_*Sous le ciel de la capitale économique camerounaise, une nouvelle page de la coopération bilatérale entre Ankara et Douala vient de s’écrire en lettres de cuivre et de silicium. Ce mercredi 4 février 2026 à Douala a marqué l’ouverture solennelle de la Mission Commerciale Turquie-Cameroun dédiée au secteur de l’Électricité et de l’Électronique, baptisée « TET 2026 ». Dans l’écrin prestigieux qui accueillait l’événement, l’heure n’était plus aux simples discours de circonstance, mais à l’édification d’une architecture économique concrète, tournée vers l’industrialisation et l’innovation.*_
Un aréopage de haut rang pour une ambition partagée
La solennité de cette cérémonie d’ouverture a été rehaussée par la présence d’un aréopage de personnalités marquantes, témoignant de l’importance stratégique que revêt cette mission pour les deux nations.
Monsieur Samuel Dieudonné Diboua Ivaha, Gouverneur de la Région du Littoral, a présidé l’assemblée, agissant en qualité de représentant personnel de S.E. Luc Magloire Mbarga Atangana, Ministre du Commerce. À ses côtés, l’excellence diplomatique était incarnée par S.E. Volkan Öskiper, Ambassadeur de la République de Türkiye au Cameroun, dont le plaidoyer pour un partenariat « gagnant-gagnant » a trouvé un écho favorable auprès des décideurs présents.
La délégation turque, forte de ses fleurons industriels, était conduite par Monsieur Devrim Eroğlu, Chef de délégation et Membre du Conseil d’Administration des Exportateurs Turcs d’Électricité et d’Électronique. La ville hôte, Douala, était représentée par le Dr Sollé Gérémie, Premier Adjoint au Maire, tandis que le monde des échanges maritimes et logistiques était porté par Monsieur Auguste Mbappé Penda, Directeur Général du Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC). Ensemble, ces autorités ont donné le coup d’envoi d’une plateforme d’échanges que beaucoup qualifient déjà de « tournant opérationnel ».

L’excellence manufacturière au service de l’émergence
L’originalité de TET 2026 réside dans sa nature strictement productive. Loin des salons d’intermédiaires, la mission a réuni onze des plus grands fabricants turcs, venus directement de Türkiye pour proposer des solutions éprouvées sur les marchés internationaux. Câbleries de haute précision, transformateurs de puissance, systèmes électriques industriels et équipements de pointe pour le secteur du bâtiment : l’offre turque se veut une réponse directe aux besoins pressants du Cameroun.
Monsieur Devrim Eroğlu a d’ailleurs souligné cette spécificité : les acteurs présents sont des créateurs de valeur, prêts à engager des discussions techniques de haut niveau avec leurs homologues camerounais. L’enjeu dépasse la simple transaction commerciale ; il s’agit de jeter les bases d’un transfert de technologie indispensable à la souveraineté énergétique du pays.

L’électricité, colonne vertébrale du développement national
Le choix du secteur électrique et électronique n’est pas fortuit. Il se situe au confluent des priorités de la Stratégie Nationale de Développement (SND30). Qu’il s’agisse de densifier le réseau de distribution d’énergie, de moderniser les infrastructures de santé — notamment par l’équipement d’unités de soins intensifs et de chaînes du froid — ou de soutenir l’essor de l’immobilier et des services urbains, l’apport des solutions turques est crucial.
En facilitant des rencontres B2B préqualifiées, la mission TET 2026 permet à des entreprises EPC (Engineering, Procurement, and Construction), des distributeurs locaux et des institutions publiques de nouer des alliances avec des partenaires dont la compétitivité n’a d’égale que l’adaptabilité aux réalités climatiques et techniques du continent africain.

Le Cameroun, futur hub technologique de l’Afrique Centrale
Au-delà des contrats qui se dessinent, c’est le positionnement géostratégique du Cameroun qui a été réaffirmé lors de cette première journée. Le Gouverneur Samuel Dieudonné Diboua Ivaha a rappelé que le Cameroun, par sa stabilité et son dynamisme, a vocation à devenir le hub régional pour l’Afrique Centrale et de l’Ouest. Une coopération structurée avec le secteur privé turc pourrait être le catalyseur de cette ambition.
Le rôle du Conseil d’Affaires Cameroun-Turquie (CTBC) a également été salué comme la clef de voûte de cette synergie. En orchestrant cette mise en relation entre les utilities camerounaises, les chambres consulaires et les industriels d’Ankara, le CTBC transforme les intentions diplomatiques en réalités économiques tangibles.

Vers une coopération pérenne et structurée
Alors que les premières sessions de travail B2B commençaient à animer les salons de l’événement, un sentiment d’optimisme dominait les échanges. La mission TET 2026 ne se contente pas d’exposer des produits ; elle propose un modèle de coopération fondé sur l’investissement durable.
La clôture de cette cérémonie d’ouverture laisse place à trois jours d’intenses négociations. Si l’on en croit la ferveur des discussions entamées entre les 11 fabricants turcs et les grandes entreprises camerounaises, Douala s’apprête à devenir le point de départ d’une nouvelle dynamique industrielle, où l’expertise turque et l’ambition camerounaise s’unissent pour éclairer l’avenir de la sous-région.
Dans ce dialogue entre le Bosphore et le Golfe de Guinée, l’électricité n’est plus seulement une ressource, elle est devenue le langage d’une fraternité économique renouvelée.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

