Le monde médiatique camerounais est en deuil. Il a perdu l’une de ses figures les plus emblématiques, Siewe Samy Zato, décédé le 9 mars 2026 à l’hôpital Laquintinie de Douala, suite de maladie. Ce matin du mois de mars, les cœurs se sont embrumés, les regards se sont voilés de larmes et la presse locale, qu’il a tant aimée et servie, s’est unie pour rendre un hommage à celui qui, par son professionnalisme et sa passion, a su élever la voix des Camerounais.
Samy Zato ne se contentait pas d’informer ; il a su incarner un véritable pont entre l’information et la population. Ses articles, empreints de rigueur et d’humanité, ont toujours cherché à refléter la réalité du Cameroun, à travers les joies et les peines de son peuple. Sa nécrologie est aussi celle d’un homme qui, par le biais du journalisme, a su embarquer les lecteurs dans l’univers foisonnant de Douala, des petites histoires des quartiers jusqu’aux grands événements nationaux.
Le corps de Samy Zato a été transféré le même jour du 9 mars 2026 à la morgue de l’hôpital de district de New Bell, où il a été levé le 26 mars 2026 par ses proches, ses amis et ses collègues. L’office qui s’est tenu à l’église Notre-Dame de Victoire a réuni des personnalités du monde de la presse, des hommes politiques, et des citoyens touchés par sa disparition. La douleur de son absence était palpable, mais elle était également teintée de gratitude envers un homme qui a tant donné pour la profession. Ce dernier hommage a mis en lumière l’affection qu’il inspirait à tous ceux qui l’ont côtoyé.
La veillée, qui s’est déroulée à New-Bell Source, a permis à chacun d’évoquer des souvenirs, des anecdotes, des rires et des larmes, rappelant combien Samy Zato a marqué les cœurs. Il a été inhumé le 28 mars à Tencheu, par Bana, dans le département du Haut-Nkam (Ouest). En cette terre qu’il chérit tant, il repose désormais, mais son héritage demeure vivant.
Siewe Samy Zato a vécu pleinement sa passion pour le journalisme. De La Voix du Centre à Front Hebdo, il a tissé des liens inextricables entre les mots et les vies. Chaque match de football couvert, chaque reportage sur la vie scanner à Douala, portait les empreintes de son engagement et de sa proximité avec le terrain. Voix singulière de la New-Bell Liga, il offrait aux matches de quartier une gravité entretenue par une bonne dose d’humour, transformant le sport en un véritable spectacle populaire. À travers sa plume, il a su capturer l’essence des événements, rendant ceux qui l’écoutaient acteurs de leur propre histoire.
Samy Zato ne se contentait pas de rapporter des faits ; il les humanisait. Il était une voix qui prenait ses interlocuteurs au sérieux, une voix qui savait écouter avant de parler. Un homme dont l’humanité transparaissait dans chaque mot et chaque phrase. Par son travail acharné, il a soutenu et promu la voix des plus vulnérables, donnant un écho aux maux et aux espoirs du peuple camerounais.
Aujourd’hui, alors que la presse locale cherche à tourner une nouvelle page, elle le fait avec le souvenir vivant de Samy Zato, cette plume et cette voix qui ont marqué des générations. Il nous rappelle combien le journalisme est une vocation sacrée. Dans le souffle de son héritage, que l’écho de sa passion continue à inspirer de nouvelles générations de journalistes à porter la voix des sans voix. Samy Zato repose désormais en paix, mais son esprit demeure, vibrant à travers les lignes, au service de la vérité et de la justice.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

