C’est sous le sceau de l’urgence sanitaire et de l’exigence opérationnelle que s’est ouvert ce 14 octobre 2026 à Douala le 33e Congrès de la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Cameroun (SOGOC). Prévu jusqu’au 16 octobre, ce rendez-vous scientifique majeur rassemble l’élite médicale nationale et continentale autour d’un thème central : « Les défis actuels en gynécologie et obstétrique ». Au-delà des joutes académiques, les praticiens et les autorités publiques ont placé la réduction de la mortalité maternelle et l’accès équitable aux innovations au cœur d’un pacte de santé publique arrimé à la Couverture Santé Universelle (CSU).

Entre prospective clinique et impératif de terrain
Dès la cérémonie inaugurale, abritée par l’Hôtel Sawa, la tonalité des assises a été fixée par les figures de proue de la discipline. Pour le Professeur Pascal Foumane, président du comité scientifique, ce congrès n’est pas une simple juxtaposition de communications, mais un « parcours pensé pour aboutir à des solutions applicables ». Axée sur la prédiction, la prévention et la stratégie thérapeutique — déclinée en cinq sessions de conférences et sept sessions orales —, la réflexion scientifique refuse le mimétisme technologique importé. L’innovation doit être évaluée, adaptée et appropriée au contexte local pour transformer durablement la pratique quotidienne.
Une vision partagée par le Professeur Neji Khaled, président de la Société Africaine de Gynécologie et d’Obstétrique (SAGO), qui a rappelé que la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale demeure la boussole absolue des sociétés savantes. Pour lui, la légitimité de ces travaux se mesurera à leur concrétisation sur le terrain, loin des amphithéâtres.

Le prisme de la Couverture Santé Universelle et les barrières financières
Représentant l’exécutif, le Gouverneur de la Région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a souligné la portée éminemment politique et sociale des thématiques abordées, qu’il s’agisse de la gestion des hémorragies du post-partum, de la santé reproductive des adolescentes ou de l’essor de la Procréation Médicalement Assistée (PMA). Ces défis, a-t-il insisté, « touchent directement la vie, la dignité et l’avenir de nos mères, nos sœurs et nos enfants », trouvant un écho direct dans les ambitions de la Couverture Santé Universelle (CSU).
Cependant, la transition vers une médecine de pointe se heurte à des réalités socio-économiques prégnantes. À l’instar de la Dre Ernestine Gwet Bell, gynécologue de renom, de nombreux praticiens pointent le coût prohibitif des techniques avancées, notamment la PMA. « Beaucoup de femmes aimeraient concevoir, mais la PMA reste onéreuse. Si l’on pouvait subventionner ce traitement, ce serait un soulagement immense pour les patientes », plaide-t-elle, appelant à une implication accrue des pouvoirs publics pour démocratiser l’accès aux soins de fertilité.

L’heure de la traduction opérationnelle
Porté par les ambitions de son président, le Pr Émile Mboudou, qui fonde de grands espoirs sur l’impact de ce 33e congrès pour l’avancement de la profession, le conclave de Douala s’est achevé sur la traditionnelle visite des stands pharmaceutiques et biomédicaux.
À l’heure où s’ouvre la formation d’une nouvelle génération de spécialistes, le véritable baromètre du succès de la SOGOC 2026 résidera dans sa capacité à faire descendre les recommandations scientifiques au chevet des parturientes. Car au bout du compte, c’est dans les maternités et les blocs opératoires que s’évaluera la portée réelle de ces assises.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

