont donc invités à saisir cette opportunité pour protéger la santé de leurs enfants et contribuer à l’effort collectif de prévention.

Ce dispositif de riposte, qui combine vaccination, supplémentation nutritionnelle et surveillance accrue, vise à protéger les enfants et les mères, et à préserver les acquis du Cameroun dans la lutte contre les maladies évitables. Face au risque d’importation permanente, la mobilisation de tous reste la clé pour maintenir le pays à l’abri des épidémies.

Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique universelle

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici