La salle des délibérations de la mairie de Kékem a abrité, ce début d’année, les travaux de la session ordinaire du conseil municipal consacrée au vote du budget de l’exercice 2026. Sous l’œil attentif de BABA BETARE, premier adjoint préfectoral représentant du Préfet du Département du Haut-Nkam, le Maire Dieudonné Kemeni a présenté une enveloppe budgétaire de 844,4 millions de FCFA, marquée par un virage historique vers le budget-programme et une priorité absolue accordée aux investissements structurels.
L’exercice était à la fois technique et politique. Dans un discours empreint de transparence et d’ambition, le Maire de Kékem Dieudonné Kemeni a dévoilé la « boussole » qui guidera l’action communale pour les douze prochains mois. Équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 844 440 587 FCFA, le budget 2026 affiche une santé robuste avec une augmentation de 122,7 millions de FCFA (+14,36%) par rapport à l’exercice précédent.

L’investissement : le cœur battant du budget
Le chiffre le plus frappant de cette programmation est sans doute celui des investissements. Avec 603 169 307 FCFA alloués à l’équipement et aux infrastructures, la commune consacre 71,43% de son budget global à l’amélioration du cadre de vie. Ce taux dépasse largement le minimum légal de 40% prescrit par le Code général des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD).
Cette manne financière, en hausse spectaculaire de 82,77% par rapport à 2025, est portée par le report de crédits non consommés et une gestion rigoureuse des fonds propres. Parmi les chantiers prioritaires, on note :
• L’achèvement du pont définitif sur la rivière Chi-Ngoum (72,5 millions FCFA) ;
• Le traitement des points critiques sur l’axe routier Aes Sonel Kékem – Foyemtcha – Lycée de Bamengui (167,9 millions FCFA) ;
• L’acquisition d’un véhicule Pick-up pour le suivi de proximité des chantiers (34,9 millions FCFA).
Un arrimage réussi au « Budget-Programme »
L’innovation majeure de cet exercice est le passage du « budget des moyens » au « budget-programme ». Cette réforme, bien que complexe, vise à transformer chaque franc investi en résultat palpable. Le budget est ainsi structuré autour de quatre piliers stratégiques :
1. Services sociaux de base (341,4 millions FCFA) : Santé, éducation et eau potable.
2. Développement économique et Environnement (43,3 millions FCFA) : Soutien à l’agriculture et protection des écosystèmes.
3. Culture, Jeunesse et Sports (45,07 millions FCFA) : Épanouissement de la jeune garde de Kékem.
4. Gouvernance et Administration locale (412,9 millions FCFA) : Modernisation de l’outil municipal.
Une gestion rigoureuse des ratios légaux
Le Maire a tenu à rassurer le Préfet et les conseillers sur l’orthodoxie financière de sa gestion. Malgré les défis, les ratios de performance sont au vert :
• Les dépenses de fonctionnement ne représentent que 28,56% du budget global (bien en dessous du plafond de 60%).
• La masse salariale est maîtrisée à 28,35% des dépenses de fonctionnement (le maximum légal étant de 35%).
Cette discipline budgétaire est d’autant plus louable que la commune fait face à une baisse des recettes fiscales locales suite à l’introduction de l’Impôt Général Synthétique (IGS), qui a entraîné la suppression de certaines taxes communales.
Entre hommages et doléances : la voix des conseillers
Les conseillers municipaux ont unanimement salué le leadership du Maire. Ils ont rendu un hommage appuyé à l’exécutif pour avoir maintenu un taux de réalisation des projets de 80% en 2025, malgré les intempéries exceptionnelles et l’excès de pluies qui ont ralenti certains chantiers. L’objectif est désormais d’atteindre les 100% de réalisation d’ici le 31 janvier 2026.
Cependant, les élus ont également porté les attentes pressantes des populations. Parmi les doléances formulées, la nécessité d’accélérer l’extension du réseau d’eau potable et de renforcer l’éclairage public dans les zones rurales a été soulignée. Le Maire a promis que ces préoccupations resteraient au centre des priorités du Plan d’Investissement Annuel (PIA).
L’appel à la collaboration…
Le Maire a réitéré sa confiance envers la Commission Interne de Passation des Marchés (CIPM) et les services déconcentrés de l’État. Il a appelé à un renforcement des liens de collaboration pour que les marchés soient attribués dans les délais et les ouvrages réalisés « dans le respect des règles de l’art ».
BABA BETARE, premier adjoint préfectoral, représentant le Préfet du Haut-Nkam, en prenant acte de ce budget ambitieux, a félicité la municipalité pour sa clarté et son respect des procédures. Kékem aborde ainsi l’année 2026 avec des moyens inédits, prête à transformer ses défis en victoires concrètes pour le bien-être de ses populations.
Dr Georges Martial Ngalieu
Journaliste – Écrivain
Directeur de publication
Expert consultant international en stratégie Marketing et communication politique

