La filière cotonnière africaine se mobilise à Douala, au Cameroun, pour la 17ème réunion bilan du Programme de Production Intégrée du Coton en Afrique (PR-PICA), qui se tient du 8 au 11 avril 2025. Cet événement, rassemblant les acteurs clés de huit pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal, Tchad et Togo), intervient dans un contexte de défis multiples et interconnectés, exigeant une réponse coordonnée et innovante pour assurer la durabilité et la compétitivité de la production cotonnière sur le continent.
L’allocution prononcée lors de la cérémonie d’ouverture par Monsieur le Directeur Général de la SODECOTON (Société de Développement du Coton), précédemment rapportée, a mis en lumière l’urgence de la situation. La baisse de la production due aux attaques de jassides, la chute des prix mondiaux et la fluctuation du dollar américain créent une conjoncture difficile pour les producteurs et les entreprises du secteur.
Cependant, l’espoir demeure, et le PR-PICA se positionne comme un outil crucial pour la concertation, la coopération et le partage d’expériences entre les pays producteurs. Cette réunion de Douala vise à dresser un bilan de la campagne cotonnière, à analyser les menaces phytosanitaires, à partager les résultats de la recherche agronomique et à tracer des perspectives communes pour la filière en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Un défi multidimensionnel exigeant une réponse concertée
L’allocution suivante, dont nous rendons compte ici, détaille plus précisément les objectifs et les enjeux de cette réunion bilan. Elle souligne l’importance de mutualiser les efforts, les savoir-faire et les ressources pour faire face aux défis croissan• Défi phytosanitaire: L’apparition ou la recrudescence de ravageurs tels que les jassides nécessitent des réponses coordonnées à l’échelle régionale. Ces insectes, qui se nourrissent de la sève des plants de coton, causent des dommages considérables aux feuilles, réduisant la photosynthèse et affectant le développement des capsules. Les conséquences sont dramatiques : baisse des rendements, détérioration de la qualité de la fibre et pertes financières pour les producteurs.
• Défi climatique: Les aléas climatiques (sécheresses, inondations, variations de température) perturbent les calendriers agricoles, affectent les rendements et compliquent la gestion de l’eau. L’adaptation aux changements climatiques est donc une priorité pour assurer la pérennité de la production cotonnière.
• Défi économique: Il est essentiel de garantir un revenu décent aux producteurs tout en renforçant la compétitivité du coton africain sur le marché mondial. Cela passe par l’amélioration de la productivité, la réduction des coûts de production, la diversification des marchés et la valorisation de la fibre.
• Défi environnemental: Promouvoir une culture du coton respectueuse des écosystèmes et conforme aux attentes croissantes des consommateurs est un impératif. Cela implique l’adoption de pratiques agricoles durables, la réduction de l’utilisation des intrants chimiques et la préservation de la biodiversité.

L’engagement du Cameroun pour une filière cotonnière durable
Face à ces défis, le Gouvernement camerounais, sous la haute impulsion du Président Paul Biya, réaffirme son engagement à œuvrer avec les pays membres du PR-PICA pour :
• Renforcer la recherche agronomique régionale: Il est crucial d’investir dans la recherche pour développer des variétés résistantes aux ravageurs et adaptées aux conditions climatiques locales, ainsi que pour mettre au point des méthodes de lutte intégrée efficaces et respectueuses de l’environnement. Le partage des résultats de la recherche est également essentiel pour accélérer l’adoption de ces innovations par les producteurs.
• Développer des approches intégrées et concertées pour la lutte contre les bio-agresseurs: Une gestion raisonnée des intrants, combinée à des pratiques culturales adaptées, est indispensable pour limiter l’impact des ravageurs sur les cultures de coton. La concertation régionale permet de coordonner les efforts et d’éviter la propagation des infestations.
• Promouvoir la formation et l’accompagnement technique des producteurs: Les producteurs doivent être formés aux bonnes pratiques agricoles et accompagnés dans l’adoption de nouvelles technologies. Un appui technique de qualité est essentiel pour améliorer la productivité, réduire les coûts et préserver l’environnement.
• Encourager la transformation locale du coton: La transformation de la fibre de coton en produits finis (tissus, vêtements, etc.) permet d’augmenter la valeur ajoutée au sein des économies africaines et de créer des emplois. Le développement de l’industrie textile locale est donc une priorité pour assurer la prospérité de la filière cotonnière.

Un appel à l’union et à l’action
La réunion bilan du PR-PICA à Douala est une occasion unique pour les acteurs de la filière cotonnière africaine de se rassembler, d’échanger leurs expériences et de définir une feuille de route commune pour l’avenir. Les discussions doivent être approfondies, ouvertes et orientées vers des solutions pragmatiques, afin que cette rencontre débouche sur des recommandations fortes, concrètes et partagées au bénéfice des producteurs et de toute la chaîne de valeur.
Comme l’a souligné un représentant de la FAO lors d’une assemblée générale, « lorsque les défis sont grands, la force vient de l’union : l’union de nos producteurs, de nos chercheurs et de nos Etats afin de bâtir une filière cotonnière durable, résiliente et prospère ». Cette déclaration, reprise lors de la cérémonie d’ouverture, résonne comme un appel à l’action pour tous les acteurs de la filière cotonnière africaine. La réunion bilan du PR-PICA à Douala est une étape cruciale dans cette démarche collective. Le succès de cette initiative dépendra de la capacité des participants à travailler ensemble, à innover et à s’engager pleinement pour un avenir meilleur pour le coton africain.
*Dr Georges Martial Ngalieu*
_Journaliste – Ecrivain_
_DBA en stratégie Marketing et communication politique universelle_

