Le changement climatique est aujourd’hui une réalité incontournable, et ses impacts se font sentir de manière alarmante dans le monde entier. Le secteur maritime, pilier de l’économie du Cameroun et de nombreux pays en développement, est aussi une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre (GES). C’est dans ce contexte que le gouvernement camerounais, conscient de ses responsabilités, s’engage résolument dans la mise en place d’une stratégie nationale pour la réduction des émissions de GES dans le secteur maritime et portuaire.

Une Initiative d’Importance Internationale et Nationale
Lors de l’ouverture d’un atelier national à Douala, véritable carrefour maritime du pays, Monsieur EOUSSA Albert, Directeur Général adjoint des Transports maritimes, représentant le ministre camerounais des Transports, a souligné l’urgence d’agir. « Nous répondons à une urgence planétaire : le dérèglement climatique, qui menace nos écosystèmes, nos populations et notre avenir », a-t-il déclaré.
Ce rendez-vous, réunissant des experts de l’Organisation Maritime Internationale (OMI), dont Madame Lydia NGUGI, avocate spécialisée en droit maritime international, et Monsieur Ludovic Laffineur, conseiller principal en politiques de décarbonisation maritime, vise à élaborer une feuille de route claire pour le secteur maritime camerounais.

La Volonté Internationale comme Catalyseur
L’OMI a récemment adopté la Stratégie révisée 2023, fixant comme objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, avec des réductions intermédiaires ambitieuses pour 2030 et 2040. La mise en œuvre de cette stratégie implique notamment la création d’un mécanisme financier de transition, destiné à soutenir les pays en développement comme le Cameroun. Ce fonds, en partenariat avec la Banque Africaine de Développement (BAD), ouvre des perspectives concrètes de financement pour l’adoption de technologies maritimes bas-carbone.
Un Enjeu Stratégique pour le Cameroun
Ce contexte international offre au Cameroun une opportunité unique de se positionner comme un acteur responsable et innovant dans le secteur maritime régional. La stratégie nationale doit ainsi permettre d’intégrer les meilleures pratiques mondiales, tout en tenant compte des réalités locales.
Dans cette optique, le gouvernement souhaite que cette stratégie ne soit pas seulement un document environnemental, mais aussi un levier de développement économique et social. Elle doit favoriser l’innovation, la modernisation des ports, la transition vers des énergies propres, et la création d’emplois verts.

Les Perspectives d’Avenir
Les experts présents lors de l’atelier insistent sur la nécessité d’une articulation efficace entre la stratégie nationale et les stratégies sectorielles. La mise en œuvre de ces plans doit s’appuyer sur une coordination renforcée entre toutes les parties prenantes, afin d’éviter les écueils opérationnels et de maximiser l’impact.
L’engagement du Cameroun dans cette démarche ambitieuse témoigne d’une volonté ferme d’intégrer la lutte contre le changement climatique dans ses priorités de développement. La réduction des émissions dans le secteur maritime n’est pas seulement une obligation environnementale, c’est aussi une opportunité pour le pays de renforcer sa résilience, d’attirer des investissements, et de jouer un rôle de leader dans la région.

Il est à noter que la mise en œuvre d’une stratégie nationale pour la décarbonisation du secteur maritime constitue une étape cruciale pour le Cameroun. Elle incarne la volonté d’agir face à l’urgence climatique tout en saisissant les opportunités économiques d’un secteur en pleine mutation. La mobilisation collective, soutenue par l’expertise internationale, sera déterminante pour transformer cette ambition en réalité concrète, durable et profitable pour tous.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique universelle

